Enquête ouverte après les banderoles à caractère homophobe déployées à Montpellier

Le stade de la Mosson. (Sy. Thomas/L'Équipe)

Une enquête a été ouverte lundi par le parquet de Montpellier, au lendemain de banderoles à caractère homophobe brandies par des ultras du club face à Nantes. Le MHSC « condamne » ces messages.

« Injures publiques à raison de l'orientation sexuelle », « introduction, détention et usage de fusée ou d'artifice dans une enceinte sportive » et « jet de projectile présentant un danger pour la sécurité des personnes » : le parquet de Montpellier a annoncé ce lundi, dans un communiqué, les motifs de l'enquête concernant le match Montpellier-Nantes (0-3), disputé dimanche au stade de la Mosson.

Les banderoles incriminées ont été déployées par les ultras du club héraultais, qui entendaient protester contre les résultats catastrophiques de leur équipe, battue 6-1 quatre jours plus tôt à Nice et seulement deux points devant la zone de relégation. Il était écrit sur deux d'entre elles « Équipe de tapettes » et « Allez tous vous faire enc... ».

Après cette action, les ultras montpelliérains ont déserté leur tribune durant les 15 premières minutes du match, avant de revenir et de jeter des fumigènes sur la pelouse, entraînant une interruption du jeu. Tous ces incidents seront étudiés lors de la prochaine réunion de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), prévue mercredi, a appris l'AFP auprès de la LFP.

Le MHSC cherche les responsablesÀ l'image de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, le club de Montpellier a condamné « avec la plus grande fermeté les propos homophobes tenus sur certaines banderoles ». « Ce genre de propos ne peut être toléré », malgré le « contexte sportif compliqué », a-t-il ajouté. Le MHSC a précisé qu'il entendait rechercher lui-même les responsables : « Des investigations sont en cours et des plaintes seront déposées le cas échéant ».

Au niveau local, les banderoles ont également été dénoncées par le maire PS de Montpellier, Michaël Delafosse : « La colère des supporters ne peut en rien justifier des outrances à caractère homophobe. Je les condamne avec fermeté. Un travail sera engagé avec le club sur ce sujet », a tweeté l'élu. Son adjoint chargé des sports, Hervé Martin, s'était auparavant dit « scandalisé » par ces « insultes vulgaires et homophobes », ajoutant « espérer » que « des sanctions seront prises ».

Le Graët et Lloris visés« Fierté Montpellier Pride », association de défense des droits LGBT +, a, elle, estimé que le déploiement de ces banderoles avait été facilité par « le silence des institutions et des professionnels du football français lors de la Coupe du monde au Qatar concernant les discriminations et insultes » homophobes.

« Alors oui, Hugo (Lloris), Noël (Le Graët, président de la FFF) et compagnie, ces banderoles ce sont les vôtres. Pourquoi les supporters devraient-ils se sentir gênés de leurs élans homophobes, sexistes, dans les stades, quand votre mutisme n'en avait pas, lui, de gêne, pour faire taire les valeurs d'inclusion, de respect, d'humanisme ? », s'est indignée dans un communiqué l'association organisatrice de la marche des fiertés de Montpellier.