Esport - League of Legends : en LEC, un nouveau format apprécié pour rattraper l'Asie

La dernière finale du LEC avait opposé Rogue à G2, à Malmö. (M. Konkol/Riot Games)

Le championnat européen (désormais EMEA) de League of Legends va changer de format en 2023. Des modifications bien accueillies par ses acteurs, qui veulent redevenir compétitifs face aux meilleures équipes asiatiques.

C'était un changement réclamé depuis de nombreuses années : afin de lutter plus efficacement avec les meilleures équipes asiatiques, joueurs et coaches de LEC - le Championnat d'Europe de League of Legends, qui deviendra le championnat EMEA à partir de 2023 - voulaient plus de matches dans leur programme, et surtout plus de matches en deux ou trois manches gagnantes.

Rattraper l'AsieEn Chine ou en Corée du Sud, deux pays dont les représentants confisquent le titre mondial depuis 2013 (sur les huit équipes en quarts des Worlds 2022, sept étaient issues des championnats de ces deux nations), les ligues se disputent uniquement en BO3 (« best-of-3 ») et BO5. Face aux BO1 qui composaient jusqu'ici la majeure partie du calendrier des Européens, c'est plus de temps de jeu, plus d'entraînement à l'adaptation au fil d'une rencontre, à en supporter la pression, et plus de préparation aux matches à enjeux des compétitions internationales.

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Vendredi dernier, Riot Games a donc officialisé un changement de format pour le LEC. Les BO1 resteront, mais les équipes de la ligue disputeront plus de BO3 et BO5. Une modification importante qui semble ravir tout le monde et les joueurs en premier, chez qui les matches en une manche faisaient l'unanimité : punitifs, stressants, frustrants et pas représentatifs du niveau, personne ne les aimait.

« Ça fait quelques mois qu'on en discute et je trouve ça très bien, explique Romain Bigeard, manager général de l'équipe League of Legends de G2, championne d'Europe au printemps dernier. En BO3 ou 5 tu dois garder la tête froide, rebondir d'une partie sur l'autre... Des choses essentielles à entraîner si tu veux être performant à très haut niveau. On en avait besoin. Est-ce que ça peut faire la différence à long terme face à l'Asie ? Oui, en partie. C'est un pas en avant. Nous sommes contents, les joueurs et le coach aussi ».

Anne Banschbach, directrice esportive de Vitality, abonde : « Ce nouveau format est un plus pour la compétitivité des équipes de LEC à l'international. Il permettra aussi de s'assurer que la région envoie ses meilleurs représentants aux Mondiaux. Nous pensons que c'est une excellente idée. Il y aura également plus de matches à enjeux ». Et avec eux, plus d'intensité et d'intérêt à suivre la ligue.

Réformer l'entraînement ?Si l'augmentation du nombre de BO3 ou 5 est appréciée, la nouvelle structure du LEC, divisée en trois segments d'un mois et demi chacun (contre deux de trois mois auparavant) questionne encore certains. Les rookies, notamment, devront se montrer convaincants très vite s'ils ne veulent pas être remplacés après seulement quelques semaines dans l'élite. Neuf BO1 permettront à huit équipes (sur dix) de se qualifier en play-offs. Un temps d'adaptation très court pour des petits nouveaux ou des joueurs sous-performants, qui pourraient sauter entre deux segments. Terminer aux deux dernières places du classement réduirait aussi largement le temps de jeu des formations du bas de tableau.

« À l'inverse, si tu gagnes, tu joues énormément, reprend Romain Bigeard. On peut le voir comme une limite ou un challenge : si tu ne perds pas, tu auras peu de temps de repos entre des semaines déjà très chargées. Ça peut être usant. » Là encore, Anne Banschbach partage ce point de vue : « Jouer trois fois par semaine contre deux auparavant sera certainement fatigant pour les joueurs. Maintenant, nous préférons les matches officiels à l'entraînement puisque la compétition reste le meilleur moyen de progresser. »

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Pour faire vaciller l'Asie de nouveau, il faudra également un peu plus qu'un changement de format. Mais cette première modification peut servir de déclic et en appeler d'autres. « On veut améliorer la qualité de l'entraînement, peut-être retoucher l'emploi du temps, confie le manager de G2. On se demande par exemple si on doit continuer les blocs quotidiens de cinq scrims (les parties d'entraînement) contre une équipe ou passer à deux fois trois matches, ce que font les Asiatiques en général. Ça étend la quantité de travail, mais ça la fragmente également ». Les Worlds 2022 l'ont montré, l'écart entre la Corée du Sud, la Chine et les autres est aujourd'hui énorme. Le LEC serait-il en passe de le réduire ?