Eden Hazard (Belgique) : « Je suis un peu dans une impasse »

Eden Hazard, milieu de terrain offensif de la Belgique. (J. Sibley/Action images via Reuters)

Eden Hazard, capitaine de la Belgique, ne vit pas très bien sa situation au Real Madrid où il ne joue plus. Mais mise beaucoup sur la Coupe du monde au Qatar pour gagner en rythme et prouver que son niveau ne s'est pas évaporé.

Les Diables Rouges ont entamé leur Coupe du monde ce lundi soir au centre d'entraînement national, à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles. Eden Hazard et l'ancien défenseur de Reims, Wout Faes, sont les premiers internationaux belges à être venus s'exprimer devant la presse écrite et audiovisuelle. Ce mardi, l'équipe s'envole à destination du Koweït. Les joueurs de Roberto Martinez y disputeront ce vendredi une rencontre amicale face à l'Égypte (18 h locales, 16h en Europe occidentale). Leur entrée en compétition est programmée le 23 novembre au Qatar face au Canada. Dans ce contexte, le capitaine, 31 ans, 122 sélections, 33 buts, s'est longuement exprimé sur sa situation en club où son horizon semble bouché par les excellents résultats du Real Madrid.

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« Comment vivez-vous votre situation au Real Madrid ?
Je mentirais si je disais que je le vis bien. Je ne joue pas. Je m'entraîne. Je n'ai pratiquement pas raté de séances. Je n'ai pas de critiques à formuler à l'entraîneur (Carlo Ancelotti). Il a donné ses explications en conférence de presse. C'est difficile pour lui de toujours répondre aux mêmes questions. On a parlé en début de saison. Il m'a demandé de faire le maximum. J'essaie. L'équipe a de bons résultats et quand j'ai joué, elle n'en a pas forcément eus beaucoup. Je suis un peu dans une impasse. J'ai envie de jouer plus. J'accepte cette situation. J'essaie de montrer tous les jours à l'entraînement que je peux donner plus, que j'ai encore de bonnes choses à faire. Je tente de garder le sourire. Parfois, il y a des matins où c'est plus dur. Quand je pense jouer et que ce n'est pas le cas. À moi de m'adapter.

Ne manquez-vous pas de rythme ?
C'est difficile d'en prendre quand on ne joue pas. Je suis jugé sur peu de choses. Avec la Belgique, en septembre, j'ai été bien sur le premier match (2-1 face au pays de Galles, 22 septembre). Moins bien le suivant (0-1 aux Pays-Bas, 25 septembre). À moi de redonner confiance même si je ne doute pas de mes qualités.

Comment vous êtes-vous préparé à cette Coupe du monde ?
D'une manière différente. J'ai eu plus d'entraînements. Ici, je ne vais pas avoir le temps de me reposer. Il y a un premier match amical. Il faut bien le préparer pour favoriser la confiance. J'attends aussi le premier match pour m'amuser et prendre du plaisir.

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Envisagez-vous un transfert au mois de janvier ?
Je n'ai pas envie de partir du Real Madrid. Mais la décision n'appartient pas forcément qu'à moi. On analysera tout ça après la Coupe du monde.

Si vous étiez sélectionneur, seriez-vous titulaire en équipe de Belgique ?
À votre avis ? Sur ce que j'ai fait ces deux dernières années, non. Sur mes quinze dernières années et ce que j'ai fait en équipe nationale, oui.

Vous comprenez les doutes autour de vous ?
Bien sûr. On doute toujours de l'extérieur. À moi de dissiper ce doute dans la tête des gens, de montrer que j'ai de bons restes.

La concurrence avec Leandro Trossard est vive à votre poste..
Il mérite plus de jouer que moi sur cette saison. Si c'est le cas, je serai le premier à le féliciter. On peut aussi jouer ensemble. Je ne vais pas lâcher. Après, le coach fera ses choix. Je ne fais pas l'équipe. Il n'y a que des titulaires potentiels en sélection. Celui qui ne veut pas de la concurrence doit changer de discipline. J'ai toujours vécu avec. Quand j'ai débuté à Lille, j'ai pris la place de joueurs. J'ai fait pareil à Chelsea. Et arrivera un jour quelqu'un qui prendra la mienne. J'ai envie de montrer que je ne suis pas devenu nul en deux ou trois ans. J'ai cette force, cette motivation en moi. Pour ma famille, le peuple belge. C'est ma troisième Coupe du monde, sans doute notre dernière chance pour gagner quelque chose. On veut aller le plus loin possible. Après, on sait que beaucoup de paramètres peuvent intervenir. La chance peut jouer un rôle. On va déjà se concentrer sur nos trois premiers matches. Puis sur la phase finale si on se qualifie. On était au pic de notre forme en 2018. Là, je joue moins, comme Romelu (Lukaku). Notre défense est un peu plus vieille. Mais on a de bons jeunes et de bons anciens.

Est-ce qu'un capitaine peut rester sur le banc ?
Parfois, oui. Mais pas tout le temps (sourire). Il faut demander au sélectionneur. Mentalement et physiquement, je me sens très bien. Je suis dans la même situation qu'au dernier Euro où j'ai progressivement gagné en rythme. J'ai disputé quinze minutes lors du premier match. Et un peu plus à chaque fois. Je me sentais très bien face au Portugal (1-0, 8es de finale avant de se blesser en toute fin de rencontre). On a des staffs médicaux et techniques super compétents pour ça.

Est-ce que ce sera votre dernier tournoi majeur avec la Belgique ?
C'est possible. Je ne me projette pas sur le prochain Euro (2024, Allemagne) ou sur 2026. Nous sommes plusieurs dans ce cas. On verra notre degré de motivation pour l'après Coupe du monde. Sur le plan personnel, je me sens mieux depuis l'opération (une plaque a été retirée d'une de ses chevilles). Je n'ai plus de petites blessures dont je ne comprenais pas l'existence. J'ai moins mal aux jambes. La mobilité de ma cheville est meilleure. Ma vitesse n'a pas changé. C'est la question du rythme qui est maintenant la plus importante. »