Escalade - À Fontainebleau, l'équipe de France d'escalade prépare déjà les JO Paris 2024

L'Equipe.fr
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Pour terminer l'année 2020, l'équipe de France d'escalade est ce week-end au pôle France de Fontainebleau, près de Paris, pour un stage centré sur le combiné bloc/difficulté, le format des JO de Paris 2024.

Le chrono défile dans la salle Karma de Fontainebleau, au pôle France d'escalade. Les Bleus ont cinq minutes pour trouver la solution à ces blocs. Concentration, sourires, léger énervement ou frustration, les émotions de la compétition sont bien visibles sur les visages des grimpeurs pour cette simulation à huis clos, ce vendredi après-midi.

« Personnellement, le corps se souvient et les réflexes reviennent vite, mais ça soulage de retrouver un peu la compétition, ça fait plaisir », sourit Oriane Bertone, double championne du monde chez les jeunes. « C'est vrai que c'est compliqué de garder la motivation (sans compétitions), avoue Fanny Gibert, troisième mondiale de bloc la saison dernière. Donc ça fait du bien de reprendre un peu, de grimper avec des filles fortes. » « Mais ça n'a quand même rien à voir par rapport à une compétition avec un public et un vrai enjeu », complète Manu Cornu, lui aussi numéro 3 mondial de bloc la saison dernière.

Retrouver des repères
Ils sont 24 athlètes à s'affronter ce week-end, la plupart auraient dû s'envoler pour la Russie au Championnat d'Europe en novembre, mais la Fédération française a choisi de ne pas envoyer son équipe à cause de la situation sanitaire. Alors le staff a organisé ce stage, pour retrouver les sensations et les réflexes de la compétition.

Il y a bien eu quelques Coupes de France et une Coupe du monde de difficulté à Briançon fin août (la seule de l'année), mais rien à voir avec le calendrier international habituel. « Certains sont très impactés par ça et pour d'autres, c'est moins difficile à vivre, explique le coach Nicolas Januel. Mais pour tous, une simulation comme ça les dynamise ».

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« C'est un peu chaotique pour certains car ils n'ont pas forcément prévu d'être à leur meilleur niveau ce week-end. On ne cherche pas forcément une performance mais les aider à prendre des repères sur le niveau international, explique Laurent Lagarrigue, coordinateur du combiné bloc/difficulté pour 2024. On est entre le stage et la compétition. Ils prennent ce week-end sérieusement, mais l'ambiance est détendue. »

Au programme sur ces trois jours, entre vendredi et dimanche : une simulation de compétition en bloc (dominée ce vendredi par Oriane Bertone et Clément Ozun), puis en difficulté, du niveau de demi-finale de Coupe du monde, et des séances après travail (où les grimpeurs étudient la voie et ont plusieurs essais pour la réussir).

Masque obligatoire évidemment, sauf pour ceux qui grimpent. Les coachs ou les athlètes, maillot bleu sur le dos, deviennent les arbitres d'un jour. « Attention, tu ne dois pas interférer (lui donner des conseils) », rappelle Lagarrigue à une grimpeuse-juge. De grandes bâches bleues cachent leur futur terrain de jeu. « C'est un peu moche, ça fait pas Coupe du monde mais on fait comme on peut », rit un coach.

Objectif Paris 2024
Pour le staff des Bleus, c'est aussi l'occasion de lancer le processus vers les JO de Paris 2024, avec son nouveau format olympique. Pour Tokyo, les quotas sont remplis : les quatre qualifiés (Mickaël et Bassa Mawem, Julia Chanourdie et Anouck Jaubert) continuent de s'entraîner pour le format unique composé des trois disciplines (bloc, difficulté et vitesse).

Pour Paris, si les détails ne sont pas encore connus, l'escalade comptera deux épreuves : une de vitesse (grimper le plus rapidement possible un mur de 15 m, le même pour tout le monde) et une autre d'un combiné bloc (un enchaînement de quelques mouvements sur un mur de faible hauteur) et difficulté (un effort long, au premier essai, d'une longue voie).

Un format plus logique pour le monde de l'escalade, car souvent, ceux qui pratiquent le bloc font aussi de la difficulté (et inversement), mais pas de vitesse. C'est donc sur ce combiné bloc/difficulté que les Français s'entraînent ce week-end.

« C'est important de s'y prendre dès maintenant, car avec l'enjeu olympique, on voit que beaucoup de pays progressent, explique Pierre-Henri Paillasson, le DTN. On a des très bons potentiels pour une médaille, mais le chemin est encore long. » Parmi eux : Oriane Bertone (15 ans) championne du monde minimes de bloc et de difficulté ou encore Mejdi Schalck (16 ans), finaliste à Briançon pour sa première Coupe du monde senior.

Le rendez-vous parisien est aussi un objectif pour les plus expérimentés, comme les frères Mawem. « Bien sûr, des JO à la maison ce serait fou, sourit Mickaël Mawem (30 ans), champion d'Europe 2019 de bloc et olympien à Tokyo. C'est encore un peu tôt, mais il faudra une nouvelle stratégie d'entraînement. Vu que je m'entraîne sur les trois disciplines pour Tokyo, la transition sera facile. Mais c'est sûr qu'avec ce format, il y aura encore plus de prétendants niveau français. »