Equitation - CM - Finale - Eric Navet : «Je reste un compétiteur dans l'âme»

L'Equipe.fr
On ne l'avait plus vu en grand championnat depuis les Jeux olympiques 2004. Le cavalier français Eric Navet est de retour, qualifié pour la finale de la coupe du monde indoor qui débute aujourd'hui à Omaha (Etats-Unis).

On ne l'avait plus vu en grand championnat depuis les Jeux olympiques 2004. Le cavalier français Eric Navet est de retour, qualifié pour la finale de la coupe du monde indoor qui débute aujourd'hui à Omaha (Etats-Unis).Sa dernière finale de coupe du monde remonte à… 1992. Il était alors l’un des cavaliers de saut d’obstacles les plus performants au monde. Une équitation à faire rêver et des titres à la pelle (*). Vingt-cinq ans plus tard, il est 345e au classement mondial mais sa priorité est bien ailleurs. A 57 ans, Eric Navet, installé en Californie depuis 2013, consacre désormais l’essentiel de son temps à entraîner. C’est dans ce contexte-là qu’il s’est qualifié pour Omaha. Un peu par hasard, beaucoup grâce à son talent naturel…«Franchement, vous êtes surpris de vous retrouver à Omaha ?Oui et non. La qualification était un but, mais pas tellement pour moi. Davantage pour le cavalier que j’entraîne depuis 2013, Karl Cook. En fait, aux Etats-Unis, la finale de la Coupe du monde est, chaque année, la seule occasion pour un jeune cavalier de participer à une grosse épreuve mondiale. Là, il ne s’agit pas d’être sélectionné dans une équipe nationale, mais de se qualifier individuellement. Face aux Américains les plus expérimentés qui disposent souvent aussi de piquets de chevaux excellents et les plus fournis, il y a peu de chance pour un jeune d’intégrer rapidement l’équipe des Etats-Unis. Même s’agissant de Karl (26 ans, 202e mondial) qui est le meilleur cavalier américain de la côte Ouest. De mon côté, je suis son entraîneur. Nous avons participé aux épreuves de sélection tous les deux. Et tout a bien fonctionné. Du coup, nous sommes l’un et l’autre en finale.Avec quel objectif ?D’abord, aider Karl. Je suis là pour ça. Ni lui ni moi n’avons le cheval pour gagner. Mais l’idée est de faire prendre de l’expérience à Karl. En outre, nous n’avons pas la préparation pour gagner. En Europe, les cavaliers ont la possibilité de participer à un concours cinq étoiles indoor toutes les semaines. A Omaha, ils sont dans un cadre qu’ils connaissent et maîtrisent bien (notamment la petitesse de la piste : 72 m sur 32 m). Nous, sur le circuit américain, nous avons, en tout et pour tout, trois concours indoor dans l’année (Sacramento, Del Mar, Las Vegas). En plus, tous les trois ont lieu en automne. Le reste du temps, ce sont des concours en extérieur. Donc, la priorité, c’est mon travail d’entraîneur. Mais comme je reste un compétiteur dans l’âme, j’ai évidemment envie aussi de me faire plaisir. Pour autant, je ne ressens aucune pression personnelle.Vous montez Catypso , un hongre de dix ans…Propriété de Signe Ostby (la mère de Karl Cook), Catypso a été acheté au début de son année de six ans. Il était prévu pour Karl, mais cela n’a pas vraiment marché entre eux. Je l’ai donc récupéré. Depuis, il a évolué de manière considérable. Par exemple, pour son dernier concours, il y a dix jours à côté de Palm Springs, il a terminé cinquième du Grand Prix. Ceci étant, je ne sais pas du tout comment il va réagir sur la piste d’Omaha. Même chose, d’ailleurs pour Tembla, le cheval de Karl. L’idéal serait de parvenir à combiner deux belles performances. Pour Karl avec Tembla et pour moi avec Catypso. Quand j’ai signé mon premier contrat avec les parents de Karl, ils m’ont dit : ’’Nous aimerions que notre fils devienne un cavalier de haut niveau. Mais nous aimerions aussi que vous reveniez dans l’élite avec lui !’’ Ça m’a touché. Mais pour vous dire le fond de ma pensée, ce que j’ai en tête, c’est une qualification pour nous deux l’an prochain. Car la finale de la coupe du monde aura lieu à Paris-Bercy. Ça, ce serait formidable. Hier, j’ai fait un dîner français avec Philippe Guerdat (sélectionneur national équipe de France), Simon Delestre, Olivier Robert, Kevin Staut (autres cavaliers français qualifiés pour Omaha). C’était si bon de se retrouver dans cette ambiance…»(*) Or mondial individuel et par équipes 1990, or mondial par équipes 2002, or européen individuel 1991, bronze olympique par équipes 1992.

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