Entretien - Lorenzo Callegari : "J’essaye de m’inspirer de Marco Verratti"

Il n'est pas habitué aux interviews ni aux caméras. Pourtant, lorsqu'il nous rejoint dans un salon du centre d'entraînement du Paris Saint-Germain, Lorenzo Callegari dégage une certaine sérénité. Dans les regards, les poignées de mains. Et même si sa voix est un peu chevrotante pour ses premiers mots, la timidité laisse vite place à quelques certitudes. Notamment celle qui lui fait dire qu'avec le travail, il parviendra à se hisser jusque dans les rangs de l'équipe première et accomplir son rêve : jouer pour son club formateur.

Le classement complet du Goal 50 des meilleurs jeunes joueurs du monde

Vous êtes classé à la 22e place du Goal 50 des meilleurs jeunes du monde. Qu’est-ce que ce classement vous inspire ?

Lorenzo Callegari : Une certaine fierté. C’est sûr que ça ne reste qu’un classement mais il existe dans 38 pays donc je pense que c’est une bonne chose. Je ne dois pas me focaliser uniquement sur ça.

C’est lors de votre tournée américaine et notamment lors du match face au Real Madrid que vous vous êtes révélé aux yeux du monde. Quels souvenirs gardez vous de cette prestation ?

C’est vrai que cette tournée s’est plutôt bien passée pour moi, surtout ce match. Le Real Madrid est une grosse équipe, une référence dans le monde du football aujourd’hui. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer contre cette équipe. Ça reste un beau souvenir, une belle expérience qui j’espère me servira pour la suite.

Y a-t-il quelque chose, un duel, dont vous vous souvenez en particulier ?

Je dirai ma feinte sur Isco. Ça, c’est un beau souvenir (rires)

Vous avez été très en vue lors de cette tournée, qu’est-ce que cela a dit de vous, que vous pouvez avoir ou que vous avez déjà le niveau pour jouer ?

Je ne pense pas que ce match dit que j’ai le niveau de jouer au PSG, j’ai encore beaucoup de travail. Comme ça s’est bien passé, beaucoup de médias ont commencé à parler de moi, c’est normal. J’ai encore beaucoup de travail. Aujourd’hui j’ai fait une petite apparition (en Ligue 1, contre Angers, ndlr) donc ça prouve que je ne suis pas du tout arrivé. Je dois encore beaucoup travailler et j’espère que petit à petit ça viendra.

Beaucoup ont alors comparé votre profil à celui de Marco Verratti. Vous êtes ce genre de joueur ?

Je ne pense pas. Il n’y a qu’un seul Marco Verratti dans le monde. C’est un joueur que j’admire beaucoup, j’essaye de m’inspirer de lui mais Marco Verratti reste Marco verratti. Moi, je suis comme je suis. Je ne pense pas que je puisse être comparé à lui.

Quelles sont les différences qui existent entre vous au niveau du jeu ?

À son poste ils ne sont pas beaucoup à faire ce qu’il est capable de faire. Il prend beaucoup de risques dans son jeu. Je peux le faire, mais lui il le fait et il réussit. Sa grosse qualité c’est de tenter des choses. Je suis à un poste où je peux moins tenter. Si malheureusement je perds le ballon, c’est un peu plus compliqué.

Vous êtes un milieu de terrain au petit gabarit et vous avez des origines italiennes. Le raccourci est vite fait…

Oui je pense que c’est un raccourci. Footballistiquement, on a des ressemblances mais plutôt au niveau physique.

Si vous deviez établir votre profil technique précis. Que diriez-vous ?

Je dirai que j’ai une belle qualité de passe. J’ai un petit gabarit pas très rapide mais je suis assez trapu donc je ne suis pas frêle. J’arrive à tenir la baraque dans le jeu. Mon axe de progression reste défensif. Je dois faire plus d’efforts et travailler plus pour l’équipe et récupérer plus de ballons. Il y en a d’autres mais l’axe principal que je dois travailler pour passer le cap, c’est défensivement.

Votre atout principal se situe donc plutôt au niveau technique ?

Je n’aime pas trop me faire des éloges mais on va dire qu’avec le ballon je me débrouille plutôt bien. Je fais des erreurs comme tout le monde mais je pense que techniquement j’arrive à tenir mes qualités.

Vous fréquentez Thiago Motta qui est une référence au poste depuis de nombreuses années. Quelle qualité aimeriez-vous lui prendre ?

Je regarde un peu tout et n’importe quoi, en dehors comme sur le terrain. Il dégage une certaine sérénité qui est parfois déconcertante. Il n’est plus tout jeune et il a une expérience dans le monde du football. J’aimerai bien non pas lui ressembler mais faire ce qu’il fait et, en travaillant, me rapprocher d’un profil comme le sien.

Depuis quelques années maintenant, le PSG a structuré sa formation en calquant son modèle sur le style de jeu de l’équipe première. Avez-vous l’impression d’avoir été façonné de la sorte ?

Depuis l’arrivée des Qataris, il y a eu cette envie à la préformation et chez les professionnels d’avoir la même philosophie de jeu. C’est vrai qu’on a l’impression d’avoir été formatés depuis la préformation mais quand on arrive chez les professionnels on est dans un autre monde. C’est un autre niveau. Mais on a la même philosophie et de ce côté-là, c’est positif pour le PSG.

PS Callegari

À quoi avez-vous pensé lorsque vous avez disputé votre premier match en L1 contre Angers ?

À ce moment là, je ne me pose pas trop de question. Je me dis qu’il ne faut pas que je fasse n’importe quoi. Il faut que je reste serein et que je gère mes émotions. Après j’ai pensé à tout ce que j’ai fait pour arriver ici. Ce n’est qu’un début, ce n’est qu’une entrée en Ligue 1 même si c’est déjà beaucoup pour moi parce que j’ai été formé au PSG. Il y en a beaucoup qui rêveraient de le vivre, c’est une fierté mais pas une fin en soi.

Comment Unai Emery vous aide-t-il à progresser ?

Dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, il va le dire tout de suite. Unai Emery insiste beaucoup sur les petits détails qui font la différence quand on arrive au très haut niveau.

Adrien Rabiot ou Christopher Nkunku sont-ils des modèles pour tous les jeunes du centre de formation ? 

Oui, Christopher et Adrien sont des exemples pour tout le monde. Ils sont passés par le centre de formation, ils ont travaillé et méritent amplement d’être là où ils sont. Ils ont réussi à être performants dans une grande équipe du PSG.

Qu’est-ce que leur réussite a changé pour vous ?

On est en train de se rendre compte qu’il y a des jeunes qui arrivent à faire leur trou petit à petit malgré la grosse concurrence. Mentalement, ça nous donne envie de travailler pour avoir un jour ce que eux ont réussi à avoir. Je le dis encore, ça va passer par le travail et le respect de tout le monde ici. Si le travail est bien effectué, il y aura un résultat tôt ou tard.

Votre génération va intégrer pleinement cette équipe du PSG selon vous ?

Ce n’est pas facile, il faut passer par des situations comme la nôtre. On s’entraîne de temps en temps avec les pros. Même si ça ne vient pas tout de suite, il y a plusieurs étapes, il faut prendre le temps et ne pas tout précipiter. Il faut prendre son temps et faire les bons choix. Si on reste sérieux et appliqués, j’espère que ça payera.

Vous êtes plusieurs jeunes du PSG comme Ikoné et Diaby à être nommé au Goal 50. Ces joueurs sont-ils les futurs cracks du PSG ?

Cracks je ne sais pas mais ils ont beaucoup de qualités. S’ils sont là, c’est qu’ils le méritent. Il faut rester sérieux. On travaille bien et dur, il ne faut pas se précipiter mais je leur fais confiance, je pense que ça ira bien pour eux et je ne me fais pas de souci de ce côté là.

Propos reccueillis par Julien Quelen, au Camp des Loges

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