Esport - FIFA : à la World Cup, DaXe et Rocky veulent « retrouver des sensations »

Corentin « Rocky » Chevrey (à gauche) et Lucas « DaXe » Cuillerier (à droite) encadrent leur manager Brian « Brian » Savary. (Victor Buu/Team Vitality)

Seul duo français qualifié pour la Coupe du monde des clubs sur FIFA 22, Corentin « Rocky » Chevrey et Lucas « DaXe » Cuillerier y défendront les couleurs de Vitality, de mercredi à samedi à Copenhague. Amis de longue date, ils attendent avec impatience ce retour des compétitions en physique, après « plusieurs années de galère ».

« Quel est votre état d'esprit avant votre entrée en lice dans cette Coupe du monde des clubs (mercredi à 11 heures) ?
Lucas « DaXe » Cuillerier :
J'ai hâte d'y aller, de jouer... Ça fait longtemps qu'on n'a pas fait de tournois en physique, deux ans et demi pour moi. Donc, forcément, j'attends ça avec impatience. Ça va aussi être le premier gros tournoi que je fais en deux contre deux, donc ça va être une belle expérience. Mais le but premier, ça va être de prendre beaucoup de plaisir, pour que ça nous aide à être plus performants.

Corentin « Rocky » Chevrey : Le Covid, ça a touché tout l'esport, mais la scène FIFA encore plus. On a eu aucune compétition en présentiel jusqu'il y a quelques semaines. Il y a eu un circuit en ligne, mais les deux Coupes du monde ont été annulées. Nous sommes deux joueurs d'expérience, habitués de ces grosses compétitions, donc c'est sûr que jouer en ligne, c'est moins motivant. C'est pour ça qu'on était à fond pour se qualifier pour cette eClub World Cup, d'autant que le circuit un contre un ne se passait pas hyper bien pour nous. On espère qu'on va aller loin, on a nos chances.

Votre année a en effet été compliquée individuellement, sans résultats probants. En revanche, vous avez brillé en duo. Comment est-ce que vous l'expliquez ?
DaXe :
Cela fait des années qu'on est sur la scène, que ce soit Rocky ou moi, donc on se connaît particulièrement bien. On a commencé à jouer ensemble il y a longtemps en équipe de France notamment, où on était la paire titulaire et on avait souvent de bons résultats. Que ce soit sur le terrain et en dehors, ça doit être l'une des personnes avec lesquelles je m'entends le mieux sur la scène FIFA. Ce sont des choses qui ont leur importance et qui font la différence, parce qu'on communique énormément, on sait comment l'autre pense, on n'a pas de mal à se dire nos erreurs. On avance ensemble.

DaXe.

« J'ai été habitué aux grands tournois et savoir que les compétitions étaient juste en ligne, ça m'a fait perdre l'envie. »

On a aussi une particularité, c'est qu'on a galéré dans nos carrières, que ce soit par manque de confiance en nous ou à cause de soucis personnels. Ça nous tenait vraiment à coeur de performer ensemble. Alors, se qualifier pour la World Cup, ça a été un bonheur absolu, parce que c'était le fruit de tout notre travail de l'année et qu'on le mérite assez.

Rocky : On a eu la chance qu'il y ait deux circuits bien séparés cette année : un contre un et deux contre deux. DaXe, comme moi, aurait aussi aimé participer à l'édition un contre un, le week-end passé, mais y en aura d'autres. Ça nous permet de mieux nous concentrer et mieux nous préparer que certains, qui sont qualifiés sur les deux tableaux. C'est un petit avantage, ça nous servira peut-être.

En quoi a consisté votre préparation ?
DaXe :
Ça a surtout été individuel, parce que personnellement j'ai ressenti le besoin de souffler pendant quelques jours, puis semaines. Puis, on s'est réunis au stade de France, ce qui nous a permis de retrouver des sensations en duo, nous mettre dans le bain de la compétition.

lire aussi

Esport - Avec Vitality, le Stade de France tient son club résident

Rocky : Je suis parti un peu avant à Copenhague, j'ai un trajet un peu plus long que lui (rires). J'ai la phobie de l'avion, donc c'est le train pour moi. Au lieu de mettre 1 h 50 comme lui, je mets 14 heures, ça va être un long voyage. Mais j'ai préféré faire le choix de partir un jour avant, pour pouvoir me reposer sur place.

Avec le Covid-19, la scène esportive FIFA a vraiment perdu en engouement, faute de tournois majeurs. Est-ce que ça a été dur de garder la motivation ?
DaXe :
Honnêtement, j'ai perdu de la motivation ces dernières années. J'ai pris le temps de me poser et d'essayer de comprendre pourquoi. Je pense que c'est parce que malgré mon âge (il n'a que 22 ans), je suis l'un des joueurs les plus expérimentés de la scène. J'ai été habitué aux grands tournois et savoir que les compétitions étaient juste en ligne, ça m'a fait perdre l'envie. D'autant que FIFA n'est pas l'une des scènes qui a le mieux géré la période Covid. Je suis quand même fier de ne pas avoir abandonné, parce que je me suis posé la question à plusieurs reprises. Heureusement, cette année, on a réussi à se qualifier à la eWorld Cup. Ça veut tout dire, ça montre que lorsqu'il y a des gros événements, on répond présent.

Vous avez pensé à prendre votre retraite à un moment donné ?
DaXe :
Pas spécialement mais... Je n'aime pas l'échec et je me demandais si j'avais encore le niveau. J'ai une relation amoureuse, à laquelle j'accordais beaucoup d'importance, qui s'est mal finie et j'avais perdu confiance en moi. Ça arrive à tout le monde. Mais à haut niveau, sur FIFA, ça impacte beaucoup : offensivement, je tentais moins de choses, défensivement, j'avais l'impression de me prendre des buts à chaque occasion. J'ai beaucoup travaillé là-dessus cette année, j'ai commencé à méditer, j'ai pris un coach mental... La qualification est le fruit de tout ça et je suis bien content de pas avoir abandonné. Ces épreuves m'ont forgé un mental.

Rocky : Moi, ce qui me fait garder la motivation, c'est que j'ai la chance de faire pas mal de lives Twitch, de vidéos YouTube. C'est quelque chose que j'aime vraiment, qui m'a permis de continuer à jouer au jeu, de prendre du plaisir même sans compétitions. Avoir pas mal de gens qui me soutiennent, ça me donne de la motivation, j'ai envie de donner le max pour eux aussi... Sans ça, je ne sais pas comment ça se serait passé, je ne sais pas si j'aurais continué le circuit online.

Rocky.

« S'il y a une erreur dans l'un des premiers matches, je sais très bien qu'on ne va jamais se le reprocher, on va toujours en parler calmement, il n'y aura pas d'embrouilles entre nous. »

Vous vous connaissez depuis très longtemps, ce qui est l'une des forces de votre duo. Comment s'est passée votre rencontre ?
DaXe :
Je pense que la toute première fois qu'on s'est vu à un tournoi, ça devait être la Gfinity, en 2016. On était assez jeunes, les ''étoiles montantes'' de la scène française. On a vraiment commencé à se connaître au fur et à mesure des années, on s'est joué plusieurs fois en compétition, dont une fois en finale des Championnats de France Xbox (en 2016)...

Puis, il y a aussi eu le passage par l'équipe de France eFoot, où on a commencé à jouer ensemble en deux contre deux, à porter pendant deux ans le maillot des Bleus. Rocky est aussi passé un an au PSG, en même temps que moi (entre 2018 et 2019). Notre jeu se correspond bien, on a une vision de FIFA et des compétitions un peu similaires.

Après le PSG, Rocky, vous avez signé pour Vitality... Et DaXe vous a rejoint deux ans plus tard. Comment ont été organisées ces retrouvailles ?
Rocky :
Je suis resté un an au PSG, ça ne s'est pas très bien passé, donc Fabien « Neo » Devide (le fondateur de Vitality) m'a proposé de revenir. Quand j'ai resigné, il y avait plusieurs joueurs sous contrat. Donc la question de recruter quelqu'un d'autre ne s'est jamais posée. Mais cette année, pour la nouvelle saison, Vitality et Dylan « Dylo » Gozuacik ne se sont pas mis d'accord pour une prolongation.

Le club m'a donc demandé de lui fournir une liste de noms que je souhaitais voir arriver, sachant qu'il y allait avoir du deux contre deux cette saison. J'avais trois-quatre noms en tête, puis j'en ai parlé à Brian « Brian » Savary (coach et manager de l'équipe) et on s'est dit que DaXe était le choix logique. Parce que, comme il l'a dit, on s'entend très bien et qu'on a déjà joué ensemble en équipe de France, donc on sait que ça marche. C'est un choix qui s'est avéré payant au final !

DaXe : Vitality ça reste l'une des grosses écuries de la scène européenne, puis le projet m'intéressait beaucoup. C'est l'une des équipes que j'imaginais le mieux pour la suite de ma carrière, ça me semblait logique et ça m'a permis de retrouver Rocky. J'espère que ça va durer longtemps.

Quelles forces et faiblesses vous voyez à votre duo ?
Rocky :
Par rapport aux autres duos, on a pas mal d'expérience en tournoi offline. Plusieurs joueurs sont arrivés sur ces années de confinement et participeront à leur premier tournoi à la Coupe du monde. S'il y a une erreur dans l'un des premiers matches, je sais très bien qu'on ne va jamais se le reprocher, on va toujours en parler calmement, il n'y aura pas d'embrouilles entre nous.

DaXe : Je ne sais pas si c'est une faiblesse, mais on a peut-être un manque de sérénité par contre. Parce que ça fait longtemps qu'on n'a pas performé sur la scène. Mais depuis la qualification, ça nous a redonné un gain de confiance énorme, en tout cas à moi. Je me suis beaucoup apaisé, j'ai plus confiance en mon jeu. On a été hyper réguliers toute l'année, donc on est confiants.

Quel est votre objectif à cette World Cup ?
Rocky :
Si on ne gagne pas, ce sera dur d'être satisfait. Maintenant, il y a des scénarios de tournois qui nous satisferont plus que d'autres.

DaXe : Je ne vise pas spécialement de top. Mon objectif premier, c'est vraiment de reprendre goût aux sensations de la LAN, de donner le meilleur de nous-mêmes. Je ne me mets pas la pression de la victoire, parce que je sais que si on joue à notre meilleur niveau, on est parmi les meilleurs. Il faut qu'on se concentre sur nous, nos qualités et la victoire viendra toute seule. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles