Esport - CS - Esport - Counter-Strike : gla1ve fait un break pour éviter le burn-out

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Capitaine d'Astralis, l'équipe n°1 mondiale et considérée comme la meilleure de tous les temps sur Counter-Strike, Lukas « gla1ve » Rossander a annoncé ce mardi qu'il allait faire une pause de plusieurs mois. Ce, pour éviter le burn-out, un problème majeur dans l'esport. « La décision la plus dure de ma vie ». Voilà comment Lukas « gla1ve » Rossander a présenté ce mardi matin l'annonce qu'il préparait depuis quelque temps. Le leader d'Astralis, capitaine de la meilleure équipe de tous les temps sur Counter-Strike, actuelle n°1 mondiale et écrasante vainqueur ce week-end encore du tournoi Road To Rio, a décidé de faire une pause. « Depuis une longue période, j'ai des symptômes de stress et de burn-out, explique-t-il. Mes coéquipiers et mon club ont essayé de m'aider de différentes façons mais comme cela ne s'arrête pas, nous avons, avec mon médecin, décidé que je devais faire un break. Je vais passer les trois prochains mois à me reposer avant de revenir dans cette équipe. [...] Il peut être difficile de faire passer sa santé d'abord, mais j'ai réalisé que c'était nécessaire ».

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Il sera remplacé dès ce mardi - Astralis participe à la DreamHack en ligne - par Jakob « JUGi » Hansen, recruté il y a quelques jours. Le club avait alors exprimé sa volonté de densifier son effectif pour pouvoir mettre au repos des joueurs ou multiplier les possibilités stratégiques. Le fait que gla1ve soit capitaine va sans doute un peu bouleverser l'organisation de la formation pendant un temps. Rien n'a été annoncé officiellement mais Emil « mag1sk » Reif va se charger de mener l'équipe.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Gla1ve devrait lui faire son retour fin août, un peu plus de deux mois avant le seul Major (la catégorie de tournois la plus prestigieuse sur CS : GO, Astralis a gagné les trois derniers) de l'année, à Rio de Janeiro (du 9 au 22 novembre). Son break soulève forcément des questions sur le comportement de l'équipe sans lui et représente un risque au niveau du jeu et dans la préparation pour Rio. Mais cette décision semblait inévitable pour protéger le joueur et ainsi la formation sur le long terme. Sous l'impulsion de l'ancien gardien de l'équipe nationale de handball danoise Kasper Hvidt, Astralis a toujours été précurseur dans l'esport, en encadrant ses éléments comme n'importe quelle équipe de sport de très haut niveau (avec des préparateurs physiques, des médecins, des psychologues du sport...). Dès son arrivée en 2017, il a ciblé les burn-outs comme un problème majeur dans la discipline : « Quand j'ai commencé, tout le monde s'entraînait à partir de 15-16h jusqu'à très tard, racontait-il fin 2018. Ça n'avait aucun sens pour moi, cela expliquait en partie les burn-outs parce qu'un tel rythme empêche d'avoir une vie normale ». La densité parfois absurde des calendriers (le fait qu'Astralis doive jouer ce mardi, moins de 48h après avoir gagné un tournoi, est un bon exemple), le nombre de voyages, le fait que le sport électronique soit très demandeur psychologiquement et, ainsi, physiquement, sont d'autres raisons qui provoquent un épuisement total chez certains. E-sport : en stage avec Kasper Hvidt, ex-star du handball, aux méthodes révolutionnaires

L'esport a toujours vu nombre de ses professionnels s'arrêter très jeunes, après quelques années seulement au plus haut niveau. Les burn-outs ne sont pas une nouveauté. Mais ils sont encore trop souvent considérés comme une fatalité. Ainsi, la décision de gla1ve paraît préventive. Kasper Hvidt, toujours : « Une de mes premières questions a été "quand est-ce que vous vous arrêtez", habituellement, en tant qu'esportifs. "Autour de 25 ans", m'a-t-on répondu. Mais pourquoi ? À cause des burn-outs ? C'est insensé, à 25 ans on est encore si jeune. Si on pouvait m'expliquer que les réflexes diminuaient, à la limite... Mais je suis bien placé pour savoir que s'il existe une différence avec l'âge, elle est si petite que cela n'a pas de sens. » Reste à espérer maintenant que cette décision forte de la part d'un des meilleurs joueurs du monde de l'esport tous jeux confondus permette une prise de conscience et de bousculer les choses dans la discipline. Que ça soit au niveau des clubs, des éditeurs ou des organisateurs de tournois. Et Counter-Strike n'est pas le seul titre visé. De nombreux joueurs se sont plaints du manque de calendrier clair sur Fortnite ou Dota 2 par exemple. « S'entraîner 12 heures par jour en moyenne... Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ça fait. Je veux simplement redevenir un humain à nouveau », déclarait, lui, Luka « Perkz » Perkovic, en larmes, après la finale des Mondiaux de League of Legends en novembre dernier, en conclusion d'une saison interminable pour son équipe, G2. Corine et Sébastien Debs, double champion du monde : « Dans la famille, on a arrêté de dire : "Sébastien joue", on dit qu'il travaille »