Equitation - Saut Hermès - Abdelkébir Ouaddar : «Un cadeau de Dieu»

L'Equipe.fr
Formidable vainqueur l'an dernier lors du Grand Prix du Saut Hermès, à Paris, le très populaire cavalier marocain Abdelkébir Ouaddar, 54 ans, revient au Grand Palais. Cette fois sans son Quickly de Kreisker , mais désormais sous les couleurs Hermès.

Formidable vainqueur l'an dernier lors du Grand Prix du Saut Hermès, à Paris, le très populaire cavalier marocain Abdelkébir Ouaddar, 54 ans, revient au Grand Palais. Cette fois sans son Quickly de Kreisker, mais désormais sous les couleurs Hermès.«Quelles images gardez-vous de votre victoire l'an dernier au Grand Palais ?Quand je revois mon barrage en vidéo, aujourd'hui encore, j'en ai la chair de poule. Avoir gagné ici, c'est pour moi un souvenir inoubliable. Les meilleurs cavaliers étaient présents. Et moi, je ne suis pas le meilleur. Mais c'était ma journée. Mon cheval de tête, Quickly de Kreisker, est non seulement très rapide, mais il a une manière de tourner très court qui lui est particulière. En barrage, c'est un plus énorme. Cette journée a été pour moi un vrai cadeau de Dieu !C'était aussi un superbe cadeau pour votre entraîneur français Marcel Rozier...Marcel souhaitait vraiment que je gagne. C'était le jour de son anniversaire (l'ancien entraîneur national de l'équipe de France fêtait ses 80 ans). Il m'avait dit : ''Tu sais, gagner serait le plus beau des cadeaux que tu pourrais me faire.'' Moi, je lui avais répondu : ''On va essayer, Marcel. On va essayer !'' Mais, au barrage, on était tout de même quinze...Et vous gagnez ! Cela a-t-il changé beaucoup de choses pour vous ?D'abord, j'ai gagné un peu d'argent. Parce que, comme ça, je n'ai pas eu à payer un cadeau d'anniversaire à Marcel (rires). Mais surtout, le public a été formidable avec moi. Mais comme toujours. Vous savez, gagner c'est très bien, mais ce n'est pas une raison pour se montrer distant. Quand on reste humble, disponible, le public le ressent. En fait, il attend juste un sourire, un rien de disponibilité, un peu de temps passé pour une photo ou un mot échangé... Et il sait vous le rendre au centuple ensuite. Il en a toujours été ainsi pour moi.Vous êtes un cavalier spectaculaire et vous avez une relation très forte avec le public...J'adore donner. Par exemple, en 2014, aux Jeux équestres mondiaux à Caen, tous les concurrents étaient très concentrés, très sérieux. C'étaient des Mondiaux ! Mais moi, quand je suis entré sur la piste, j'ai pris le temps de saluer tout le monde. Après, seulement, je me suis élancé. Marcel a raconté tout ça ensuite à Sa Majesté (Mohammed VI, roi du Maroc, sponsor de Ouaddar et propriétaire de Quickly). Il a apprécié. J'aime cette relation avec le public. Et, en retour, il m'apporte ce petit plus qui permet de gagner. Pas toujours, mais parfois. Le jour où je ne ressentirai plus ce type de plaisir, il sera temps d'arrêter. Mon rêve d'enfance, je suis en train de le réaliser. C'est génial ! Participer aux Jeux olympiques l'an dernier à Rio, c'était aussi la poursuite de ce rêve ?Bien sûr. J'ai toujours voulu aller aux Jeux (Ouaddar était à Rio le premier cavalier marocain à participer aux JO et le porte-drapeau de son pays). J'ai reçu un coup de fil à Rio. C'était le président de la fédération marocaine (le Prince Abdellah El Alaoui). On a été élevés ensemble. On montait ensemble et il se souvenait que, quarante ans plus tôt, je lui avais dit qu'aller aux JO était mon rêve. Il m'a dit : ''Là, tu y es. Profites-en bien !'' Pour moi, c'était comme si j'avais gagné une médaille. Avec Quickly de Kreisker, vous disposez d'un cheval d'exception...... (Il coupe) Il est formidable. Souvent, quand on entre sur la piste tous les deux, j'ai l'impression qu'il gonfle, je le sens grandir. Quand je dis ça ensuite, les gens rient. Mais c'est vrai ! Le concours le transcende. C'est un guerrier. Le reste du temps, il est tranquille. Parfois, il est même fainéant à l'entraînement. En fait, il faut lui laisser un peu d'autonomie. Si on le dirige trop, ça ne marche pas. Il peut faire des bêtises. Vous pourriez vous imposer à nouveau tous les deux lors du Grand Prix 2017 du Saut Hermès?Non, ma petite star ne fera pas le Grand Prix. Quickly a une petite blessure. Il s'est donné un coup récemment lors de la remise des prix à Doha. Rien de grave. Mais des chevaux pareils, il faut savoir les respecter. Donc, pas de risques. Je serai avec Cordano. Vous venez de rejoindre le groupe des cavaliers partenaires Hermès, aux côtés de pointures comme le Brésilien Pedro Veniss, le Suisse Romain Duguet ou le Français Simon Delestre. Ça signifie quoi pour vous ? J'en suis extrêmement fier. Hermès est une marque connue dans le monde de l'équitation bien sûr, mais bien au-delà aussi. Ils ont confiance en moi. Je vais les représenter sur les concours.

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