Escrime - Coronavirus - Confiné en Guadeloupe, Yannick Borel fait « avec les moyens du bord »

L'Equipe.fr
L’Equipe

Candidat au titre olympique individuel, l'épéiste Yannick Borel est confiné en Guadeloupe et apprend à travailler sans visibilité.Quitte à être confiné, autant l'être auprès des siens. C'est donc à Sainte-Anne, en Guadeloupe, chez sa mère, que l'épéiste Yannick Borel s'est installé, avec femme et enfants, pour attendre la fin du confinement et la reprise de la saison internationale.« Je ne suis pas dans un appartement à Paris, c'est vrai, confie le champion olympique par équipes en titre. Ici, il y a un grand jardin, une piscine et je suis à un kilomètre de la plage. Je peux y aller avec une autorisation. » Et au programme ? Cocooning, farniente ? Petits plats ? Tout faux !« Quand viendra la rentrée sportive, il ne faudra pas je sois devenu légume. Je ne suis pas en vacances, je suis en suspens », prévient-il.Suivi à distanceAussi le quadruple champion du monde et quintuple champion d'Europe tente-t-il de maintenir, vaille que vaille, un niveau de forme acceptable malgré l'incertitude sur la reprise. « Je n'ai évidemment pas le même volume d'entraînement qu'en temps normal, dit-il. Je ne vais pas me tuer ici, en Guadeloupe, ne sachant pas quand je vais reprendre. Donc, je dose mes efforts. » Sans pouvoir faire d'escrime...À défaut, il fait donc deux séances de cardio, trois séances de renforcement par semaine. « L'idéal serait d'avoir un vélo pour le cardio-training, d'ailleurs on va peut-être passer à trois ou quatre séances par semaine. Et puis, je n'ai pas accès aux salles. Donc, je fais avec les moyens du bord. » Mais pas seul. Le géant de Pointe-à-Pitre (1,96 m) est-il suivi à distance par sa préparatrice physique Anne-Laure Morigny et son préparateur mental Stéphane Limouzin. Plannings, conseils, visioconférences... « On a un programme sur les quatre semaines à venir. »Et le garçon ne s'arrête pas là. Il surveille aussi avec beaucoup d'attention son alimentation. « J'ai perdu trois ou quatre kilos. Je suis passé sous les 100 (98 kg exactement). Car, je fais très attention à ce que je mange. Car je n'ai aucune idée du moment où nous sortirons de cette situation, soupire-t-il. À la reprise je n'ai pas envie de devoir passer du temps à perdre du poids. »Si le physique n'est donc pas un problème pour lui, la tête a davantage souffert parce que l'objectif olympique, si proche, s'est éloigné d'un an. « La meilleure décision était de repousser les Jeux, même si ça a fait mal à tout le monde, dit-il. C'est quelque chose que j'ai accepté, mais cela n'a pas été facile. Je pensais déjà à l'après-Tokyo. Mais j'ai appris à vivre l'instant présent », notamment en travaillant avec Stéphane Limouzin.En revanche, pour sa famille, « c'est plus difficile. Ça bouleverse beaucoup de choses. C'était déjà difficile en ayant l'été prochain comme objectif. Là, on sait que la pression va durer beaucoup plus longtemps. »D'autant plus longtemps qu'avec le confinement, les semaines paraissent s'étirer « J'ai une vie normale. Je me lève, je me douche, je fais mon lit, je lis. Ma mère jardine, je vais peut-être m'y mettre aussi. Mais, des fois, loin de l'escrime, j'ai le sentiment que le temps ne passe pas très vite. »

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi