Disparition - Tonie Marshall, enfant de la balle, fan de ballon et du PSG

L'Equipe.fr
L’Equipe

Seule femme à avoir obtenu le César de la meilleure réalisation en 2000 pour « Vénus Beauté (Institut) », la comédienne et cinéaste Tonie Marshall, disparue jeudi à 68 ans, était une passionnée de football et notamment du PSG.Disparue jeudi à 68 ans, la cinéaste Tonie Marshall, seule femme à avoir obtenu le César de la meilleure réalisation, en 2000, pour Vénus beauté (institut) (*), était aussi passionnée de football. « Ça s'est cristallisé lors de la Coupe du monde 1982, avait-elle confié dans L'OEil du Tigre sur France Inter en 2017. Le foot est alors devenu une composante essentielle de mon existence. »Invitée à l'orée des années 2000 à assister à un match du PSG par le critique Serge Toubiana, elle tomba sous le charme du Parc des Princes, subjuguée par le rectangle vert comme elle l'était par le blanc des salles obscures. Fidèle abonnée au PSG depuis plus de quinze ans, elle avait gardé un faible pour « l'élégance et l'intelligence de jeu » de Javier Pastore, alors qu'Edinson Cavani, malgré son chapelet de buts, la laissait de marbre : « Quand je le regarde jouer, je m'ennuie un peu. Rien réellement de ce qu'il fait ne m'intéresse. »Serge Toubiana se souvient, avec émotion, des grandes soirées rituelles européennes organisées chez elle par Tonie Marshall autour de bons gueuletons. « Tonie vivait intensément les matches, elle était exaltée, témoigne l'ancien directeur de la Cinémathèque française, qui nourrissait l'idée de réaliser, avec son amie, une série documentaire mêlant 7e art et ballon rond. On aurait aimé croiser les regards de trois cinéastes fans de ballon rond avec ceux de trois grands entraîneurs visionnaires pour leur faire parler de mise en scène, car eux aussi ont une stratégie, une vision et anticipent les mouvements de leurs joueurs. »Férue d'athlétisme, Tonie Marshall avait aussi été marquée par le bond historique de Bob Beamon à la longueur aux JO de Mexico en 1968 : 8,90 mètres. Un saut de géant que Jean-Claude Brialy, qui partageait alors l'affiche de La Puce à l'oreille avec Micheline Presle - la mère de Tonie Marshall - au Théâtre Marigny, l'aida à visualiser, au lendemain de l'exploit de l'athlète américain. Après avoir fait neuf grands pas sur le plateau, il lâcha, admiratif : « Notre ouverture de scène fait neuf mètres. Voilà ce que le gars a sauté ! »Prof d'histoire-géo passablement chahutée par une bande de cancres menée par Daniel « Bébel » Auteuil dans Les Sous-doués de Claude Zidi en 1980, Tonie Marshall fit aussi partie, comme comédienne, des piliers de Merci Bernard, OVNI humoristique dominical concocté par Jean-Michel Ribes sur FR3 de 1982 à 1984.Dans Alcoolo-Gym, parodie de Gym Tonic, moulée dans un justaucorps jaune et vert, cette gymnaste accomplie et sa complice Eva Darlan campaient Chrystelle et Ghislaine, copie non-conforme du duo Véronique et Davina, prodiguant un cours de... lever de coude : « On prend le verre, on le lève et on tire, et on trinque, à la tienne et on boit ! »Tonie Marshall interpréta également une nonne championne de natation dans Les XXIes Rencontres aquatiques du Vatican, sketch iconoclaste que Ribes résumait avec un plaisir coupable dans nos colonnes en 2014 : « Elle jouait soeur Maria de la Conception, qui gagnait le 100 m nage libre en eau bénite à la ''Tibériade'' : elle terminait la course en marchant sur l'eau. J'ai été excommunié pour ça ! »

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi