Un escadron de skateuses à volants

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À Cochabamba, la troisième plus grande ville de Bolivie, un collectif de skateuses s'est réapproprié la « pollera », cette jupe imposée à la population indigène au XVIe siècle. Une tenue traditionnelle volumineuse qu'elles ont érigée en symbole de leur résistance aux discriminations.

Maria Belén Fajardo Fernandez, 21 ans, la plus jeune du groupe. Cette étudiante compte déjà quatre années de pratique.

En plus de ces jupes colorées généralement constituées de deux ou trois volants, la tenue traditionnelle des « cholas », ces femmes boliviennes qui s'identifient à la culture indigène, se compose d'un chapeau haut appelé le « bombin » ainsi que de longues tresses parfois ornées de dentelles.

Huara Medina Montaño, 24 ans, vient de faire une mauvaise chute. La skateuse confie que lorsqu'elle porte la pollera (comme en haut) et se regarde dans le miroir, elle voit sa grand-mère, qui compte énormément dans sa vie, ce qui l'encourage à devenir une femme aussi forte qu'elle.

Joselin Brenda Mamani et sa mère puisent leurs origines auprès du peuple aymara, issu de la région du lac Titicaca, dans la cordillère des Andes. Pour la jeune femme de 27 ans, skater avec ses pairs revient à se rapprocher de ses racines et de qui elle est. Elle a rapidement compris que cette activité pouvait lui donner une direction, l'aider à dépasser ses peurs et à prendre confiance en elle.

Deysi Tacuri Lopez a commencé le skate autour de la vingtaine, il y a sept ans. « Je porte ce que j'aime. Ma mère a un dicton : "Je suis née en portant une pollera et je mourrai en portant une pollera", et je perpétue sa croyance. [...] Mais il s'agit aussi de réussir de nouvelles figures, de progresser. C'est un mélange des deux. »

La descente qui mène au parc Pairumani, dans la banlieue de Cochabamba, à 200 km au sud-est de La Paz, est l'un des spots préférés des membres du groupe, qui ont aussi à coeur de faire connaître les lieux et la flore emblématiques de leur région.

« Nous voulons montrer que peu importe ton apparence, ton âge ou ton genre, tu peux faire partie de la communauté du skateboard et ressentir la liberté qu'offre ce sport. Nous pensons que tout le monde mérite le respect et que la société doit se débarrasser de toute forme de discrimination et de maltraitance envers les personnes qui sont différentes de nous », explique Dani Santiváñez, cocréatrice du collectif.

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