Escrime - À Paris, des cours d'escrime pour aider les jeunes autistes

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Au pied des Buttes-Chaumont à Paris, la maîtresse d'armes Carol Broca Wander enseigne l'escrime à de jeunes autistes. Pour développer leurs capacités motrices et les aider à réduire la distance avec les autres.

Nul besoin de trophée pour gagner. Carol Broca Wander a pigé depuis un bail que les grandes batailles se livrent loin des podiums. Épéiste, cinquième Française, elle a cessé la compétition à l'époque où émergeait Laura Flessel, future médaillée d'or olympique en 1996. Voilà aujourd'hui cette quinqua en jean, tonique, pilotant sa 750 cm3 Moto Guzzi dans les bouchons parisiens. Sous son blouson de motarde, elle laisse découvrir un large tatouage sur l'avant-bras gauche. Des roses sauvages. Un look rock qui tranche avec l'image sépia du maître d'armes façon Racing.

Carol enseigne l'escrime au Chevalier d'Assas, au pied des Buttes-Chaumont, à Paris. Un club créé en 1966 qui compte une centaine de licenciés, loisirs et compétition. Plusieurs fois par semaine, Carol se démène pour des élèves un peu particuliers, souffrant d'autisme, un handicap face auquel on se sent si souvent démuni, dans le cadre de séances dites de « sport adapté ».

Ils sont quatre ou cinq maximum par cours. Leur pathologie réclame une telle attention que les ados sont accompagnés d'éducateurs spécialisés de l'Institut Adam Shelton de Saint-Denis. Avant de se confronter à un partenaire, ils entament la séance par un travail face à une cible. Des lumières rouges ou bleues qu'il faut toucher de la pointe du fleuret. Rester concentré, essayer d'être précis. Rapide, pour ceux qui le peuvent. Il y a encore six mois, la jeune Aïssata ne tenait pas en place. La voilà, face à la cible, quasi recueillie. Elle enchaînera par un travail de « parade riposte ». Les éducateurs débrieferont la séance avec la maîtresse d'armes, qui adaptera sa prochaine séance aux besoins.

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Selon la législation, ces jeunes seront suivis jusqu'à l'âge de 25 ans. Ensuite, si leurs parents ne peuvent les accueillir, ils iront en hôpital psychiatrique. C'est dire l'enjeu capital de ce qui pourrait sembler un cours d'escrime dérisoire. Apprendre à mieux coordonner ses mouvements, ouvrir la porte à un peu plus d'autonomie. « Porter un masque d'escrime les aide à se désinhiber, explique Carol Broca Wander. Puis grâce au fleuret, ils apprivoisent la notion de distance à l'autre. »

Par petites touches, physiques mais ô combien émotionnelles pour eux, ils se relient au monde. Broca : « Les fédérations, sponsors et médias font un coeur nucléaire de la haute compétition ; la réalité, c'est que la compète est un petit caillou dans tout ce que peut apporter la pratique sportive. Les victoires qu'on remporte chaque jour ici sont bien plus intenses qu'un podium olympique ! »

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