DP World Tour Championship : Matt Fitzpatrick prend les commandes

Matt Fitzpatrick, auteur de sept birdies, n'a pas concédé un seul bogey lors du premier tour du DP World Tour Championship. (LPP)

Littéralement en feu sur l'aller (six birdies), le vainqueur de l'US Open s'est emparé de la tête à égalité avec Tyrrell Hatton (-7). De quoi mettre la pression d'entrée sur un Rory McIlroy décevant (-1) pour la conquête du titre européen.

En un premier tour survolé de toute sa classe, Matt Fitzpatrick a troqué ses habits de chasseur, en quête de la première place du classement européen, pour ceux du chassé, désormais en position de leader virtuel, à trois tours du gong final de la saison. Alors que l'infatigable n°1 mondial Rory McIlroy, double vainqueur sur le Earth Course du Jumeirah Golf Estate à Dubaï (2012 et 2015), abordait cette dernière étape dans la peau du favori, c'est un autre habitué des lieux qui lui a volé la vedette. Et de quelle manière !

Auteur de cinq birdies sur les cinq premiers trous, sous une chaleur écrasante (30 degrés mais un peu plus en ressenti faute du moindre souffle d'air), Matt Fitzpatrick, sacré ici même en 2016 et 2020, ne s'est pas accordé de round d'observation, en dépit d'un état patraque. « Les gens pensent sans doute que c'est le Covid mais je vais bien, dira-t-il, c'est juste un mal de gorge et une toux sèche. »

D'entrée, le vainqueur de l'US Open à la vitesse de swing supersonique a montré ses intentions à coups de fer laser posés au pied de drapeaux dont les positions étaient pourtant compliquées, car bien souvent en fond de green. « Je me marrais pour être honnête, s'amusait-il. J'ai demandé hier (mercredi) à Billy (Foster, son caddy) si, lors de notre victoire en 2020, on n'avait pas fait quatre birdies d'affilée. Et puis là nous en avons fait quatre d'affilée et on a bien ri quand j'ai fait le cinquième. C'était un bon début de journée. »

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Son agressivité aurait pu lui coûter quelques égarements mais le jeu de l'Anglais était tellement en place et maîtrisé que même un drive lâché à gauche, dans l'épais rough du trou n°18, ne fut puni que par un par. Résultat : avec 17 greens en régulation, le 9e mondial signait au recording une carte de 65 (-7) vierge de bogey dont on retiendra le récital sur un aller en -6.

Dans la partie qui suivait, celles des leaders du classement européen au départ de ce 5e et dernier tournoi de la catégorie Rolex Series, Rory McIlroy et Ryan Fox avaient visiblement beaucoup de choses à se raconter. Pour cette première marche côte à côte entre le Nord-irlandais de 33 ans et le vieux rookie néo-zélandais (35 ans), on les aura vu échanger longuement entre les coups sans qu'on sache si l'envolée au leaderboard de « Fitzy » a été au coeur de leurs préoccupations.

Toujours est-il qu'avec un timide 71 (22e, -1), McIlroy a limité les dégâts mais il semble avoir déjà grillé un joker. Pour réussir le doublé FedEx Cup-DP World Tour que seul Henrik Stenson a accompli jusqu'alors (2013), la moindre erreur dans les trois jours à venir ne lui laissera guère de chance si Fitzpatrick maintient son étreinte.

« Ce n'est certainement pas ce que j'espérais, regrettait le Nord-irlandais. À -3 après 8 trous, je pensais avoir fait un bon départ avec quelques opportunités à venir mais j'ai commencé à driver un peu de travers sur les neuf derniers trous. J'ai fait ce bogey au 12 et raté deux birdies aux 14 et 15, et ensuite il y a eu ce trois-putts au 16. C'était bien de faire un birdie au 18 pour être sous le par. J'ai eu trois semaines de repos depuis la CJ Cup (où sa victoire le 23 octobre l'a hissé de nouveau à la première place mondiale), donc je suis un peu rouillé. »

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Habitué aux runs débridés après des entames de tournois en deçà de ses standards habituels, McIlroy ne s'avoue pas vaincu, loin de là. « Il y a eu assez de bonnes choses à retenir, cinq birdies et quelques bons coups, positive-t-il. J'ai juste besoin d'être un peu plus carré demain. Ce n'est pas comme s'il y avait quelque chose sur lequel j'ai besoin de travailler radicalement. Heureusement qu'il reste trois tours, il en faut un bon demain pour être d'attaque pour le week-end. » Son partenaire de jeu Ryan Fox (33e, +1), grand perdant de la journée, apparaît quant à lui déjà distancé pour la gagne.

Perez sur la rampe de lancement idéaleCôté français, il n'est pas surprenant de retrouver aux avant-postes Victor Perez, de plus en plus à l'aise sur le tracé dubaïote qu'il emprunte pour la 4e année. Sa 6e place en 2020 lui a donné les bons repères et son 69 vierge de bogey (-3) ce jeudi, qui le situe dans le top 10, constitue une rampe de lancement idéale. Seul Romain Langasque a réussi à descendre également sous le par (22e, -1) tandis qu'Antoine Rozner (29e, par) et Matthieu Pavon (41e, +3) n'ont pas su saisir les opportunités qui se présentaient à eux.