Escalade - La légende Adam Ondra pas surpris par la performance historique de Julia Chanourdie

L'Equipe.fr
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Premier à avoir réalisé la voie appelée « Eagle 4 », à St-Léger-du-Ventoux, le Tchèque Adam Ondra nous a confié ne pas être surpris de voir Julia Chanourdie réussir la même performance dans le 9b, le plus haut niveau atteint par une grimpeuse. La légende de l'escalade pense que la Française de 24 ans peut aller encore plus loin.

Une première féminine, pour l'histoire. Avant Julia Chanourdie samedi, seuls deux grimpeurs ont réussi l'ascension de la voie appelée « Eagle 4 », au pied du mont Ventoux : la légende tchèque Adam Ondra (en février 2018) et le jeune Français Hugo Parmentier (janvier 2020). Tous deux ne sont pas surpris par son entrée dans ce cercle très fermé des grimpeurs de 9b (le plus haut niveau de difficulté en escalade réalisé par une femme), mais sont impressionnés par la performance de la Française de 24 ans, également qualifiée pour les JO.

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« Je ne suis pas surpris du tout que Julia fasse un 9b, nous a expliqué Adam Ondra, considéré par beaucoup comme le meilleur grimpeur actuel du monde. Mais pour être honnête, je suis surpris que Julia l'ait réussi avec « Eagle 4 » (situé à St-Léger-du-Ventoux, dans le Vaucluse). Généralement, le style (de voie) que les filles préfèrent est plus long, plus axé sur l'endurance. « Eagle 4 » est très court, vraiment brutal, avec de la complexité, à la fois technique et des mouvements puissants et brutaux. Ça veut dire que Julia est très, très forte et cela rend son ascension encore plus novatrice ! »

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« Je savais qu'elle était capable de tout, mais ce qui m'a choqué, c'est de la voir réussir aussi rapidement, c'est vraiment impressionnant », assure Hugo Parmentier. Ce dernier l'a réussi au bout de cinq mois d'entraînement, pour 23 jours passés dans la voie. Julia Chanourdie n'a eu besoin que de 10 jours, sans s'y consacrer à 100 % dans un premier temps. « Elle a réussi très vite à enchaîner les mouvements, alors que c'est une voie très physique, intense, où il est difficile de respirer, poursuit le grimpeur français. C'est presque une course contre la montre, contre la fatigue. »

Et aller plus loin que le 9b ? Dans des voies jamais réussies par des femmes ? « Je n'ai aucun doute que Julia et d'autres femmes peuvent grimper même plus dur que du 9b +, assure Adam Ondra, un des deux grimpeurs à avoir réussi une voie cotée 9c, plus haut niveau atteint actuellement. Ce n'est pas seulement une question de capacités physiques, mais choisir la bonne voie, investir beaucoup de temps et de patience. »