DP World Tour Championship : Rory McIlroy roi du monde, Jon Rahm sheikh de Dubaï

Au terme d'une saison éblouissante, Rory McIlroy règne sur le golf mondial. (A. Hagy/Presse Sports)

Déjà vainqueur de la FedEx Cup fin août, Rory McIlroy remporte le DP World Tour et réalise le deuxième doublé de l'histoire (après Henrik Stenson en 2013) à l'issue d'une finale remportée par Jon Rahm (en -20), sa troisième après 2017 et 2019, un record.

On n'en voudra pas à Matthew Fitzpatrick d'avoir tué le suspense de cette dernière journée de golf de la saison européenne, annoncée palpitante, d'un triste double bogey au trou n°8. Le vainqueur de l'US Open, impérial les deux premiers jours, a sans doute payé la débauche d'énergie déployée pour se poser en leader durant tout le tournoi malgré une vilaine toux et quelques nuits agitées en début de semaine.

Mais plus que son jeu s'effritant au fil des tours (65, 67, 70 et 73 dimanche), ce sont les prédateurs qui rôdaient autour de lui qui ont précipité la chute de l'Anglais. Comment diable se sortir des griffes de Jon Rahm, son voisin en dernière partie, et de Rory McIlroy, qui poussait juste derrière ? C'était mission impossible et terminer dans le top 2 de cette finale, en priant pour que le Nord-irlandais, redevenu leader du ranking au gré - a contrario - d'une forme ascendante, échoue au-delà du top 7, relevait du miracle.

Fitzpatrick lâché dès les premières difficultés, ne restait plus à McIlroy qu'à gérer son avance ce qu'il fit en vieux routier, déjà vainqueur du trophée Harry-Vardon en 2012, 2014 et 2015. Sur la lancée de ses 3 premiers tours (71, 68, 65), il a ainsi posté un solide 68 pour finir à la 4e place de cette finale (-16).

À 33 ans, McIrloy réalise donc le doublé PGA Tour-European Tour, que seul Henrik Stenson avait réussi avant lui (2013). Il empoche au passage le bonus de 2 millions de dollars (1 930 000 euros) promis au vainqueur du circuit continental. Mais au-delà des chiffres, le n°1 mondial boucle de la meilleure façon une des saisons les plus agitées de l'histoire du golf. Profondément meurtri par la « fracture », terme qu'il emploie souvent, dont souffre ce sport depuis la création du LIV Golf, un circuit dissident bâti sur les fonds saoudiens, il s'est investi comme personne dans la défense des intérêts du PGA Tour, dont il préside le conseil des joueurs, et du DP World Tour.

Cette dépense d'énergie sans compter, en coulisses comme devant micros et caméras, lui a peut-être coûté les quelques dixièmes qui lui ont manqué pour remporter un Majeur après lequel il court depuis 2014. Mais en terminant dans le top 10 de chacun des piliers du Grand Chelem cette année (2e du Masters, 8e du PGA Championship, 5e de l'US Open et 3e du British Open), il n'a jamais semblé aussi proche de combler ce vide.

« Cela faisait sept ans que je n'avais pas gagné ce qui s'appelait à l'époque la Race to Dubaï, déclara-t-il après avoir soulevé les quatorze kilos de son trophée. Entre-temps, j'ai gagné trois FedExCup. Ça signifie beaucoup. J'ai été un modèle de régularité tout au long de l'année avec beaucoup d'excellents résultats, c'est ce dont je suis le plus fier. L'an prochain, ça fera huit ans que je n'ai pas gagné en Majeurs, ce sera définitivement mon objectif car je pense avoir réussi tout ce qui était possible de faire ces derniers temps à part regagner dans ces tournois. J'ai 33 ans, je suis en bonne santé, j'ai encore plein de choses à améliorer dans tous les compartiments de mon jeu. L'une des choses dont je suis vraiment fier ces dernières années, c'est que je ne me sens pas obligé de me reposer sur un seul aspect de mon jeu. Si mon driving n'est pas là, mon putting m'aide à m'en sortir. Si mon putting n'est pas là, mon jeu de fer compense. Quand vous arrivez à ce niveau, c'est pas mal. Il y a toujours de la place pour des progrès, pour devenir meilleur. Mon but a été de devenir un golfeur plus complet et je sens que je suis sur le bon chemin. »

Le hat-trick de Jon RahmDernier tournoi de la saison, le DP World Tour Championship a sacré un habitué des lieux, Jon Rahm, déjà vainqueur en 2017 et 2019. Auteur d'un 67 final (-20 total), il devient le premier joueur à réaliser le hat-trick sur le Earth Course, le premier également à compter 5 Rolex Series (les 3 finales, plus 2 Irish Open en 2017 et 2019), la catégorie reine du circuit européen. À 28 ans, l'Espagnol, classé 5e mondial, repart de Dubaï avec un chèque de 2 891 271 euros et un objectif en tête qui ressemble fort à celui de McIlroy pour la saison prochaine. « Gagner un Majeur, affirme-t-il. Je n'en ai qu'un seul à ce jour (US Open 2021), et j'en veux évidemment un autre. J'espère continuer à bien jouer sur les autres tournois, mais en Majeur, je dois absolument faire mieux. »

Perez finit fortDu côté des Français, c'est encore Victor Perez qui a assuré le leadership. Auteur d'un solide 66, le Tarbais s'est rapproché du top 10 (12e, -7 total), devant Romain Langasque (20e, -4), Antoine Rozner (35e, par) tandis que Matthieu Pavon, qui a « signé [sa] plus mauvaise prestation en termes de golf et d'attitude cette année », ferme la marche à la 49e place (+8).