Escrime - Fleuret - JAP - Erwann Le Pechoux, nouvel entraîneur des fleurettistes japonais : « Qualifier l'équipe pour Paris »

·4 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Désormais patron du fleuret masculin japonais, Erwann Le Pechoux a un rêve : qualifier, puis coacher, ses tireurs aux JO de Paris 2024. Quelques mois après des Jeux olympiques de Tokyo, où le fleurettiste français Erwann Le Pechoux a été titré par équipes (associé à Enzo Lefort, Julien Mertine et Maxime Pauty), le tireur d'Aix-en-Provence retourne au Japon. Mais cette fois pour entraîner. En charge de l'équipe nationale masculine, il analyse ce nouveau défi dans lequel il s'engage, à 39 ans. « Où en est votre signature de contrat pour devenir le prochain entraîneur des fleurettistes japonais ?
Les Japonais m'ont envoyé un précontrat reprenant ce dont nous avions discuté. Je dois signer formellement pendant le Challenge international de Paris (14-16 janvier, stade Pierre-de-Coubertin) auquel les responsables de la fédération japonaise assisteront. Je suis censé commencer le 8 janvier avec un stage à l'Insep et on officialisera pendant le CIP. Comment cette idée d'entraîner au Japon a-t-elle vu le jour ?
Je prospectais depuis deux ans, voire trois, pour voir quel pays serait susceptible d'être intéressé par moi en qualité d'entraîneur. J'en avais parlé en priorité à la France, tout en regardant aussi d'autres pistes. Avec le report des Jeux de Tokyo, beaucoup de choses ont changé. Certains contrats ont dû être prolongés. Du coup, ce qu'on me proposait devenait parfois moins intéressant. Le Japon faisait partie de mes premiers choix. Ils avaient en tête un Italien, Giovanni Bortolaso. Mais en septembre il a refusé, alors que quasiment tout était acté. Du coup, Franck (Boidin, entraîneur français au Japon depuis 2017, après avoir été patron du fleuret français) et la fédération ont cherché. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé. Mais un jour, il m'a laissé un message où il disait : « Je sais qu'il y a du soleil chez toi. Mais le pays du Soleil-levant pourrait-il t'intéresser ? » Il essayait de m'appâter, mais il n'en avait pas vraiment besoin. « À moi de m'adapter, car qualifier l'équipe pour 2024 n'est pas gagné d'avance » Quel est votre regard sur les tireurs japonais ?
Ils sont très bons, avec des styles de jeu différents. C'est intéressant, car cette complémentarité des caractères, des styles, des comportements fait la force de certaines équipes, notamment la France. Ils ont réussi à faire quatrièmes aux Jeux de Tokyo en individuel (avec Takahiro Shikine) et ils sont aussi quatrièmes par équipes, en tapant l'Italie en quarts (45-43) et en nous accrochant énormément en demies (42-45). Donc, ils ont du potentiel. Mais au départ, ils n'étaient pas qualifiés pour ces JO. Ils ont été repêchés en qualité de pays organisateur. Ils ont le niveau, mais peut-être pas un état d'esprit assez confiant ou conquérant. Quels seront vos axes de travail ?
En deux ans et demi d'ici les Jeux de Paris 2024, ça va surtout tourner autour de l'approche mentale de la compétition, du haut niveau et des entraînements. L'objectif principal sera de qualifier l'équipe pour Paris. À Rio, en 2016, il y avait un fleurettiste qualifié (Yuki Ota), mais pas d'équipe. Je vais donc insister sur l'état d'esprit, mais aussi le coaching. Je ne vais pas les transformer en aussi peu de temps. D'autant qu'il y a de grosses interrogations sur la tenue de certaines épreuves du calendrier international (pour cause de Covid-19). À moi de m'adapter, car qualifier l'équipe pour 2024 n'est pas gagné d'avance. Hongkong a pris confiance avec le titre de Ka Long Cheung en individuel à Tokyo. La Corée du Sud était devant eux, mais s'est effondrée au dernier moment (dans le processus de qualification). Je ne la vois pas refaire la même erreur. Quant à la Chine, elle est un peu derrière. Nous sommes en concurrence avec ces équipes et à Paris il n'y en aura qu'une. Vous avez commencé à apprendre le japonais ?
Au départ, je voulais. Je connais quelques mots du quotidien. Mais on m'assure que, culturellement, il ne vaut mieux pas. Car les Japonais ont tendance à placer sur un piédestal l'étranger qui vient pour les aider. Mais si le gars parle japonais en faisant de grosses fautes, ils le perçoivent comme quelque chose qui le dévalue. C'est du moins ce qu'on me dit. » lire aussi Toute l'actualité de l'escrime

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles