Equitation - Violences sexuelles - Diffamation : audience de procédure mercredi pour Amélie Quéguiner

L'Equipe.fr
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La cavalière Amélie Quéguiner est convoquée, ce mercredi devant le tribunal de Périgueux (Dordogne), pour une audience de procédure, après la plainte en diffamation déposée contre elle par la fédération française d'équitation et son président. En février 2020, la cavalière avait témoigné publiquement des viols répétés qu'elle aurait subis de la part de trois encadrants durant dix ans, dans les années 1980. Dans une interview accordée, un an après, au magazine L'Obs, Amélie Quéguiner avait mis en cause la responsabilité du président de la FFE, dénonçant, entre autres, « une culture du viol indécente et rétrograde » et le comportement « scandaleux et révoltant » du président dans une affaire de pédocriminalité concernant un de ses ex-employés au club de Suresnes. Des faits alors démentis par Serge Lecomte. C'est pour ces propos qu'Amélie Quéguiner fait l'objet d'une plainte en diffamation de la part de la FFE et de son président. L'audience de procédure prévue ce mercredi est destinée à fixer une date d'audience sur le fond. lire aussi Violences sexuelles : vague d'indignation après la plainte de la FFE contre Amélie Quéguiner
Cette décision d'attaquer en justice une victime de violences sexuelles - une première en France émanant de la part d'une fédération sportive - avait très rapidement provoqué de vifs remous, en particulier sur les réseaux sociaux : critiques acerbes, tribunes, pétition... De son côté, la FFE s'était défendue de porter plainte contre une victime de violences sexuelles. « C'est une plainte contre une personne qui a diffamé la fédération en portant des accusations graves et infondées contre l'institution fédérale et ses dirigeants. Il se trouve que cette personne est une victime présumée de violences sexuelles », avait expliqué le délégué général de la FFE, Frédéric Bouix. La fédération avait également proposé de retirer sa plaine si les « propos diffamatoires et mensongers étaient retirés et démentis. » Une ligne téléphonique d'écoute, un formulaire de signalement et une campagne lancée Très tôt, après la révélation en 2020 des violences sexuelles évoquées par Amélie Quéguiner, la FFE avait mis en place une ligne téléphonique d'écoute, un formulaire de signalement et lancé une campagne, « N'en parle pas qu'à ton cheval ». Mais face à « l'amalgame fait » sur les réseaux sociaux, selon la formulation de Frédéric Bouix, de telles démarches se sont révélées de peu de poids médiatique. Ainsi, en pleine campagne pour la présidence de la FFE (Serge Lecomte a été réélu ce mardi), une candidate au poste avait-elle titré l'un de ses communiqués : « La Fédération porte plainte contre une victime ». « C'est un sujet grave, mais le statut de victime ne permet pas d'enfreindre les lois de la République », avait alors plaidé le délégué général de la fédération. La date de l'audience sur le fond devrait donc être fixée ce mercredi. Cette audience-là pourrait se tenir d'ici deux à trois mois.