eSport - eSport : sur League of Legends, Steven «Hans sama» Liv poursuit son ascension

L'Equipe.fr

Né en région parisienne, Steven «Hans sama» Liv est l'un des rookies de la saison en LCS, la première division européenne sur League of Legends. À 17 ans, il s'apprête à disputer les playoffs avec son équipe, Misfits, confirmant déjà les attentes placées en lui.Pour sa première saison en LCS, l'élite européenne sur League of Legends, Steven «Hans-sama» Liv, 17 ans seulement, a été l'un des artisans de la qualification pour les playoffs de son équipe, Misfits, qui affronte Splyce au premier tour, ce samedi (dès 17h). Grand talent de la scène française, adc de Millenium à tout juste 16 ans, il était très attendu. Il n'a pas déçu.Challenger à 14 ansNé en région parisienne, d'origine cambodgienne (comme un certain Bora «Yellowstar» Kim), Steven Liv fait ses débuts sur League of Legends à 11 ans, poussé par son frère aîné, Andy : «On avait qu'un seul ordinateur à la maison ça n'était pas pratique, rembobine ce dernier. Mais il jouait mieux que moi, alors je lui laissais le PC. Aujourd'hui je suis là pour lui rappeler que "c'est grâce à moi" qu'il en est là (rires)». Son cadet acquiesce : «Il me disait : "si tu ne joues pas à LoL je ne te laisse pas l'ordinateur". Il a eu raison finalement».À 14 ans, Steven Liv passe Challenger, le plus haut niveau individuel au sein du jeu. Mais ne se voit pas devenir professionnel : «Je ne suivais pas trop les LCS, assure-t-il. Je n'étais pas en âge de devenir pro.» Il se constitue pourtant une petite équipe afin de participer à ses premiers tournois, accompagné par son père, Kieng Seng Liv. «Nous n'étions pas trop d'accord avec ça, sa maman et moi, confie ce dernier. C'était les études avant tout. Mais comme ils jouaient le week-end, je les amenais». «Hans sama» ne gagne pas encore mais se fait nettement remarquer. Il signe alors pour Millenium en novembre 2015, l'une des plus grosses organisations françaises.Favori de la communauté française«Ça m'arrangeait, parce que c'était à Paris, pas loin, poursuit Kieng Seng Liv. Mais à partir de là Steven s'est mis à beaucoup gagner.» La «Lyon eSport» puis la «Gamers Assembly» de Poitiers, entre autres, début 2016, deux des plus grosses LANs françaises. Dans le même temps l'équipe dispute les Challenger Series, la deuxième division européenne, mais échoue aux portes de la montée en mars. Chez Millenium, «Hans sama», garçon timide et réservé, se fait aussi un nom. Alors qu'il n'a que 16 ans et ne peut légalement pas jouer en LCS (l'âge minimum fixé par Riot Games, l'éditeur du jeu, est de 17 ans), toute la communauté française n'attend qu'une chose : son arrivée dans l'élite.Cette montée arrivera très vite, avec Misfits, qu'il rejoint en juin 2016. Avec «Hans sama», Misfits élimine Schalke 04 et rejoint le plus haut niveau continental. Réfractaires à l'idée de le laisser tracer sa voie en tant que joueur professionnel de jeu vidéo, ses parents acceptent finalement qu'il mette ses études de côté. «C'était son souhait, souffle Kieng Seng Liv. Ça a été difficile d'expliquer ça à la CPE de son lycée. On s'est fait gronder, ils ne pensaient pas que c'était possible. Ils ne comprenaient pas. Si ça avait été pour devenir tennisman par exemple, ça aurait été différent...»À un an du bac et depuis Berlin où il est installé depuis plusieurs mois maintenant pour la compétition, encadré par Bang Bang Management qui gère sa carrière, «Hans sama» a tenté les cours par correspondance. Mais le jeu lui demande une implication absolue s'il veut rester au top. Une situation risquée pour lui, qui met surtout en relief l'absence de reconnaissance du statut de joueur professionnel de jeu vidéo par les institutions françaises.Les playoffs, un nouveau cap à franchirAujourd'hui Steven est, dès sa première saison, l'un des meilleurs joueurs à son poste en LCS. Riot Games a même tiré un portrait vidéo du jeune français, mettant aussi en avant ses talents de dessinateur. «Mais Steven était surtout un très bon joueur de tennis, explique Kieng Seng Liv, qui l'aurait bien vu percer dans cette discipline. Je pense que ça l'aide à gérer la pression.» Stressé à l'entame de la saison («J'ai encore un peu d'appréhension, quand elle aura disparu je jouerai trois fois mieux»), il est monté en puissance au fil des semaines. Même si les derniers résultats de Misfits inquiètent.«Mais je le sens bien, assure Steven Liv. L'objectif c'est la finale». Elle se disputera à Hambourg, où sa famille, très fière aujourd'hui de ce qu'il accomplit et qui regarde tous ses matchs, pourrait aller le voir jouer pour la première fois. «Mais je ne veux pas le déranger, hésite son père. Je me demande si ça ne lui mettrait pas plus de pression finalement». Connu depuis ses 14 ans, attendu au plus haut niveau depuis ses premiers pas chez Millenium et en progression constante depuis des années, il semble s'en accommoder. Ces playoffs ne sont finalement qu'un nouveau cap à passer.

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