Esport - League of Legends - Flakked : « Avec G2, jouer les Worlds est un minimum »

Le segment d'été du Championnat d'Europe de League of Legends connaîtra sa conclusion ce week-end, à Malmö. Ce samedi (dès 17 heures), Rogue et Fnatic se disputeront d'abord une place en finale, le lendemain, contre G2. Dans un fauteuil, le tenant du titre attend patiemment. Son adc, Victor « Flakked » Lirola Tortosa, évoque la forme de son équipe, cette rencontre à venir et les Worlds, auxquels il pense déjà.

« Vous avez facilement défait Rogue en demi-finales du LEC, beaucoup pensaient cette équipe capable de vous faire vaciller. Vous vous êtes surpris ?
Victor « Flakked » Lirola Tortosa : Évidemment je pensais que nous allions gagner. Peut-être pas 3-0, je n'imaginais pas que ça se passerait comme cela, mais on les a vraiment surpassés. L'entraînement se passait bien, je crois que nos drafts sont vraiment bonnes en ce moment et Rogue a montré des limites dans ce domaine. Par exemple, je pense qu'il est très dangereux de nous laisser Senna. Je suis à l'aise avec l'idée de jouer des choses très différentes en duo avec ce champion. En partie parce que Targamas (Raphaël Crabbé, le support de G2) est très fort avec. Avoir Senna dans la première manche, largement dominer la partie, puis nous la laisser dans la suivante... Ça nous a mis dans une position confortable. Et puis tout le monde a très bien joué.

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Affirmeriez-vous que G2 est la meilleure équipe d'Europe, avant cette finale ?
Je ne pense pas que Fnatic et Rogue soient à notre niveau aujourd'hui, non. Même si Fnatic a le momentum, est dans une bonne période et que son équipe joue vraiment très bien.

Ça peut changer ? De leur côté ou du vôtre : est-ce que G2 peut s'effriter ?
Aujourd'hui nous sommes dans une position confortable. Pas seulement du fait de notre façon de jouer, nous évoluons tous à un très bon niveau, mais aussi parce que nous lisons bien les drafts. Nous comprenons ce que nous devons choisir, puis faire avec les champions que nous avons. Sauf si nos adversaires trouvent quelque chose de très surprenant qui renverse notre façon de voir le jeu, il sera très dur pour eux de nous battre. Je ne nous vois pas nous effondrer.

Il y a quand même des choses à parfaire ?
Oui, même si Targamas et moi avons beaucoup progressé, notamment depuis le MSI. Nous avons toujours été une bonne botlane « weak side ». Au printemps nous jouions déjà beaucoup Senna par exemple. Nous savons le faire. Mais nous étions plus limités quand il fallait jouer « strong side ». Après ce MSI, nous avons compris que notre rôle était peut-être plus important que ce que nous pensions. Nous avons commencé à jouer des Draven, Kalista, Lucian-Nami... Des champions qui ont besoin de ressources pour avoir un impact. Aujourd'hui, nous sommes capables de le faire. Tout le monde progresse dans l'équipe, mais s'il fallait dégager une mention honorable, elle serait pour nous deux.

Vous avez gagné en confiance, également.
C'est certain. Surtout en jouant avec Targamas, qui est selon moi le meilleur support d'Europe (sourire). Ma confiance a décollé. Mais c'est vrai pour tout le monde dans l'équipe.

On a vu G2 jouer Varus ap mid, Yone au top la semaine dernière... Des choses plutôt rares. Diriez-vous que votre équipe a un style assez unique ?
Varus... (il rit) Je ne sais pas, un jour caPs (Rasmus Winther, midlaner danois de G2) a décidé de le jouer après avoir compris que c'était un choix très efficace. C'était sur YouTube d'ailleurs. Il a regardé une vidéo de quelqu'un qui jouait ce champion, il a été surpris de voir à quel point c'était fort. Derrière, il l'a testé une vingtaine de fois en deux jours avant de le sortir en match officiel.

Avez-vous trouvé quelque chose de spécial sur YouTube vous aussi ?
(rires) Nous avons quelques picks secrets en réserve, oui. Mais je vais garder ça pour moi et la finale.

J'insiste sur le « style assez unique » de G2...
Je pense surtout que nous pouvons jouer un grand nombre de compositions différentes. Nous avons beaucoup travaillé cet été pour comprendre ce que nous voulons faire avec nos champions et savoir analyser nos conditions de victoire. Aujourd'hui nous pouvons proposer un style de jeu offensif en early game, nous pouvons décider de jouer le scaling, privilégier les objectifs, le teamfight... Nous avons encore une marge de progression mais notre style c'est peut-être d'être capables de nous adapter, d'avoir beaucoup de variations dans notre jeu.

Ce n'est pas votre première finale de LEC mais vous êtes encore un rookie cette année et, dimanche, vous évoluerez dans une grande enceinte, avec beaucoup de public... C'est quelque chose de stressant a priori ?
Je ne sais pas bien comment je me comporterai, ce que je ressentirai... Peut-être que je serai un peu plus nerveux que d'habitude, peut-être pas. C'est dur à dire quand on n'a jamais vécu ça. Mais nous avons habituellement le public avec nous, savoir cela me fait dire que je me sentirai sans doute dans une certaine zone de confort finalement.

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Quand on a déjà gagné le LEC mais qu'on se qualifie pour la première fois pour les Worlds, on pense déjà aux Mondiaux ?
Totalement. Nous voulons gagner le LEC bien sûr mais les Worlds sont omniprésents. Nous n'avons pas commencé à nous entraîner spécifiquement sur le tournoi, il y a d'abord Malmö, mais nous avons commencé à programmer certaines choses...

C'est excitant ?
Bien sûr, mais je ne ressens pas ça comme quelque chose de spécial parce que je suis dans une équipe qui est censée gagner. Ce n'est pas comme si je jouais avec, par exemple, Misfits : je serais bien plus excité à l'idée de jouer les Worlds. Je le suis, c'est mon rêve... Mais avec G2, les attentes autour de nous, c'est un minimum. »

Le programme des finales du LEC

Demi-finale : Fnatic-Rogue, samedi 10 septembre, dès 17 heures
Finale : G2 - vainqueur de Fnatic-Rogue, dimanche 11 septembre, dès 17 heures