Erwan Simon, son surf trip insolite au Kazakhstan

Erwan Simon au Kazakhstan. (A. Sarsenbayev/DR)

Le surfeur-aventurier breton Erwan Simon est parti en surf trip au Kazakhstan se frotter, seul, aux vagues de la mer Caspienne. Récit.

Après avoir bien visité plus de 70 pays et avoir vadrouillé sur d'innombrables spots de la Méditerranée (Égypte, Libye, Algérie, Tunisie, Malte, Chypre, Albanie...), Erwan Simon est parti à l'aventure en novembre dernier trouver des vagues au... Kazakhstan ! Cette idée originale a germé dans son esprit après des trips convaincants en Albanie et en Turquie.

Comme les vagues étaient "correctes" au bord de la mer Noire, le surfeur breton - spécialisé dans les surf trips dans des régions du globe qui ont très peu ou pas du tout été documentées - s'est dit qu'il pourrait en être de même autour de la mer Caspienne. « Je connaissais deux personnes qui avaient surfé en Azerbaïdjan, en longboard et sur de petites vagues, raconte-t-il. J'ai regardé les autres pays autour de la Caspienne et j'ai mis mon curseur à l'Est, sur le Kazakhstan. » Le Kazakhstan, ce pays sept fois plus grand que la France pas du tout connu pour être une destination surf.

Il en faut plus pour décourager le rider de Guidel Plage (Morbihan), escorté par un fort désir de défricher un nouveau périmètre vierge. « Je cherchais un endroit où il y avait une pointe ou une presqu'île afin de favoriser les différentes orientations. J'ai observé les vents et je me suis dit qu'il y avait moyen de "choper" (sic) les houles de nord-ouest et du sud. » Simon met alors le cap sur la ville d'Aktaou et la pointe de Fort Schewtschenko. Il part là-bas tout seul avec deux planches, une pour les petites vagues et un shortboard, « si jamais c'était un peu consistant ».

Le premier jour, mer d'huile. Le deuxième, il se met à l'eau et surfe des petites vagues de 50-60 cm. « C'était assez clean et il faisait beau. J'étais au milieu des steppes et content de me dire que je surfais au Kazakhstan. » Les jours suivants, la mer est redevenue plate avant l'arrivée d'une perturbation. « Pendant trois jours, il y a eu de la houle et la météo était assez perturbée, avec du vent de Nord-Ouest et de la pluie. » Simon n'est alors pas dépaysé par ce temps breton.

S'il est parti seul, sur place il est accompagné par un autochtone qui a deux atouts : un 4x4 et un drone. Mais ce dernier découvre un autre monde, lui qui n'avait jamais travaillé avec un surfeur. Curieux, il a voulu suivre cet excentrique morbihannais dans ses pérégrinations.

Une aventure devenue très viraleAprès quelques jours et quelques sessions, Simon a décidé de changer de direction et a fini par trouver un autre spot, qui faisait face au sud en plein milieu des steppes entre Aktaou et la pointe de Fort Schewtschenko. « Ça ressemblait à un beach-break breton un peu pêchu, assure Simon. Il y avait 1 m - 1,5 m, avec un vent offshore. C'était loin d'être paradisiaque mais j'étais entouré par un décor typiquement Kazakh, avec deux-trois chameaux et des chevaux sauvages au milieu de d'un paysage désertique et des canyons magnifiques. C'était vraiment dépaysant. »

Malgré sa découverte du surf et un temps d'enregistrement limité - il n'avait que deux batteries, soit deux fois 15 minutes -, son fixeur Azamat a fait quelques belles images. Le buzz a pris très vite une fois quelques photos sur les réseaux sociaux. « C'est vite devenu très viral, a confirmé Simon. Tous les médias du Kazakhstan m'ont contacté, ils étaient super contents de voir qu'on pouvait surfer dans leur pays. C'est une chose auquel ils n'avaient jamais pensé. » Une belle aventure qui pourrait bien donner des idées à certains en quête de surf trip insolite.