Les duels entre coéquipiers MotoGP en 2020

Camille De Bastiani
·3 min de lecture

Si la saison 2020 n'a compté que 14 rounds, il est tout de même intéressant de se pencher sur la hiérarchie qui s'est installée au sein des équipes MotoGP. Le classement final du championnat a bien sûr donné une indication fiable, qui restera dans les palmarès, mais nous aimons chaque année nous pencher sur l'ascendant pris par les uns et les autres sur l'ensemble de la performance d'un week-end.

Notre barème consiste donc à attribuer un point à chaque pilote ayant battu son coéquipier en qualifications, puis en termes de meilleur tour en course, et enfin au classement final des Grands Prix. Cela porte à un total de 42 points possibles, que l'on ne peut toutefois observer que dans quatre équipes. Bien que courte, cette saison a en effet été marquée par plusieurs absences pour blessures ou liées à des infections au COVID-19, aussi nous avons choisi d'éliminer ces épreuves afin de nous cantonner aux duels internes observés entre les coéquipiers fixes de chaque formation, et de ne prendre en compte qu'un seul remplaçant, Stefan Bradl, qui a pallié l'absence de Marc Márquez durant la quasi-totalité du championnat chez Repsol Honda (lui aussi a toutefois été blessé sur une manche).

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Au sein des équipes officielles, la supériorité la plus nette a été celle exercée par Pol Espargaró sur Brad Binder chez KTM. Bien qu'auteur d'une première victoire, le Sud-Africain n'a battu son coéquipier en course que quatre fois au total, dont trois à la suite d'une chute de l'Espagnol. Net également, l'ascendant de Maverick Viñales sur Valentino Rossi chez Yamaha, même si le pilote italien a réussi à le battre quatre fois de suite en course entre Brno et le premier rendez-vous de Misano, avant de voir ses performances partir en roue libre. Chez Aprilia aussi, la domination d'Aleix Espargaró sur Bradley Smith a été évidente, avec pour seuls faux pas de l'Espagnol ses quatre abandons subis lorsque l'Anglais occupait le stand voisin.

Andrea Dovizioso, qui avait réalisé un début de championnat parfait, a vu Danilo Petrucci se rattraper, notamment lors des Grands Prix de Catalogne et de France, les plus réussis pour lui cette saison. Néanmoins le #04 a gardé un avantage net. Celui de Joan Mir sur Álex Rins a été du même acabit sur l'ensemble de la saison, même si le Catalan, blessé en début de championnat, a réussi à prendre l'ascendant quatre fois sur les cinq dernières manches. Chez Repsol Honda également, Stefan Bradl a eu l'avantage sur Álex Márquez durant la dernière partie du championnat, mais pas suffisamment pour avoir dominé le rookie espagnol sur l'ensemble de cette saison.

Dans les teams satellites, la claque prise par Cal Crutchlow face à Takaaki Nakagami est comparable à celle qu'ont assénée Miguel Oliveira et Johann Zarco à leur coéquipier respectif. Le contraste a été moindre chez Pramac, même si Pecco Bagnaia a manqué de la régularité nécessaire pour véritablement inquiéter Jack Miller. C'est finalement chez Petronas que la confrontation aura été la plus équilibrée avec six manches favorables à Fabio Quartararo dans leur intégralité contre quatre pour Franco Morbidelli, auxquels se mêlent les Grands Prix d'Europe, d'Aragón et de République Tchèque où l'Italien a eu l'avantage en course mais pas nécessairement en qualifications ou en temps au tour.