Dortmund-Monaco : la jeunesse prend le quart

Depuis que le sort a décidé d’opposer Monaco à Dortmund en quart de finale de la Ligue des Champions, les commentaires sur les similitudes entre les deux formations fleurissent. S’il en est une qui ne passe pas inaperçue, c’est bien la jeunesse des deux équipes. Et force est de constater que depuis quelques temps, celle-ci semble avoir pris le pouvoir.

Monaco et Dortmund présentent les effectifs parmi les plus jeunes d’Europe. Une gageure à ce niveau de la compétition (photo Reuters)

 

A l’issue du tirage au sort, il y a trois semaines, les amateurs de football se sont frotté les mains. Tout comme les dirigeants des deux clubs qui, s’ils auraient sans nul doute préféré croiser la route de Leicester, n’ont pas non plus boudé le verdict du hasard. Vadim Vasiliev, le vice-président de Monaco, y a immédiatement vu « une belle affiche, car Dortmund est une équipe qui joue un football offensif et séduisant ». Des louanges auxquelles le directeur général du Borussia Dortmund, Hans-Joachim Watzke, s’est empressé de donner la réplique, qualifiant Monaco d’ « équipe talentueuse, qui aime produire un beau football ». Si les deux hommes ont rivalisé de compliments pour évoquer leur futur adversaire en quart de finale, c’est qu’ils savaient tous deux qu’ils ne prenaient pas le risque de s’engager sur une voie à sens unique. Et pour cause : la ressemblance entre les deux formations confine à la gémellité.

Joueurs, rapides, penchés vers l’avant – 60 et 88 buts sont pour l’instant venus sanctionner en championnat leur goût prononcé de l’offensive -, dotés d’une sérieuse appétence pour les couloirs : le BvB et l’ASM présentent des profils étonnamment similaires. Celui d’équipes conquérantes et décomplexées, préférant courir le risque d’encaisser des buts plutôt que de ne pas en inscrire. Une approche du jeu spectaculaire et débridée, à laquelle l’âge moyen des deux formations n’est sans doute pas étranger. Car s’il est une autre caractéristique qu’elles ont en partage, c’est bien celle-ci : la jeunesse. Avec respectivement 25,2 ans (Monaco) et 25,6 ans (Dortmund) de moyenne d’âge, les futurs adversaires sont les deux plus jeunes équipes à avoir atteint cette année ce stade de la compétition.

Ligue 1 et Bundesliga, même combat

Une gageure, au regard du profil pour le moins expérimenté de leurs potentiels rivaux (Real, Atlético, Bayern, Juventus…), qui correspond néanmoins à la dynamique à l’œuvre dans leurs championnats respectifs. Selon un classement établi par l’Observatoire international du football fin 2016, la Ligue 1 et la Bundesliga sont en effet les compétitions dans lesquels les jeunes pousses s’expriment le plus, parmi les grands championnats européens. Ainsi, sur les dix équipes les plus jeunes du Big 5, cinq sont françaises (Toulouse, Nice, Lyon, Monaco, Nantes), et cinq allemandes (Leverkusen, Leipzig, Fribourg, Dortmund, Hoffenheim).

Cette stricte égalité dans le match de la précocité, Roger Besson, chercheur au Cenre international d’étude du sport (CIES), l’attribue à une culture commune des deux côtés du Rhin. « Ce sont des ligues qui laissent une place importante aux joueurs formés au club, résume-t-il. Le cas de Dortmund est à ce titre emblématique. Lorsque Jurgen Klopp est arrivé en 2008 en effet, il a fait le pari de la jeunesse et a obtenu des résultats probants, comme le doublé coupe-championnat en 2012, ou la finale de la Ligue des Champions l’année suivante. »

Un goût du « fait maison » que le club du Rocher cultive à sa manière. « Monaco est un cas à part, abonde M. Besson. C’est un club qui excelle dans l’identification des joueurs à fort potentiel. Ils arrivent au club au bon moment, s’y aguerrissent et explosent. Puis ils partent ensuite dans de grands clubs européens.» Espérons alors qu’avant d’aller monnayer son talent sous d’autres cieux, la bande à Lemar ait la bonne idée de briller encore un peu sous le maillot rouge et blanc…

 

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