Equipe de France - 5 choses à savoir sur Yoan Severin, l'international U20 passé par la Juventus

Arrivé à Zulte-Waregem l'hiver dernier, Yoan Severin a inscrit son premier but avec les U20 mercredi. Mais qui est ce joueur passé par la Juventus ?

Yoan Severin n'est pas le joueur le plus connu de l'équipe de France U20. Pourtant, il a porté les couleurs de la Juventus. Parti à Turin dès ses 17 ans, le défenseur central a évolué deux saisons et demi au sein du club du Piémont. Une aventure qui l'a forgé, tant sur le plan humain que sportif. Aujourd'hui, c'est à Zulte-Waregem qu'il a décidé de poursuivre sa carrière. Un nouveau challenge qui a débuté de belle manière puisqu'il a remporté la Coupe de Belgique le week-end dernier avant de marquer son premier but en sélection mercredi face au Sénégal (3-0). Goal l'a rencontré lors du rassemblement des U20 à Ploufragan. Ses proches retracent son parcours et nous livrent quelques anecdotes qui font l'authenticité d'un joueur que de nombreux clubs français disaient encore ne pas connaître en janvier dernier.

Pour lui, tout a commencé à Bourgoin-Jallieu

C'est comme attaquant que Yoan Severin signe à Bourgoin-Jallieu. Le début d'une belle aventure pour celui qui a été repéré par Manu Mendes alors qu'il n'avait que 10 ans et demi. "Il avait la détermination d'un gamin qui ne lâchait rien. Je n'en n'ai pas fait un défenseur tout de suite, mais ça a été très rapide. Au bout de de quinze jours, trois semaines, je l'ai replacé arrière gauche. Il allait déjà vite et le fait qu'il soit gaucher, c'était aussi très intéressant", confie pour Goal son ancien entraîneur. À Bourgoin, il se lie d'amitié avec le fils du coach et même s'il met un peu de temps à accepter le fait de passer défenseur, il trouve rapidement sa place au sein du groupe. "C'est mon meilleur ami", lâche Vincent Mendes, heureux de voir son "pote" marquer son premier but en sélection mercredi contre le Sénégal (3-0) : "Tous les soirs pratiquement, on s'appelle en FaceTime. Il était très content, mais il ne le montre pas trop. C'est quelqu'un de humble et plutôt réservé. Même avec moi, il ne vas pas se vanter."

À Bourgoin, le défenseur s'impose comme l'un des éléments forts de l'équipe. Et alors que Lyon, son club de cœur, vient le chercher, il décide de ne pas partir au Portugal où l'OL comptait sur lui pour disputer un tournoi le même jour que le tour qualificatif pour la finale départementale U13, avec Bourgoin. "Un exemple qui symbolise le caractère de Yo", selon Manu Mendes, qui rappelle que son ancien protégé ne voulait pas laisser ses copains terminer la saison sans lui. "Il voulait finir la saison avec Bourgoin. On avait l'objectif de se qualifier pour la finale départementale. On y est parvenu, ce qui n'était jamais arrivé ou très peu à Bourgoin", précise-t-il. Tout est alors allé très vite puisqu'il a fini par quitter Bourgoin pour Lyon. Une aventure qui ne s'est malheureusement pas passée comme il le souhaitait.

Il a été "viré" par l'Olympique Lyonnais, son club de cœur

Arrivé à l'OL à l'âge de 13 ans, Yoan Severin débarque dans le club pour lequel il a toujours voulu jouer. "C'est mon club", confirme-t-il dans une interview publiée en LIVE sur notre page Facebook. "On avait les pieds bien sur terre et on savait que le chemin était long. On a fait du foot, aussi bien son père que moi, et on lui a souvent répété qu'il y a plein de gamins qui rentrent dans les centres de formation et qu'il y en a aussi plein qui en ressortent", raconte encore Manu Mendes. Mais alors qu'il débarque avec l'ambition de prouver sa valeur, il se retrouve en difficulté. La dernière année est compliquée et c'est dans la douleur qu'il apprend qu'il ne sera pas retenu au centre de formation de l'Olympique Lyonnais. Un coup dur pour celui qui espérait tant réussir sous le maillot du club qu'il suit depuis tout petit.

"Ce n'était pas évident. En plus, l'apprendre comme ça, ça fait encore plus mal. Moi, j'ai pleuré quand j'ai appris la nouvelle, nous confie Vincent Mendes. Je sais que son père aussi était très ému, mais il ne fallait pas lui montrer parce que ce n'était pas la fin du monde. Son père et le mien ont essayé d'être proches de lui et de lui donner les bons conseils." Walid, qui jouera à ses côtés à Evian Thonon-Gaillard, reconnaît également que la fin d'aventure précipitée à Lyon lui a mis un gros coup derrière la tête. "Dès qu'il est parti de l'OL, il était déstabilisé, voire un peu perdu, explique son ancien binôme en défense. Quand il est arrivé à Evian, il galérait. Contrôle, passe, il n'avait pas confiance en lui. Son club de cœur, c'est l'Olympique Lyonnais. Et se faire virer par Lyon, ce n'est évidemment pas facile."

Pascal Dupraz lui avait fait une promesse à Evian

À Evian, Yoan Severin rencontre Souleymane Cissé, qu'il considère encore aujourd'hui comme son "mentor". "C'était un papa pour nous. Il était coach, il était père, il était médecin. Il s'occupait de tout. T'étais malade, il t'emmenait à l'infirmerie à une heure du matin. Il était aux petits soins et le truc qui était bien avec lui, c'est qu'il avait tellement d'humanité que tout le monde était jugé pareil", ajoute Walid, confirmant la relation fusionnelle qui lie encore l'actuel entraîneur de l'équipe réserve de l'AS Monaco à son ami : "Souley, c'est son coach. Il a su le remettre sur les rails quand ça n'allait pas. Il a été patient avec lui et Yo lui parle encore très souvent." L'international U20 se retrouve alors capitaine de l'équipe U17 deuxième année d'Evian TG. Pourtant, il n'est presque jamais appelé à l'échelon supérieur.

Ce qui n'empêche pas Pascal Dupraz de lui faire la promesse qu'il intégrera le groupe professionnel à l'issue de la saison. Un discours que le jeune défenseur prend en compte, se disant qu'évoluer en Ligue 2 serait une bonne chose pour la suite de sa carrière. Mais dans le même temps, la Juventus l'a approché et il doit trancher. "Je sais que Pascal Dupraz lui a dit qu'il était hors de question qu'il parte, révèle Vincent Mendes. On était un peu étonné parce qu'il s'était toujours entraîné avec les U17. C'était un bon joueur du groupe, mais même s'il était capitaine il n'était presque jamais monté avec les U19. Il voulait soit-disant qu'il s'entraîne avec les pros. C'était bizarre et je pense que si la Juventus n'était pas venue le chercher, jamais il ne se serait intéressé à lui." Au contraire de la Juve, très renseignée.

Il a refusé la Juventus six mois avant de signer son contrat

Six mois auparavant, la Juventus était déjà venue aux nouvelles pour signer le natif de Villeurbanne, mais allant contre l'avis de ses proches, Yoan Severin avait refusé la proposition. "On rentrait de vacances avec sa famille, à Valras. Ça faisait 10 minutes qu'on était rentrés et son père, qui s'appelle Philippe, m'appelle. Il me dit 'tu ne vas pas croire ce que je vais te raconter. Il y a un certain Frédéric Guerra (son agent encore, ndlr), qui m'a contacté parce que la Juventus veut signer Yoan'. Son fils est resté le week-end à la maison. Lui est venu à son tour et on en a beaucoup parlé. Nous, on lui a conseillé d'y aller et lui, encore une fois, ne voulait pas y aller parce qu'il ne voulait pas lâcher son équipe, Evian, qui est venue le chercher très rapidement après son départ de l'OL", commente Manu Mendes.

Comme lors de son départ à Lyon, Yoan Severin décide donc de faire passer l'amitié et le collectif avant ses intérêts personnels et ce n'est que six mois plus tard, en cours de saison, qu'il décide d'accepter une deuxième proposition de la Juventus. "Heureusement que la Juve a insisté et qu'ils sont revenus faire le forcing parce qu'on se disait qu'après un premier refus, il ne reviendraient pas", précise Walid, persuadé que sans cette signature la carrière de son grand ami aurait tourné au vinaigre : "Ils ont insisté et ils ont bien fait. S'il était resté à Evian, ça se serait mal fini. Le club est tombé en liquidation judiciaire et on s'est tous éparpillés." Il a alors fallu découvrir une nouvelle langue, un nouveau pays, un nouveau football. "Six premiers mois difficiles" pour celui qui s'est accroché malgré les difficultés.

Il disputera l'Europa League la saison prochaine

À la Juventus, Yoan Severin a côtoyé les plus grands. "Chiellini est très fort sur l'homme, Bonucci est fort dans la relance. Ils m'ont fait part de leur expérience et dès que j'avais la chance de jouer avec eux j'écoutais au maximum", déclare le principal intéressé, qui a quitté la Juve en janvier pour signer à Zulte-Waregem, en Belgique. Un choix qu'il ne regrette pas sachant qu'il n'a presque jamais eu sa chance à la Juve, hormis sa présence dans le groupe cette saison pour le match de Ligue des champions entre l'OL et la Juventus (0-1) : "C'était un moment particulier, j'étais fier. En plus, il y avait ma famille dans les tribunes. La Juve est un super club. Pour moi, il fait partie du top 5 mondial. J'ai énormément progressé là-bas. Mais maintenant c'est passé et je me concentre sur Zulte-Waregem." En 2014, il s'est fait les ligaments croisés et est resté huit mois sans jouer. Il a donc fallu remonter la pente. Ce qu'il est parvenu à faire, à force de travail et d'abnégation aux entraînements de la Primavera.

Mais jouer avec l'équipe réserve a ses limites et le Bleuet ne se voyait pas continuer là-bas. "Je cherchais un club francophone", nous disait-il mercredi. Avec Zulte-Waregem, il a déjà remporté la Coupe de Belgique le week-end dernier. Un titre synonyme de qualification pour la prochaine campagne en Europa League. "C'est une fierté. En plus on se qualifie directement pour l'Europa League, donc c'est super", lâche le pur gaucher, soutenu dans ses propos par Ludovic Batelli, le sélectionneur des U20, qui a noté un changement depuis son départ : "On sent qu'il s'entraîne avec un groupe pro. Yoan nous apporte sa faculté à orienter le jeu avec sa patte gauche, orienter le jeu de manière différente. C’est toujours un plus pour une équipe." Un argument suffisant pour être au Mondial en Corée à partir du 20 mai ?

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