Esport - Esport : ZywOo, Caps, Fortnite... Vos champions, moments forts et déceptions de l'année 2020

L'Equipe.fr
·9 min de lecture

Après un vote d'une dizaine de jours, voici les résultats de la consultation sur les personnalités, moments forts et déceptions du monde de l'esport en 2020. Comme souvent dans le milieu, la consultation pour désigner les meilleurs joueurs et autres moments marquants de l'année 2020 du sport électronique est rapidement devenue une bataille entre communautés. Ultras de la Karmine Corp, fans de Vitality, de Clem ou d'Andilex, tous ont essayé de propulser leur représentant en haut du classement du joueur tricolore le plus performant de la saison jusqu'à éclipser les autres rubriques. Sur un peu plus de 85 000 votes cumulés en une dizaine de jours, la désignation du meilleur Français en a réuni près de 34 000. Voici les résultats, accompagnés des choix de la rédaction. lire aussi Esport - Consultation : élisez vos champions et moments marquants de l'année 2020 Le joueur français de l'année Mathieu « ZywOo » Herbaut (Counter-Strike, Vitality) : 37 % des votes
Alexandre « Andilex » Christophe (Fortnite, MCES) : 29 %
Emre « double61 » Demirtas (Teamfight Tactics, Karmine Corp) : 15 % Comme l'an dernier, Mathieu « ZywOo » Herbaut (20 ans) est votre Français de l'année. N°2 mondial avec Vitality en fin de saison, deux fois titré en six finales (mais MVP du tournoi à chaque fois), celui qui avait été désigné meilleur joueur du monde en 2019, pour sa première saison professionnelle complète, a fait plus que confirmer. Il a encore progressé (collectivement, notamment) dans un contexte rendu difficile par la pandémie mais aussi un changement radical de projet au sein du club français, début mars. lire aussi Avec Counter Strike, Vitality a trouvé sa cible Après quelques semaines très légèrement en dessous des attentes placées en lui, peut-être un peu stressé par l'attention médiatique générée par ses performances, ZywOo a aidé Vitality à réaliser une grande saison. Et si l'on avait proposé un vote pour déterminer la plus belle de ses actions en 2020, on aurait eu du mal à choisir. On attend désormais le retour des Majors (les tournois les plus prestigieux sur Counter-Strike, annulés cette année) pour lui offrir un nouveau défi à la hauteur de son talent.

Au classement, il devance Andilex. Assurément l'un des meilleurs joueurs du monde sur Fortnite, il aurait lui aussi mérité de finir en tête. Mais les superlatifs manquent pour ZywOo et confirmer a légèrement plus de valeur que se révéler. Le choix de la rédaction : Mathieu « ZywOo » Herbaut Le joueur étranger de l'année Rasmus « Caps » Winther (Danemark, League of Legends, G2 Esports) : 25 % des votes
Oleksandr « s1mple » Kostyliev (Ukraine, Counter-Strike, Natus Vincere) : 22 %
Su « ShowMaker » Heo (Corée du Sud, League of Legends, DAMWON) : 18 % Vote serré là aussi, mais le Danois Rasmus « Caps » Winther est votre joueur étranger de l'année. Double champion d'Europe de League of Legends avec G2 en 2020 (en tant qu'adc au printemps, mid en été), demi-finaliste des Mondiaux, il a encore progressé individuellement (ce qui semblait difficile à imaginer) et pris de l'importance au sein d'un collectif moins dominateur qu'en 2019. Cette saison a fait de lui un joueur plus complet, plus fort. Au point que la question se pose : est-il le meilleur du monde aujourd'hui ? Peut-être. Mais dans le dernier carré des Worlds à Shanghai, fin octobre, c'est Su « ShowMaker » Heo qui a pris le dessus avant d'aller soulever le trophée, offrant un premier titre mondial à la Corée du Sud depuis 2017. lire aussi Esport - League of Legends : DAMWON élimine G2 des Mondiaux Caps sera scruté en 2021 puisqu'il n'aura plus son capitaine, Luka « Perkz » Perkovic (parti chez Cloud9, en Amérique du Nord), à ses côtés. S'il a été remplacé par un autre grand nom du championnat d'Europe de League of Legends, Martin « Rekkles » Larsson, G2 va devoir adapter ses plans. Avec son virtuose danois encore un peu plus au centre du projet ? Le choix de la rédaction : Su « ShowMaker » Heo L'équipe de l'année Vitality (Counter-Strike) : 56 % des votes
Renault Vitality (Rocket League) : 16 %
DAMWON (League of Legends) : 10 % Pas vraiment de suspense ici, avec un vote cannibalisé par les fans tricolores pour les deux premières places. Mais le choix se justifie largement : personne n'attendait les Français de Vitality aussi forts sur Counter-Strike après le départ de leur capitaine, Alex « ALEX » McMeekin, en mars puis la mise en place d'un nouveau projet autour de Rémy « XTQZZZ » Quoniam (le coach) et Dan « apEX » Madesclaire (le nouveau leader). lire aussi Counter-Strike : Vitality, entre joie et soulagement Longtemps n°1 mondiale, deux fois titrée, cette équipe a aussi décidé d'intégrer un sixième joueur dans son effectif et d'effectuer des rotations d'une manche à l'autre, en fonction des cartes. Une première sur Counter-Strike, aux allures de révolution : convaincus, les adversaires de Vitality ont vite copié. Astralis en tête, une formation qui aurait objectivement pu devancer les Français dans cette consultation (n°1 mondiale en fin d'année). Mais le parcours aussi agité qu'exceptionnel de ces derniers mérite d'être récompensé. lire aussi Esport - Counter-Strike : 2020, « on s'en souviendra toute notre vie » Un regret en revanche : le manque de considération pour San Francisco Shock (vainqueur de l'Overwatch League pour la deuxième année consécutive) ou la Team Secret (impressionnante sur Dota 2, mais a souffert de l'absence de The International). Le choix de la rédaction : Vitality (Counter-Strike) Le moment fort de l'année Les départs de Martin « Rekkles » Larsson de Fnatic et Luka « Perkz » Perkovic de G2 : 46 % des votes
Le titre mondial de DAMWON sur League of Legends : 14 %
L'organisation de ces Worlds physiquement, en Chine, avec une finale en public : 13 % Du League of Legends sur toutes les marches de votre podium, largement dominé par ce qui a marqué la fin de saison et le mercato : les départs de Martin « Rekkles » Larsson de Fnatic vers G2 et de Luka « Perkz » Perkovic de G2 vers Cloud9. Un choc pour tous les fans du championnat d'Europe, la fin d'une ère. En tant que capitaine de G2, Perkz a été sacré huit fois champion continental et a atteint la finale des Mondiaux en 2019. Bilan comparable pour Rekkles, star de Fnatic et visage de la ligue, avec quatre titres européens et une finale mondiale, en 2018. Si Perkz est parti conquérir l'Amérique du Nord (un transfert estimé à plus de deux millions de dollars), Rekkles l'a remplacé. Lequel des deux surpassera l'autre en 2021 ? Le choix de la rédaction : Le « Me Too » du gaming et de l'esport Les mondes du jeu vidéo et de l'esport ont connu leur période « Me Too » cet été. Libération de la parole, dénonciation de comportements sexistes, d'épisodes de harcèlements ou d'agressions sexuelles : un événement important dans une sphère où certaines sont moquées, rabaissées, simplement parce qu'elles sont des femmes, mais aussi où leurs places et leurs représentations sont trop souvent questionnées - sur Twitch ou juste avant les Mondiaux de League of Legends ces dernières semaines, des épisodes qui montrent tout le travail qu'il reste à accomplir. Ce moment « Me Too » a commencé à faire bouger les lignes. Et si les pros sont aujourd'hui en très grande majorité des hommes, l'esport est également une discipline mixte. Une chance qu'il faut savoir entretenir. La déception ou le coup de gueule de l'année La gestion encore balbutiante de l'esport sur Fortnite : 35 % des votes
La triche de nombreux coachs sur Counter-Strike : 31 %
Nintendo bloque une compétition Smash en ligne et s'attire les foudres de sa communauté : 13 % Les joueurs professionnels et les fans de Fortnite méritent mieux, vous avez décidé de désigner la gestion encore balbutiante de l'esport sur ce Battle Royale comme votre déception de l'année. Si la scène compétitive du jeu phare d'Epic Games a elle aussi été touchée par la pandémie, on a presque le sentiment qu'elle se serait disputée en ligne sans elle. Aucune annonce concernant une deuxième Coupe du monde avant qu'elle ne soit reportée à 2021 (voire plus tard), un calendrier dense et quasiment illisible empêchant toute planification, des changements de règles juste avant un tournoi ou d'un rendez-vous à l'autre... La liste des écueils est longue et l'éditeur ne semble toujours pas savoir où il veut aller. lire aussi Esport - Fortnite : pas de Coupe du monde en 2021 non plus ? Certes, Epic Games injecte beaucoup d'argent dans l'esport et permet aux meilleurs joueurs de très bien en vivre. Mais, malgré leur talent (et il en faut sur Fortnite), beaucoup lâchent prise, usés. Heureusement, de nombreuses initiatives communautaires mettent en lumière l'intérêt pour la compétition et le jeu reste très fréquenté. Mais tout cela manque de cadre. Le choix de la rédaction : « L'affaire NEOM », éphémère sponsor du LEC (League of Legends) et de BLAST (Counter-Strike) Fin juillet, le championnat d'Europe de League of Legends (LEC) annonçait dans un communiqué laconique la signature d'un partenariat avec NEOM, projet de gigantesque ville futuriste en Arabie saoudite soutenu par le prince héritier Mohammed Ben Salman. Mais rapidement, une fronde massive s'organisait contre cette association sur les réseaux. En cause : la nature du projet mais surtout les positions répressives du régime saoudien concernant les droits des femmes ou la communauté LGBT, toujours défendus dans leurs communications par le LEC. lire aussi Esport - League of Legends : le LEC et NEOM, un partenariat qui ne passe pas Les protestations auront vite raison du partenariat (et de celui de BLAST, similaire) et l'épisode restera comme l'un des moments les plus lunaires d'une année déjà suffisamment étrange en soi. Il a aussi mis en lumière la puissance de certaines communautés de fans dans l'esport, engagées et capables de se montrer très persuasives.