Equitation - Élections fédérales - Une plainte pour violation de fichiers informatiques en pleine campagne fédérale

L'Equipe.fr
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Une plainte a été déposée par la Fédération française d'équitation pour violation massive de fichiers informatiques, alors que la campagne pour les élections fédérales prévues le mois prochain est en cours. Au moment où la campagne bat son plein avant l'Assemblée générale du 18 mars devant notamment élire le président de la FFE pour la prochaine olympiade, les services informatiques, alertés par les services de la FFE en charge du RGPD (Règlement général sur la protection des données), ont confirmé une utilisation anormale d'un identifiant FFE remis à une cadre technique d'État placée auprès de la Fédération. Plainte donc a été déposée ce jeudi par la FFE auprès de la gendarmerie de Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) où se trouve le siège de la Fédération. Le ministère a été informé de l'activité illégale de son agent. lire aussi Deux candidats face à Serge Lecomte lors des élections fédérales Au cours d'une enquête interne, cette cadre du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports détachée à la FFE aurait reconnu avoir accédé aux données personnelles des licenciés et des clubs adhérents. C'est la fourniture de justificatifs à la Commission de surveillance des opérations de vote par la liste A Cheval Demain, conduite par Anne de Sainte-Marie, qui aurait attiré l'attention des services compétents. En effet, entre le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2021, cette cadre aurait utilisé plus de 17 000 fois cet identifiant, avec une activité particulièrement soutenue en avril 2020 et janvier 2021. Cet identifiant aurait notamment été utilisé pour consulter les informations personnelles de licenciés FFE (11 000 fois) et de clubs membres de la FFE (5500 fois). Par ailleurs, certaines fonctionnalités rarement utilisées comme le contrôle de l'historique des licences auraient été fortement interrogées (249 fois). Jacob Legros, candidat à la présidence de la FFE « L'équitation n'en sortira pas grandie » Compte-tenu de la nature des faits, la FFE a d'abord saisi la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour utilisation abusive et violation de données à caractère personnel, avant de porter plainte. Contactée par nos soins, Anne de Sainte-Marie nous a répondu par le biais d'un communiqué dans lequel elle assure : « Nous ne pouvons qu'être étonnés de ces accusations dont nous ne savions rien et qui confinent donc à la rumeur. » « Aucune donnée à caractère personnel et/ou confidentiel (antériorité de la licence, statut de dirigeant, qualité d'officiel de compétition, sportif de haut niveau ou propriétaire, etc) n'a été communiquée sans l'accord explicite des colistiers, dans le cadre de la constitution de la liste A Cheval Demain, poursuit le communiqué. Nous attendons un éclaircissement rapide, de manière à ce que la Commission des votes puisse faire la lumière sur ce fait. » lire aussi FFE : les trois candidats à la présidence vont débattre Le communiqué met également en garde contre une possible « influence du scrutin par l'instrumentalisation de rumeurs ou d'informations erronées (qui) constituerait un immense préjudice pour la vie démocratique et notre fédération (...). Nous ne doutons pas que tout soit mis en oeuvre pour empêcher les polémiques instrumentalisées de prospérer. » Trois listes sont en concurrence à l'occasion des élections. Outre celle conduite par Anne de Sainte-Marie, deux autres sont également en lice, respectivement conduites par Jacques Legros et le président sortant Serge Lecomte. Des conséquences sur le scrutin ? Jacob Legros a déploré, de son côté, que « si les faits sont avérés, cette affaire va salir l'équipe concernée. De manière plus générale, l'équitation n'en sortira pas grandie. En outre, cette affaire n'est pas de bon augure quant aux relations futures de la fédération avec le ministère. » Quant à Serge Lecomte, il a souligné le fait que la fonctionnaire en question s'étant confiée à sa hiérarchie, « la fédération était obligée de signaler l'affaire à la CNIL et de déposer plainte. » Indépendamment des suites judicaires, la Commission de surveillance va être amenée à se prononcer rapidement sur les éventuelles conséquences de cette affaire concernant le scrutin en cours.