Le MotoGP n'exclut pas les Grands Prix à huis clos

Léna Buffa
motorsport.com

Le promoteur du championnat a fermement affirmé sa détermination à maintenir les 19 courses figurant encore au calendrier MotoGP cette année, et ce quelles que soient l'évolution de la situation et les contraintes imposées par l'épidémie mondiale de coronavirus. Outre la course de la catégorie reine au Qatar, aucun autre Grand Prix n'est à ce jour annulé : celui de Thaïlande, censé se disputer dans deux semaines, a été reporté à début octobre, et les prochaines manches prévues pourraient elles aussi être décalées si la situation devait se dégrader et les mettre sur la sellette.

"Que va-t-il se passer pour l'avenir ? C'est quelque chose que nous ne pouvons pas prédire. Chaque jour, la situation change, et la seule chose que je puisse dire c'est que nous essaierons de faire tout ce qui est possible", assure Carmelo Ezpeleta, qui s'exprimait cet après-midi lors d'une conférence de presse spéciale à Losail.

En l'état, la saison MotoGP doit débuter dans un mois à Austin, cependant le patron de la Dorna l'admet, il reste pour l'instant sur ses gardes. "Nous ne savons rien. Nous attendons le dernier moment avant d'expédier tout le matériel. Si la situation change d'ici à ce moment-là, nous prendrons une décision", explique-t-il, révélant qu'un hypothétique changement de date avait déjà été évoqué : "Nous avons essayé de reporter les États-Unis à la fin de l'année, en changeant une des courses espagnoles, qui sont faciles à décaler. Mais, étant donné le peu de temps que nous avons, organiser ces courses fin mars est impossible."

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"Aujourd'hui, les deux courses, Austin et l'Argentine, sont OK. Je ne peux pas dire ce qui va se passer dans le futur, mais ce que je dis c'est que nous avons assez de possibilités pour régler les problèmes. Pour moi, le fait est qu'après les États-Unis et l'Argentine, nous serons en Europe et là cela dépendra quelle sera la situation en Europe. C'est le plus critique", admet Carmelo Ezpeleta en évoquant les premières épreuves européennes prévues dans deux mois.

En ce sens, l'intensification des restrictions annoncée hier en Italie, où tout événement de masse est suspendu s'il ne permet pas de maintenir une distance d'un mètre entre les personnes, laisse planer un doute sur les prochains mois alors que la situation reste très évolutive. La Dorna tente donc d'anticiper au maximum les éventuels problèmes futurs. "Les problèmes viennent de deux côtés : du nombre de spectateurs réunis et de la situation dans le paddock concernant des nationalités qui ont été interdites. Nous réfléchissons à des solutions pour ces deux points. Quand une mesure interviendra, nous aurons des idées pour y réagir", assure l'Espagnol.

Dans ce contexte, Carmelo Ezpeleta n'exclut pas que certaines courses puissent se tenir à huis clos si la situation l'impose : "Tout est possible." Car ce qui prévaut aujourd'hui c'est bien la volonté farouche du promoteur de maintenir la saison MotoGP et d'organiser un maximum de courses sur les 19 encore au programme. "Nous disons toujours que la Dorna est une entreprise qui organise des courses, et c'est notre obligation au-delà de tout le reste. Plus que l'aspect économique ou autre, le plus important pour nous est d'organiser des courses, et je vous assure qu'avec la collaboration de toutes les personnes de l'IRTA et de tous les dirigeants MotoGP, Moto2 et Moto3, nous allons essayer de faire autant de courses que nous le pourrons. Je ne peux pas dire maintenant que je suis optimiste, mais la seule chose que je vous promets c'est que nous allons travailler dur, quelle que soit la solution, pour faire les 19 courses restantes."

"Ce ne sera pas un championnat normal"

L'engagement de la Dorna avec la Fédération internationale de motocyclisme est d'organiser au minimum 13 Grands Prix sur l'ensemble de la saison. "Mais notre objectif est de faire les 19 courses restantes", martèle Ezpeleta, "et il y a des possibilités. Mêmes dans les pires cas nous avons assez de temps… peut-être que nous courrons à Noël, mais nous essaierons ! Notre tâche est de faire des courses et nous ferons des courses."

"L'objectif principal de la FIM, de l'IRTA et de la Dorna c'est de maintenir le championnat, ça c'est clair. La deuxième chose, c'est que [je demande à] la communauté MotoGP de ne pas faire attention aux rumeurs", exhorte le responsable espagnol, qui garantit que toutes les mesures nécessaires sont prises, comme par exemple cette semaine où l'accès au paddock est interdit au public à Losail. "Nous parlons à toutes les personnes [impliquées] dans le monde entier. Nous allons essayer de faire le championnat et nous sommes assez forts pour cela. Le premier article que nous avons dans tout accord avec les promoteurs, c'est que nous devons respecter la loi du pays. [...] Tant qu'aucune loi ne nous interdit d'aller à un endroit, nous allons continuer."

"Je suis sûr que nous pouvons le faire. Bien sûr, ce ne sera pas un championnat normal, et peut-être que des choses changeront, mais nous voulons toujours maintenir deux choses : la première c'est que d'un point de vue sportif ce soit égal pour tout le monde, et la deuxième c'est d'essayer de nous organiser face à cette situation. C'est très clair."

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