DP World Tour Championship : Tyrrell Hatton et Matt Fitzpatrick se rendent coup pour coup

Tyler Hatton (à g.) et Matt Fitzpatrick ce vendredi à Dubaï. (D. Cannon/AFP)

Les deux Anglais, coleaders du dernier tournoi européen de l'année après le premier tour, partiront à nouveau côte à côte ce samedi. Après leur 65 (-7) de la veille, ils cavalent en tête en -12, loin devant un Rory McIlroy (11e, -5) auteur d'un beau finish mais sans doute trop tardif pour espérer s'imposer dimanche.

Le Earth Course du Jumeirah Golf Estate affichera complet ce week-end. Certes les billets sont gratuits, mais ils ont tous trouvé preneurs parmi la population croissante d'expatriés installés à Dubaï. Car le golf intéresse peu, voire pas du tout, les Emiratis, à l'inverse des milliers d'habitants britanniques de cette capitale qui n'en finit plus de grandir. Et l'on peut dire que ceux-ci vont être servis, et pas seulement en bières sur les bords des fairways.

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Avec deux leaders qui comptent parmi ce qui se fait de mieux dans le golf from England, Tyrrell Hatton (31 ans, 27e mondial) et Matt Fitzpatrick (28 ans, 9e), au coude-à-coude à 12 coups sous le par après deux tours, le dernier Rolex Series de l'année ne pouvait offrir affiche plus alléchante aux impatients anglais. Au boulot jeudi et vendredi pour la plupart, ce qui rendait les parties leaders presque aussi accessibles qu'à l'Open de France, les voilà assurés d'un week-end festif et sûrement bien arrosé.

« Profiter de la compagnie l'un de l'autre demain »Mais parce que le golf est LE sport à rebondissements par excellence, les deux derniers tours de la saison européenne ne se limiteront pas à ce duel au soleil Hatton-Fitzpatrick, même si les deux compatriotes ont réussi ce qui ressemble à un sans-faute à mi-chemin. Après leur charge identique la veille (-7), ils ont récidivé ce vendredi (-5), main dans la main puisqu'ils étaient cette fois dans la même partie. « Je suis vraiment satisfait de la façon dont j'ai joué, se réjouissait Fitzy. C'était encore une bonne journée. Je me sens mieux qu'hier (il toussait beaucoup jeudi), je ne dors pas aussi bien que je le voudrais mais mon jeu est bien en place. Il faut juste continuer à pousser, à jouer comme je le fais en ce moment. Je me sens vraiment à l'aise, surtout après trois semaines de repos et j'attends avec impatience le week-end. »

Hatton, lui, se félicitait de son par sauvé au 18 grâce à un coup de bois 3 phénoménal (231 m !) après avoir envoyé sa mise en jeu dans le ruisseau qui traverse le fairway. « C'est sans doute un des meilleurs bois 3 de toute ma vie, une belle façon de finir la journée. Mais il reste 36 trous. J'ai de bonnes sensations ici, Matt a d'excellentes stats ici. On va profiter de la compagnie de l'autre demain et j'espère que nous pourrons continuer à bien jouer. »

Réveil tardif pour McIlroyIl le faudra sans doute car derrière, Alex Noren (-9) ainsi qu'un trio espagnol (Adri Arnaus à -9 suivi de Jorge Campillo et Jon Rahm à -8) se tiennent prêts à bondir sur la crème anglaise. Avec un avantage à Rahm, deux fois vainqueur du tournoi (2017 et 2019). Cette lutte s'annonce exaltante mais elle aurait encore plus de souffle si Rory McIlroy ne s'était pas réveillé si tardivement. Après un aller typique « où il ne se passe rien » comme on entend au bord des fairways (1 bogey, 1 birdie), le n°1 mondial a géré une lecture difficile des greens jusqu'au trou n°16 avant d'enchaîner deux birdies et un somptueux eagle sur le 18, décidément sa marque de fabrique pour sortir de l'ordinaire.

« Les 33 premiers trous ont été assez moyens, c'est le moins qu'on puisse dire, analysait-il, et oui c'était bien de finir en beauté et d'avoir au moins un peu de positif avant le week-end. Je me suis évidemment rapproché des leaders. "Fitz" rend évidemment les choses plus difficiles pour moi (en ce qui concerne le classement de la Race puisque ce dernier est virtuellement n°1). S'il continue à jouer aussi bien, je vais devoir faire mieux. C'est un bon défi pour les 36 derniers trous. »

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