Esport - Counter-Strike : Vitality, un bilan insuffisant à mi-saison

L'équipe Counter-Strike de Vitality changera-t-elle de configuration dans les semaines qui viennent ? (Blast)

Alors que la scène professionnelle de Counter-Strike s'arrête pendant quelques semaines, certaines équipes vont profiter de ce break pour procéder à des changements. Le club français Vitality y pense, après sept mois trop irréguliers avec son effectif franco-danois. Mais les quelques bonnes performances de celui-ci pourraient lui faire gagner du temps.

La victoire de FaZe Clan à Cologne dimanche marquait la conclusion de la première partie de saison sur Counter-Strike. Pendant un mois, les meilleures équipes du monde vont pouvoir couper et tout le monde ou presque va s'accorder des vacances. Mais certains partiront avec l'esprit plus léger que d'autres : ce player-break est en effet l'occasion pour certain de dresser un premier bilan, voire de procéder à des changements. Chez G2 par exemple, Aleksi « Aleksib » Virolainen a tweeté samedi dernier que le club l'avait autorisé à discuter avec d'autres équipes, synonyme généralement de fin de collaboration.

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Une autre formation interroge forcément, celle du club tricolore Vitality. Son effectif franco-danois, présenté en grande pompe début janvier, ne convainc pas pour le moment : une cinquième place mondiale au mieux, des éliminations précoces à Katowice ou au Major d'Anvers, une seule finale, mi-juin, avant une nouvelle contre-performance à Cologne... Des lignes de statistiques loin des attentes, témoins des difficultés de celle-ci à s'imposer comme une prétendante aux titres. Son objectif affirmé.

« Quand tu vois les erreurs commises, tu te demandes comment c'est possible avec ces joueurs et ce staff, souffle François « Cnd » Balembois, fondateur d'1PV, qui diffuse les compétitions de CS : GO en français. Selon moi, c'est une question de communication mais aussi de manque de confiance et parfois de skill. » Map pool limité, irrégularités dans les performances, défaillances individuelles dans certains duels... Vitality se cherche encore, notamment en attaque. Malgré des changements dans l'organisation de l'équipe en avril pour lui donner un second souffle, le doute s'est installé.

Quelques mois plus tôt, quand Vitality avait décidé de faire jouer trois Français et deux Danois ensemble avec seulement de rares expériences d'effectifs anglophones au sein du quintet par le passé, la communication avait été pointée du doigt par plusieurs observateurs comme un potentiel problème. L'équipe avait réussi à trouver des parades, utilisant des mots simples pour faciliter les échanges au sein d'un groupe qui s'entend bien en dehors du jeu. Mais il semblerait qu'elle peine à trouver de la fluidité et transformer deux styles en un. « Nous avons encore du mal à communiquer dans les situations chaotiques », avouait d'ailleurs Emil « Magisk » Reif avant Cologne.

Un espoir de réussite ?

Pourtant, les cinq joueurs ont montré qu'ils avaient le niveau, individuellement. Mais, branchés sur courant alternatif, ils peinent à s'aligner de façon constante. « Tu ne peux pas imaginer des manques au niveau tactique avec apEX, Magisk, Dupreeh, Zonic, MaT, poursuit Cnd. Avec ZywOo tu as l'un des meilleurs joueurs du monde. C'est frustrant de voir ce que ça donne. Ils laissent filer des matches qu'ils ne devraient pas perdre. Pourtant, quand ils sont réglés, tu te demandes qui peut les battre. On l'a senti quelques fois. Tu vois le potentiel, mais pas assez souvent. C'est trop inconstant ».

Ces moments où tout s'enclenche comme il faut pour Vitality, aperçus lors de la BLAST, ou même à Cologne sur certaines cartes, parviennent à maintenir un espoir de succès pour cet effectif. Si des changements ont été évoqués sur un marché où les bonnes opportunités sont rares, voir le club persévérer dans cette configuration n'est pas à exclure.

« Ils ont tout à gagner à garder ce cinq-là, assumer jusqu'au bout, conclut Cnd. S'ils font un changement, ce sera pour casser la dynamique négative du groupe. On peut aussi imaginer casser la dynamique danoise et la dynamique française en allant plus loin vers l'international. Changer un seul joueur, je ne suis pas sûr que ce soit suffisant ». Player break oui, mais pas pour tout le monde.

Une communication séduisante, mais inadaptée ?

Début janvier, les cinq joueurs de Vitality avaient été présentés par le club comme des « Titans », programmés pour tout gagner. Aujourd'hui, cette communication séduisante, agressive, paraît en décalage avec la réalité d'un tel projet : modifier les habitudes et la langue utilisée par cinq joueurs aux styles de jeu différents, aussi forts soient-ils, prend du temps. L'attente de résultats immédiats au sein du club et chez les fans, décuplée par cette représentation de l'équipe, a probablement installé une forme de pression.

« Le potentiel d'un projet international, avec plein de nationalités différentes et des gens qui parlent bien anglais, j'y crois, assure Cnd. Les dynamiques récentes, avec FaZe notamment, renforcent ce sentiment. Mais il y a une acculturation que Vitality doit faire pour réussir et cela prend du temps. La communication du club était trop belle. Maintenant, le pari a été fait, il faut le pousser jusqu'au bout ».

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