Esport - Esport : sinatraa, d'Overwatch à Valorant

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Désigné meilleur joueur de l'Overwatch League en 2019, champion avec San Francisco Shock, Jay « sinatraa » Won a annoncé mardi soir qu'il quittait son équipe pour rejoindre celle de Sentinels sur... Valorant. Un transfert surprenant mais également très symbolique. Le MVP de la saison 2019 de l'Overwatch League, principal artisan du sacre de San Francisco Shock et champion du monde en titre avec son pays Jay « sinatraa » Won (États-Unis, 20 ans) a décidé d'arrêter sa carrière sur le jeu développé par Blizzard pour en démarrer une nouvelle sur Valorant, le FPS dernier né de Riot Games. Il rejoint ainsi Sentinels, le club du champion du monde en titre de Fortnite, Kyle « Bugha » Giersdorf. Tout est allé très vite mardi soir : ESPN a dégainé l'information en premier, avant qu'elle ne soit officialisée quelques minutes plus tard par les deux clubs et le joueur. « J'ai perdu ma passion pour Overwatch, explique-t-il dans un communiqué rédigé par ses soins et publié sur Twitter. Je ne sais pas ce qui a été décisif [...], je sais juste qu'il était devenu difficile pour moi de m'entraîner et jouer, je n'avais plus aucune motivation ». Stimulé par Valorant, sinatraa a donc pris la décision de changer de cap. Un choix risqué (voire précipité ?), à plusieurs égards.

D'abord, il quitte une scène qu'il dominait pour un jeu aux mécaniques proches de celles d'Overwatch mais loin d'être similaires. Même si l'Américain a le profil pour réussir (ex-DPS, un rôle qui demande de savoir viser), rares sont ceux qui ont réussi l'exploit d'évoluer à un très haut niveau sur deux jeux différents. Yeong-jon « Gamsu » Noh sur League of Legends puis Overwatch, Karim « Airwaks » Benghalia sur League of Legends puis Fortnite, David « Lilbow » Moschetto, sur Starcraft II puis Overwatch ces dernières années sont quelques exemples. Malgré son succès, Valorant n'est également qu'en phase de bêta-test. Il n'existe encore aucun circuit compétitif et beaucoup font simplement confiance à Riot Games, qui a développé l'esport sur League of Legends, jeu numéro un de la discipline aujourd'hui. En réalité, peu de doutes : il devrait y avoir une scène forte sur Valorant. Les clubs anticipent ainsi l'inéluctable et prennent des paris afin de maximiser leurs chances de se positionner rapidement parmi les meilleurs. Mais tout cela semble prématuré. Et si l'on s'attendait à voir quelques noms connus tenter le coup sur le jeu, parce qu'ils apportent quelques garanties - Sentinels a également annoncé le recrutement de deux ex-joueurs professionnels américains de Counter-Strike, Shahzeb « ShahZaM » Khan and Hunter « SicK » Mims - celui de sinatraa est une vraie surprise car il s'agit d'une pointure.

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Ce transfert est ainsi très fort symboliquement pour l'Overwatch League, critiquée pour ses ambitions jugées démesurées. En quête de stabilité, elle perd ici l'une de ses principales figures - qui la quitte donc pour un jeu encore balbutiant (!) - et plonge un peu plus dans le doute au milieu d'une année charnière. La pandémie a déjà bousculé la volonté du championnat de devenir physique aux quatre coins du monde en s'installant dans les villes de ses différentes formations. Autre signal négatif : les clubs d'Overwatch League abandonnent l'un après l'autre leurs équipes réserves. La scène semi-professionnelle est délaissée et, avec des perspectives réduites, les joueurs à fort potentiel risquent d'aller voir ailleurs eux aussi. Overwatch 2 et Blizzard vont devoir se montrer convaincants.

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