Escalade - CM - Janja Garnbret : « J'avais l'impression de voler sur le mur »

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Triple championne du monde d'escalade, Janja Garnbret sera la grande favorite pour le titre olympique cet été. La Slovène de 22 ans a survolé l'ouverture de la saison à Meiringen (Suisse), a fait l'impasse sur la première manche à Salt Lake City et retrouvera la compétition ce vendredi aux États-Unis. « Pourquoi ne pas avoir participé à la première manche de Salt Lake City (le week-end dernier) ?
Je mets toute mon énergie pour les Jeux Olympiques. C'est pour ça que je ne serai à Salt Lake City que pour la deuxième manche, avec le bloc et la vitesse. J'ai décidé ça car je ne veux pas avoir trop de compétitions avant la plus importante (les JO). lire aussi Jaubert va retrouver la compétition à Salt Lake City,Vous avez survolé la première étape de la saison... Vous vous sentiez confiante avant de reprendre après un si long moment sans compétition ?
Je ne savais pas quoi espérer en arrivant. Tu dois avoir confiance en ton entraînement et tes coachs, car je n'avais pas de comparaison, donc j'étais très excitée de voir où était mon niveau. Je n'étais pas si nerveuse. J'y suis allée comme si j'avais eu ma dernière compétition une semaine avant. C'était super cool, j'ai vraiment aimé l'atmosphère, même s'il n'y avait pas de spectateurs. « J'étais dans mon monde, à faire ce que je fais le mieux : être totalement absorbée par la tâche, essayer de flasher le bloc » Vous avez réussi tous les blocs haut la main. Vous avez senti que c'était une compétition parfaite pour vous ?
J'avais l'impression de voler sur le mur. J'étais juste très excitée de refaire une compétition, je pense que c'est pour ça que j'ai si bien grimpé. J'avais juste du flow, en restant focus... C'était bon d'être en compétition, mais en même temps, tu es tellement concentré que tu oublies le reste. Avant la compétition, je me demandais même si j'allais savoir comment rivaliser. Mais après, j'étais dans mon monde, à faire ce que je fais le mieux : être totalement absorbée par la tâche, essayer de flasher le bloc (réussir à la première tentative).Derrière vous à Meiringen, la jeune française de 15 ans Oriane Bertone a terminé deuxième (et est également montée sur le podium lors de la 2e manche). Elle vous a surprise ?
Je n'étais pas vraiment surprise, elle grimpe vraiment bien. La troisième, Natalia (Grossman, une Américaine de 19 ans, qui a remporté la première manche à Salt Lake City), est aussi jeune. J'étais la plus vieille (rires), ça fait bizarre. C'était la première compétition de la saison. Elles grimpent vraiment bien, il y a eu un beau combat pour le podium.

Vous avez seulement 22 ans, mais vous dominez depuis un moment. C'est bizarre pour vous de voir ces jeunes vous pousser comme ça ?
En 2019, j'étais la plus vieille en finale (rires), c'était assez bizarre. Pour être honnête, j'ai été moi-même une fille de 15 ans sur les Coupes du monde, à gagner. Ce serait dommage de ne pas avoir des jeunes qui montent, le sport est comme ça : il doit évoluer. Et en plus, elles me poussent à être meilleures donc c'est quelque chose de positif. Je n'ai pas peur d'elles, mais ça me fait bizarre parfois d'être la plus vieille à 22 ans. Ça me rappelle moi à mes débuts, en compétition contre des légendes... Je me disais « wow, c'est irréel ». J'étais timide, mais elles me donnaient des conseils. Maintenant, avec les filles de l'équipe de Slovénie, j'essaie de faire pareil. C'est cool de partager ce savoir et le passer à des compétitrices plus jeunes. »