Espargaró soutient Iannone : "4 ans de suspension c'est ridicule"

Léna Buffa
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Dès l'annonce de la sentence du Tribunal arbitral du sport, mardi, de son soutien alors que le pilote italien, suspendu pour dopage en décembre 2019, a vu sa sanction alourdie et portée à quatre ans, ce qui semble désormais mettre un terme à sa carrière MotoGP.

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Si les fortes personnalités des deux hommes ont parfois fait des étincelles, l'Espagnol a exprimé sa stupeur face à la brutalité de cette affaire, alors que son ancien coéquipier n'a cessé de clamer son innocence. Et de son point de vue, coupable de dopage volontaire ou pas, la sanction est trop lourde.

"Il n'y a que lui qui sache s'il a fait une erreur ou s'il s'agit d'une contamination [involontaire], mais je pense que quatre ans de suspension c'est ridicule. Un an ou 18 mois, c'était déjà plus que suffisant. Quatre ans c'est abusé, c'est vraiment trop pour moi. Mais l'AMA en a décidé ainsi, il n'y a donc plus rien à faire désormais", a commenté Espargaró ce jeudi, à la veille de la reprise à Valence.

"Au final personne ne sait [ce qui s'est passé], il n'y a que lui qui sache. Si Andrea dit qu'il a été contaminé par de la viande, je lui fais confiance. Pourquoi pas ? En MotoGP, on ne peut pas gagner grand-chose en se dopant. Mais il est le seul à savoir ce qu'il a fait. Ceci dit, la seule chose que je puisse dire c'est que quatre ans c'est trop, même s'il a pris ces produits et encore plus si ça a été une contamination par de la viande."

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Aleix Espargaró a pu s'entretenir avec le pilote italien lorsque la sentence est tombée, tentant alors de le soutenir moralement. "Je lui ai parlé pendant dix minutes. Il était très, très affecté. J'ai essayé de le convaincre de venir à Valence ce week-end pour venir nous dire bonjour, et j'espère qu'il le pourra", a-t-il expliqué. "Notre relation est ce qu'elle est, et au Qatar on s'est plus ou moins disputés, mais au final on est amis. Je pense être un gars plutôt facile, je m'entends avec pratiquement tout le monde, et d'un point de vue personnel Andrea est un très bon gars. Je me sens donc très mal pour un gars qui ne pourra probablement plus courir. Je me sens vraiment mal pour lui."

À défaut de Dovizioso et Crutchlow, un jeune pilote

Avec cette sentence rendue par le TAS, les quelques jours séparant les deux manches de Valence se sont révélés particulièrement mouvementés pour l'équipe Aprilia, qui a reçu une fin de non-retour quant à ses espoirs de retrouver Iannone à son poste en 2021. Dans l'équipe de Noale, l'amertume prédomine au vu de ce verdict, mais aussi des longs mois durant lesquels la direction de l'équipe a accordé sa fidélité au pilote.

Désormais, les options sont peu nombreuses pour compléter le line-up en recrutant un nouveau coéquipier pour Espargaró, et l'Espagnol lui-même accueille cette nouvelle avec résignation. "Aprilia a défendu Iannone et l'a soutenu jusqu'au bout, mais cela a des conséquences et on va maintenant les payer. Au fil du temps, les options se sont épuisées", a souligné l'Espagnol. "Aprilia a toujours été aux côtés d'Andrea et c'est louable, mais d'un autre côté, quand on joue une carte comme celle-là, on peut gagner ou perdre, et Aprilia et Iannone ont perdu."

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"Cal [Crutchlow] et Dovizioso étaient tous deux sur le point de signer", regrette le #41, qui s'est longtemps montré fervent défenseur d'un profil expérimenté pour faire équipe avec lui. "Ce n'est pas facile pour le management d'Aprilia actuellement. Franchement, c'est une décision vraiment très difficile. Ce que j'ai dit, en sachant à quel point il est difficile de s'adapter à une moto et surtout à l'Aprilia, c'est que la meilleure décision était de rester avec Iannone parce qu'il connait la moto et il aurait pu m'aider. Mais dès qu'on a appris cela, pour moi la meilleure option a été Dovi, seulement Dovi n'est plus disponible. Cal était aussi une bonne option, car c'est un pilote très expérimenté et rapide, mais il semble proche de signer avec Yamaha."

"À ce point-là, je pense qu'il n'y a pas beaucoup de pilotes forts qui aient de l'expérience en MotoGP, alors je pense que le mieux serait de prendre un jeune pilote. On voit à quel point Mir et Quartararo sont rapides avec à peine un an ou un an et demi d'expérience en MotoGP, alors mon point de vue c'est que ce serait bien que j'aie un jeune coéquipier."

Beaucoup de noms circulent pour ce dernier guidon à pourvoir sur le plateau MotoGP 2021, et ce sont en effet ceux de jeunes pilotes qui semblent avoir la cote. Une situation qui voudrait toutefois dire que le développement technique de la RS-GP reposerait en grande partie sur Espargaró.

"J'aime beaucoup Bezzecchi. Di Giannantonio aussi est un pilote très rapide", a-t-il souligné. "Bezzecchi pourrait gagner le titre cette année et il n'a pas de guidon MotoGP pour l'année prochaine. Et puis ils sont Italiens, alors je pense que c'est bien pour Aprilia. Après, ils ne seraient pas en mesure de m'aider au début, donc encore une fois je serai apparemment un peu seul la saison prochaine dans le développement de la moto et ça n'est pas bon du tout, mais c'est comme ça. Si un jeune pilote arrive, ce sera dur pour moi une année de plus, mais c'est comme ça, la situation est très difficile cette année."

Interrogé enfin sur le chouchou des spéculation, Jorge Lorenzo, Aleix Espargaró s'est montré beaucoup plus pondéré, bien qu'il affirme ne pas être "opposé" à son recrutement : "Ce que j'ai dit c'est que je ne sais pas s'il est prêt et en forme physiquement et mentalement pour rejoindre un projet comme Aprilia. Ce n'est pas Yamaha. C'est le seul point d'interrogation que j'ai. Mais je ne pense pas que Lorenzo soit une option pour Aprilia à ce jour."

Avec Oriol Puigdemont