Equitation - Élections fédérales - Serge Lecomte : « J'étais prêt à passer la main »

L'Equipe.fr
·5 min de lecture

Actuel président de la fédération française d'équitation, Serge Lecomte brigue, à 70 ans, un mandat pour une cinquième olympiade. Face à lui deux candidats : Anne de Sainte-Marie et Jacob Legros. Les élections auront lieu le 18 mars. Serge Lecomte dirige une des très rares fédérations françaises à avoir vu ses licenciés progresser l'an passé (1). Patron de l'équitation depuis 2004, sauf administration judiciaire en 2005 et 2006, il vise un mandat pour une cinquième olympiade, le 18 mars lors de l'Assemblée générale de la FFE, dans un contexte de fort''dégagisme'' en matière d'élections fédérales. Pourquoi repartir en campagne ?
Pour sortir de cette crise sanitaire sans laisser d'activités ou de centres équestres sur le carreau. Donc en négociant comme actuellement avec les pouvoirs publics pour obtenir les mesures nécessaires. D'autre part, j'ai tissé un réseau concernant certains dossiers, fiscalité ou TVA au niveau européen. Serge Lecomte « Notre rentrée en septembre a été la meilleure depuis 2012 en primo-adhérents » Je suis sans doute le mieux placé pour mener à terme ce travail fondamental pour notre économie. Autre raison : faire rebondir l'équitation après la crise, dans un contexte sports-loisirs concurrentiel. Avant d'être cassés par la réforme des rythmes scolaires, nous visions un million de licenciés. L'objectif demeure. Notre rentrée en septembre a d'ailleurs été la meilleure depuis 2012 en primo-adhérents. Et puis, il faut au secteur compétition un nouveau développement, car nombre de petits organisateurs se découragent. Enfin il y a Paris 2024. Les épreuves seront à Versailles. Tout sera monté et démonté : aucun héritage structurel pour l'équitation. L'objectif est d'obtenir des compensations. lire aussi Deux candidats face à Serge Lecomte Vous n'espérez plus voir les JO ailleurs ?
N'importe quel autre endroit consacré au cheval serait mieux, le parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron, notamment. Mais le COJO et le CIO ont désigné Versailles. Il faut donc tenter de tirer le meilleur parti possible de cet état de fait, même si les choses peuvent encore bouger... Serge Lecomte « J'étais prêt à passer la main » Face à vous, il y a deux concurrents...
J'étais prêt à passer la main. Mais l'apparition d'une candidate (Anne de Sainte-Marie) qui fait une opération de marketing et d'un professionnel ayant du bon sens mais éloigné des réalités (Jacob Legros) a conduit mes proches à me dire : « Il faut que tu y retournes ! » Quand on envisage d'externaliser les fonctions de la fédération, c'est le début de la division. Or, depuis 25 ans, nous luttons pour son unité. Et je n'oublie pas que les clubs sont l'élément central des activités équestres. Ils doivent être décisionnaires. Il ne faut pas revenir au système des grands électeurs. Jacob Legros parle notamment d'une tarification trop basse...
Il oublie que nous sommes dans un pays libéral. L'entente sur les prix est interdite par la loi. Notre marché est concurrentiel. À chacun de fixer ses prix, selon son offre, sa clientèle, ses pratiquants. On ne peut pas se vouloir entrepreneur et avoir une économie administrée. Anne de Sainte-Marie stigmatise la formation des enseignants...
C'est sociétal. Le pays dans son ensemble a de gros problèmes à pourvoir certains emplois. Former davantage, oui. Former mieux, bien sûr. Mais ce que j'entends, là, n'est pas un propos d'employeur exprimant des besoins. C'est une approche de formateur qui vend de la formation. La FFE fait l'objet d'une inspection générale notamment sur la question des violences sexuelles. Où en est-on ?
J'attends leur rapport, sachant que ça n'en fera qu'un de plus. Les questions sur ce sujet ont été très limitées. Qui vote ou comment est organisée l'Assemblée générale, semblait les intéresser davantage. Bien sûr, ils m'ont aussi interrogé sur le cas intervenu dans mon club et que j'ignorais à l'époque des faits (2). Tout le monde en a parlé comme la pire des choses. Sauf que le jugement ne parle pas de « violences sexuelles » mais « d'atteintes sexuelles, sans violence et sans surprise. » La fédération travaille beaucoup sur ce sujet. Ainsi, nous allons sortir un dossier pour aider les clubs à mieux repérer les cas et prévenir les situations à risque. Il y a aussi l'accompagnement des victimes. Nous avons beaucoup fait depuis les premières alertes. Nous avons expliqué, détecté et transmis au ministère. Mais la vraie question sur ce sujet est plutôt :''Comment démolir le président avec cette affaire ?'' Le contexte pourrait conduire à une élection à deux tours ?
Je n'ai pas envie de gérer une fédération dans laquelle les adhérents ne me témoigneraient pas une vraie confiance. Si j'ai moins de 50 % au premier tour, face à deux projets utopiques où on laisse tomber le monde associatif pour se concentrer sur les professionnels, où on a une vue administrative de la fédération, j'en tirerai des conclusions. Pour certains, la présidence fait partie d'un plan de carrière. Pas pour moi. » (1) La FFE en compte plus de 600 000 dont 160 000 licences de compétition et a un taux de croissance supérieur à 6 %. (2) Condamné en 2013 pour atteintes sexuelles sur mineure, Loïc Caudal a travaillé comme enseignant au centre équestre géré par Serge Lecomte à Suresnes. Après avoir quitté le club en 2014, il a été embauché comme chauffeur à la fédération, avant d'être à nouveau condamné en 2017 pour des faits similaires et de quitter la FFE en 2019. lire aussi Toute l'actu de l'équitation