Escrime - CM - Coupe du monde de fleuret : Émeric Clos, l'exigeant

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Les fleurettistes français sont engagés sur deux fronts ce week-end en Coupe du monde : les hommes à Paris, les femmes à Katowice. Alors que la perspective des Jeux commence à prendre sérieusement forme pour le camp bleu, l'entraîneur en chef Émeric Clos lève un coin de voile sur son approche.De lui, le Sudiste pur jus, on attendrait une réaction un peu plus haute en couleurs. Davantage de décibels, un indice d'octane plus élevé, une formule riche qui envoie fort et sent bon le soleil. Comme souvent. Mais, là, non ! Pourtant, un mois après les garçons du fleuret, ses filles peuvent, elles aussi, valider définitivement, ce week-end à Katowice (Pologne), leur qualification pour les Jeux Olympiques prévus l'été prochain à Tokyo.« Ce serait un soulagement pour elles, concède Émeric Clos, patron d'un fleuret français ayant joliment « scoré » l'année dernière (*). Mais ce qui m'importe, c'est que les uns, comme les autres, soient médaillés aux JO. Se qualifier pour dire "On est allés aux Jeux", ça ne m'intéresse pas. » Donc, un poil grognon, le garçon. « Non, c'est pas ça, rectifie-t-il. Mais il ne faut surtout pas en rester là. Il ne pas se relâcher. Je le leur ai bien dit. »Toute l'actu de l'escrimeD'accord, mais comment fait-on pour se prémunir contre ça ? « À la mi-mars, on annoncera la composition des équipes qui iront à Tokyo. Le nom des trois titulaires et celui du remplaçant, explique le technicien en chef. On aura quatre mois pleins pour travailler. Se qualifier tôt permet de pouvoir préparer ensuite les Jeux un peu plus sereinement. Mais c'est tout. »Entendu, mais rien de très nouveau en réalité, lui glisse-t-on. C'est un peu la même chose tous les quatre ans. Non ? Là, l'oeil s'allume. Et Emeric Clos confie : « J'ai notamment l'intention de porter une attention très spécifique à la préparation du [ou de la] remplaçant[e]. Quatrième est un rôle ingrat, mais important. Les épéistes français ont été champions olympiques en 2016 à Rio. Ils avaient fait rentrer en finale Jean-Michel Lucenay (multi-médaillé en Championnats du monde et d'Europe). On se focalise généralement sur les trois qui font l'épreuve individuelle. Du coup, le remplaçant se sent un peu à part. Il faut lui porter davantage d'attention. »En 2018, « après Saint-Pétersbourg (manche russe de la Coupe du monde, remportée par Maxime Pauty), j'ai dit : "Laissez-moi un peu de temps pour composer l'équipe". Ils étaient fous, mais j'ai pris une semaine pour faire mon choix en vue des Championnats d'Europe (Novi Sad, Serbie), notamment s'agissant du remplaçant. Je ne voulais pas risquer de me planter. » Au final, les Bleus seront argentés par équipe et les Bleues bronzées...« Plus on imagine les Jeux et moins on dort »« Le remplaçant peut rentrer pour un "one-shot", décrypte le technicien aixois. S'il reste sur le banc, lui n'a pas de médaille quand les autres montent sur le podium. Donc, s'il rentre, il faut que le type soit dans l'état d'esprit d'un mort de faim. C'est comme ça que je vois les choses. Je leur dit : "Je suis là pour vous aider. Je donnerai ma vie pour ça. Après, vous prenez ou vous ne prenez pas. C'est à vous de voir". » Une belle formule, finalement...(*) Hommes : or mondial pour Enzo Lefort, argent mondial par équipes, bronze européen pour Lefort et or européen par équipe. Femmes : argent mondial pour Pauline Ranvier, bronze européen pour Ysaora Thibus et argent européen par équipe.

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