Emily Scarratt, icône anglaise en demi-teinte

Emily Scarratt a une revanche à prendre contre les Néo-Zélandaises. (A. Martin/L'Équipe)

Emily Scarratt, la centre du quinze d'Angleterre, pièce maîtresse des Red Roses depuis une décennie, ne réalise pas le plus grand tournoi de sa carrière. Ce qui ne l'empêche pas de se montrer toujours aussi décisive avant la finale du Mondial contre la Nouvelle-Zélande samedi (7h30).

Emily Scarratt est finalement à l'image de son équipe. Pas toujours inspirée, souvent bousculée, elle termine toujours par s'imposer à la fin, réglant une fois pour toutes les débats. Icône du rugby mondial, l'éternelle numéro 13 du quinze d'Angleterre n'a pas toujours tout bien fait lors de cette Coupe du monde en Nouvelle-Zélande.

À l'aube de la grande finale face aux Black Ferns, elle apparaît pourtant comme un phare rassurant pour son équipe, au même titre que la capitaine Sarah Hunter ou les déménageuses du paquet d'avants Sarah Bern et Marlie Packer. Cherry on the cake, elle est même appréciée de ses victimes : plusieurs joueuses de l'équipe de France nous ont affirmé qu'elle était toujours fair-play sur le terrain et adorable en dehors. Une qualité pas forcément partagée par toutes ses partenaires aux dires de certaines Bleues...

Deux finales perdues contre la Nouvelle-ZélandeMais voilà, Scarratt (32 ans) a beau cocher tous les critères de la belle-fille idéale, elle n'en demeure pas moins une joueuse de rugby friable. Depuis le début de la compétition, elle a bien souvent effectué les mauvais choix, multiplié les fautes de main, subi les contacts. Contre la France en poule (13-7), elle avait ainsi vécu un sale moment face à l'agressivité défensive de Gabrielle Vernier.

Lors de la demi-finale remportée par l'Angleterre contre le Canada le week-end dernier (26-19), elle a encore manqué de justesse par séquence, ratant un plaquage ici, ajustant mal une passe sautée là. Mais toutes ces approximations ont finalement été balayées d'un revers de manche par des fulgurances décisives. Physiquement au-dessus de la plupart de ces vis-à-vis, Scarratt parvient régulièrement à franchir la défense et crée un désordre que ses coéquipières se font un malin plaisir d'exploiter.

Et la trois-quarts centre, qui a eu droit à sa fresque murale dans sa ville natale de Leicester, peut aussi compter sur l'adresse de son pied droit, comme à la 70e minute du match contre les Canadiennes, où sa pénalité lointaine et face au vent à crucifier les derniers espoirs nord-américains. Depuis le début du Mondial, Scarratt est ainsi la meilleure réalisatrice (38 points). Son efficacité face aux poteaux sera peut-être l'une des clés de la finale face à des Black Ferns soutenues par tout le pays.

« Nous nous sentons prêtes pour le défi, a expliqué la meilleure joueuse du monde de l'année 2019 cette semaine. Nous avons fait tout ce que nous pouvions, et le résultat sera ce qu'il est. Nous n'aurons aucun regret. » Déjà de la partie lors du sacre mondial en 2014 (elle avait d'ailleurs marqué 16 des 21 points de l'Angleterre en finale contre le Canada), Scarratt aura aussi une revanche à prendre face aux Néo-Zélandaises. « J'ai participé à deux finales de Coupe du monde où nous avons perdu contre elles (en 2010 et 2017), a-t-elle rappelé. Je mentirais donc si je disais que je ne veux pas rééquilibrer un peu les débats. »