Espargaró : "Les autres semblent être dans une autre catégorie"

Léna Buffa
motorsport.com

Les courses passent et la situation ne s'améliore pas pour Aprilia, en dépit des nouveautés proposées par la marque à Brno. En Autriche, a eu le sentiment d'extraire le maximum de sa machine, devançant son coéquipier en course, et pourtant il était loin d'être satisfait en quittant les lieux, logiquement frustré par une maigre 14e place, à 34 secondes du vainqueur.

"Quelqu'un d'autre dans ma situation dirait qu'il est satisfait parce qu'il est toujours le pilote Aprilia le plus rapide en piste, sachant que mon coéquipier est un pilote rapide. Il faudrait donc que je me satisfasse de ça, mais moi je m'en fiche. Je m'en fiche, je ne me bats pas contre les autres Aprilia, je me bats contre les 20 autres pilotes et j'ai fini pratiquement dernier aujourd'hui, alors je ne peux pas être content", pestait l'Espagnol, qui expliquait s'être battu "pour ne pas faire d'erreur et aller à la limite de la moto, virage après virage, tour après tour".

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Relégué à la dernière place au départ, l'Espagnol est parvenu à reprendre Karel Abraham et Andrea Iannone, mais s'est ensuite heurté à Stefan Bradl, qui disputait la course avec la Honda officielle en remplacement de Jorge Lorenzo. "J'ai pris un bon départ, mais ensuite au virage 3 j'ai eu un contact et je me suis retrouvé en seconde au lieu d'être en première. Je crois que j'étais parmi les 12 premiers, à l'intérieur, après une collision entre plusieurs pilotes, mais ensuite je me suis retrouvé en seconde, sans puissance, la moto s'est quasiment arrêtée et j'ai perdu beaucoup de terrain", raconte-t-il.

"De toute façon, je ne pense pas que ça ait changé quoi que ce soit, parce que je n'avais pas le rythme. Les seuls pilotes devant moi dont j'étais plus fort étaient Bradl, Iannone et Karel. J'avais deux ou trois secondes de retard sur eux, je les ai rattrapés, mais je n'avais aucune chance de rattraper Zarco, Nakagami et les autres", poursuit Espargaró. "J'étais beaucoup plus fort que Stefan sur les freins, beaucoup plus compétitif, mais il avait beaucoup de traction. La différence entre nous et la Honda en termes de traction est énorme, c'est incroyable. Sincèrement, ça a été très frustrant parce qu'à chaque virage je me battais sur les freins, je freinais vraiment à la limite, mais c'était un cauchemar."

"Un cauchemar, vraiment un week-end à oublier"

Un nouveau châssis et un nouveau bras oscillant proposés par Aprilia lors du test post-course de Brno n'ont pas permis à la RS-GP de progresser pour le moment, et Aleix Espargaró ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de dresser le bilan de trois jours éprouvants en piste, expliquant une combinaison de facteurs qui font que l'Aprilia est peu à peu semée par toutes les autres machines. "On est super loin. Pour moi le plus gros problème c'est le turning, car on a beaucoup de chattering, et puis la traction et l'accélération sont un cauchemar. Quand on suit les autres, vu leur traction et leur accélération, ils semblent être dans une autre catégorie. C'est vraiment très frustrant."

"Un cauchemar, vraiment un week-end à oublier", tel était le résumé du GP d'Autriche pour le #41, qui ne pouvait que nourrir l'espoir d'être un peu moins en difficulté la semaine prochaine à Silverstone. "On n'améliore pas la moto, on n'a rien de nouveau pour le moment. Nos adversaires semblent beaucoup progresser et l'écart entre nous et les autres augmente sans cesse. Mais cette piste n'a clairement pas été bonne pour nous alors j'espère qu'à Silverstone on pourra être un peu plus proches. Comme toujours, je donnerai le meilleur de moi-même, j'essaierai de piloter la moto à la limite et de rester le pilote Aprilia le plus rapide, parce que c'est le maximum que je puisse faire."

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