Dortmund-Monaco : dans la douleur, le BvB a été grand

Mercredi après-midi, aux abords du Signal Iduna park, rien n'était plus comme la veille. Le va et vient de plusieurs dizaines de véhicules policiers rappelait chaque seconde les tristes événements de la veille et aucun supporter flanqué d'un maillot Jaune et Noir n'avait le coeur à la fête. Plus de deux heures avant le coup d'envoi, les portes du stade s'étaient ouvertes dans une ambiance calme, rendue cérémonieuse par les multiples hommages des supporters envers l'équipe de Dortmund et Marc Bartra, le défenseur espagnol touché et hospitalisé après l'attaque aux explosifs du bus allemand. 

Monaco a souffert, Mbappé a renversé Dortmund


Les joueurs ne voulaient pas jouer

Lorsque les tribunes étaient assez garnies pour que le message porte, le speaker du stade a remercié l'AS Monaco pour son soutien. Le célèbre "You'll never walk alone" a retenti comme rarement en hommage à Marc Bartra dont le nom a été scandé après la chaude annonce des compositions d'équipe. 

Écoutez le "You'll never walk alone" du Signal Iduna Park :

Mais les chants endiablés des supporters du Mur Jaune n'ont pas tout à fait suffi à faire illusison. En première période, les joueurs du Borussia Dortmund ont été largement en deça du niveau d'un quart de finale de Ligue des champions. "Nous devions jouer, expliquait Nuri Şahin, la mine défaite, en zone mixte. Nous sommes des professionnels mais nous sommes aussi des êtres humains et ce n’était pas facile. Bien sur nous ne voulions pas jouer, mais nous avons de grandes responsabilités…". Sans idée devant, fébrile derrière avec une désagréable sensation de résignation lorsque le ballon était dans leurs pieds. Il aura fallu un Monaco au réalisme froid et le concours de tribunes exemplaires pour que la révolte soit sonnée en seconde période. 

Transfigurés, les coéquipiers d'Ousmane Dembélé ont relevé la tête pour dominer dans les grandes largeurs la seconde période. Avec beaucoup d'envie, des offensives à répétition et ses habituels dynamiteurs, le BVB a réduit la marque avant de prendre un véritable coup de massue. Mais le second but de Kylian Mbappé, survenu à contre courant d'un match qui n'allait plus que dans un sens, n'a pas entamé l'état de transe dans lequel les Borussen semblaient se trouver. Kagawa, auteur d'un festival dans la surface avant de réduire la marque, en était la meilleure illustration. 

À l'issue des 90 minutes, l'amertume ne venait pas vraiment de la défaite. "On nous a informé par texto que l'UEFA prenait cette décision (...) Quelques minutes après cet attentat, la seule question qui s'est posée a été : êtes-vous prêts à jouer ? Comme si on n'avait jeté qu'une bière sur notre car (...) La date nous a été imposée. Ce que nous pensons n'a intéressé personne", déplorait Thomas Tuchel en conférence de presse. Pendant la rencontre, la colère des supporters contre l'UEFA s'était exprimée en banderoles. Les joueurs, valeureux, ont été applaudis pendant de longue minute. "C'est bien que le foot puisse reprendre le dessus", expliquait pour sa part Vadim Vasilyev devant les journalistes. Il n'était pas complètement revenu dans les têtes des joueurs du Borussia, dignes du grand club duquel ils défendent les couleurs. 

Julien Quelen, au Signal Iduna Park

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