Un DRS avec "moins d'influence" grâce au règlement F1 2022 ?

Fabien Gaillard
·3 min de lecture

La Formule 1 va voir en 2022 l'introduction d'une réglementation technique qui aura pour objectif de rendre les luttes en piste plus aisées, grâce à un package aérodynamique qui fera la part belle à l'effet de sol, prédisposant moins aux problèmes de turbulences aéro. Ces dernières empêchent généralement les bagarres en piste de pouvoir durer car la voiture suiveuse perd en performance aérodynamique dans les virages et doit en plus contraindre ses pneus, donc les abîmer encore plus, pour maintenir le rythme.

Avec l'arrivée de ce règlement, d'aucuns espèrent la disparition du DRS, système de réduction de la traînée qui permet aux monoplaces situées à moins d'une seconde en course de gagner de la vitesse de pointe en abaissant le volet supérieur de l'aileron arrière. Ce dispositif, qui est censé pallier le manque de dépassements en F1, a tendance selon ses détracteurs à les rendre trop faciles, de sorte qu'il est quasiment impossible de s'en défendre et que cela réduit les luttes en piste à leur plus simple expression.

Lire aussi :

Australie 2011 : Première apparition du DRS

James Key, le directeur technique de , prévient d'emblée : le DRS sera toujours là en 2022, mais sa puissance sera réduite. "Je pense que si le projet fonctionne, il aura moins d'influence. Je crois que ça sera toujours nécessaire. Ces règles sont vraiment basées sur les dépassements, finalement. Mais ce que l'on découvre, c'est que ça ne concerne pas que les voitures, c'est aussi lié aux circuits. Les voitures de F1 sont si rapides qu'il n'y a que peu d'opportunités d'avoir un différentiel de performance suffisamment important pour dépasser."

"Évidemment, le freinage est le principal, et c'est là que le DRS aide. Si vous examinez certaines pistes − peut-être Spa, où les dépassements sont possibles dans de nombreux endroits, et à Bahreïn également − vous voyez que ça se produit, ce n'est pas comme si c'était impossible."

"Je pense que les nouvelles règles vont encourager les luttes serrées sur certains des circuits les plus compliqués, si on prend Silverstone ou Suzuka, peut-être même la Hongrie, où il est difficile de suivre. Et si ça fonctionne, l'écart sera plus serré, il sera globalement possible de faire la course in situ [sic] au lieu d'avoir à attendre une ligne droite. Mais le DRS jouera probablement un rôle pour garantir un dépassement. Sa puissance sera moindre, j'ai tendance à être d'accord avec ça."

Lire aussi :

Binotto : Il faut des changements "sportifs" pour la F1 en 2022

Concernant plus particulièrement l'introduction du package 2022, même si un certain nombre de données récoltées sur les monoplaces actuelles ne seront pas pertinentes, Key estime que l'approche générale pourra être conservée. "Il y a différents types de connaissances. Bien sûr, la pure connaissance aérodynamique au niveau des détails sur la manière dont ces choses fonctionnent, ce n'est pas vraiment pertinent."

"Mais ce que l'on essaie d'accomplir en utilisant ces dispositifs sur lesquels nous avons de la liberté actuellement est exactement ce que l'on veut accomplir en 2022, il faut juste trouver des façons différentes de le faire. Donc le type de compréhension sur la manière dont l'aéro idéale fonctionne autour de la voiture, par exemple, qui est simple à déduire mais difficile à réaliser, tient toujours pour 2022."

"Vous allez avoir les mêmes problèmes aérodynamiques, les mêmes limitations, des sensibilités probablement très similaires avec lesquelles il faudra également composer. Donc il faudra rafraîchir vos connaissances aérodynamiques à cet égard, mais les connaissances que vous apportez au niveau de ce que vous essayez d'atteindre sont en fait assez similaires à ce que nous savons aujourd'hui. C'est une question d'adaptation en termes de connaissances, de ce que l'on cherche à accomplir, et c'est véritablement un nouveau départ en ce qui concerne la connaissance aérodynamique de ce qui fait quoi."

Propos recueillis par Adam Cooper