Le drôle de parcours d'Andries Noppert, le grand gardien des Pays-Bas

Andries Noppert, le gardien des Pays-Bas. (A. Réau/L'Équipe)

Novice en sélection sur cette Coupe du monde, le gardien néerlandais a justifié jusque-là la confiance de Louis van Gaal et gagné celle de ses coéquipiers.

Chaque année, les Néerlandais attendent de savoir si l'Elfstedentocht, célèbre course de patinage reliant onze villes du Friesland, au nord des Pays-Bas, pourra avoir lieu. Seulement, il faut environ 10 cm de glace et l'attente s'étire maintenant depuis 1997 et peut-être à jamais. Mais ils ont vu un autre événement se produire : Andries Noppert, Frison d'Heerenveen, est devenu le gardien n° 1 des Oranges, contre toute attente. Et jusque-là, il a été décisif quand il le fallait.

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Il a repoussé le suspense qui entourait le poste avant la Coupe du monde et la pression semble glisser sur lui. « Nous avons eu de bons gardiens, mais nous n'avons pas de numéro 1 exceptionnel depuis plusieurs années, convenait avant le début de la compétition l'ex-gardien international de l'Ajax, Stanley Menzo. C'est notamment une question de génération. Qui est le numéro 1 ? Je ne sais pas. Ça dépend aussi des exigences du coach sur le profil, la façon de jouer de l'équipe. »

Van Gaal et son adjoint des gardiens Frans Hoek ont tranché en faveur de Noppert. Qui a su qu'il démarrait deux jours avant le premier match contre le Sénégal (2-0, le 21 novembre). Van Gaal a fait court pour justifier son choix : « Pourquoi Noppert ? Parce qu'il arrête les ballons. C'est le plus important. Et son jeu au pied, c'est mieux que prévu. »

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Les Pays-Bas ont déjà eu des gardiens étonnants comme Jan Jongbloed (Coupes du monde 1974 et 1978), qui portait le numéro 8 et jouait sans gants. Noppert, lui, culmine à 2,03 m, il n'est véritablement numéro 1 en club que depuis le début de l'année, au Go Ahead Eagles avant Heerenveen, à 28 ans. Mais il s'est révélé comme le gardien néerlandais le plus performant et régulier depuis janvier et cet été (Heerenveen est 2e meilleure défense d'Eredivisie).

Le public des Eagles avait d'ailleurs scandé : « Noppert en Orange », au printemps et, pour le fun, il avait revêtu en match une tenue orange, sans imaginer une seconde la porter pour de vrai. Le novice est devenu un atout. « J'aime beaucoup la zone d'influence qu'il a, observe l'ex-coach des gardiens de Chelsea, Christophe Lollichon. Parfois, les gardiens de cette taille peuvent en être victimes, sur l'appréciation de leur jeu. On peut avoir l'impression qu'ils vont moins vite au sol que des plus petits, alors que c'est juste qu'ils ont moins besoin de pousser. »

Dans son parcours, Noppert a aussi été victime d'une grosse blessure à un genou (2019-2020) et il a longtemps pris les choses à la légère. Le voilà sans complexes dans un autre monde. « Je n'ai jamais douté de moi », a-t-il assuré cette semaine, avant de croiser l'Argentine de Messi, qu'il ne connaît « que sur PlayStation ».

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