Esport - League of Legends : T1 - DRX, en finale des Worlds Deft et Faker bouclent une histoire commune

Sang-hyeok « Faker » Lee (à gauche) et Hyuk-kyu « Deft » Kim, les deux personnages principaux de la finale des Mondiaux de . (Colin Young-Wolff/Riot Games)

Les Mondiaux de League of Legends se concluent dans la nuit de samedi à dimanche (dès 1h du matin, dimanche), à San Francisco. La finale opposera deux équipes sud-coréennes : les favoris de T1, en lice pour une quatrième couronne en douze éditions, et DRX, surprise de la compétition qui veut compléter un parcours exceptionnel cette année.

Peu importe le résultat, l'histoire sera forcément belle. La finale des Worlds, le championnat du monde de League of Legends, aura lieu la nuit prochaine à San Francisco (à partir d'une heure du matin dimanche, heure française). Elle verra s'affronter deux formations sud-coréennes, une évidence tant elles ont survolé la compétition cette année.

D'un côté de la scène du Chase Center, la salle des Golden State Warriors, ceux qui pourraient être considérés comme les équivalents des champions NBA en titre dans l'esport : les ultra-favoris T1, déjà trois fois sacrés (2013, 2015, 2016) en douze éditions seulement. Une statistique évidemment sans égale. En face, DRX. Une équipe passée par le Play-In, le tour préliminaire des Mondiaux, que personne ne voyait aller aussi loin après une saison moyenne. Mais qui progresse de tour en tour, plus le tournoi avance.


Faker, un retour si longtemps attendu

Pour T1, ce come-back en finale cinq ans après la dernière (perdue, contre Samsung Galaxy) et six après son troisième sacre, est accompagné d'une multitude d'attentes. Autour du club bien sûr mais de son joueur star surtout, Sang-hyeok « Faker » Lee. Dans l'effectif depuis 2013, celui qui est considéré comme le plus grand esportif tous jeux confondus, a été de toutes les campagnes de sa structure. Il est en passe de réaliser un exploit unique, presque inconcevable pour une discipline encore balbutiante, qui a tendance à broyer ses talents.


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S'il n'a que 26 ans (six de plus, au moins, que ses coéquipiers, tous des cracks eux aussi), Faker est en effet considéré comme un vétéran. Mais il ne se laisse pas rattraper : toujours brillant, son retour à ce niveau ne surprend en réalité personne. « J'ai longtemps attendu avant ce moment, assurait le midlaner jeudi, en conférence de presse d'avant-match. Si je gagne, cela signifiera beaucoup pour moi parce que j'ai réussi à rester motivé tout au long de ces années ».

Le scénario est fou aussi parce qu'un seul joueur a réalisé le triplé à ses côtés : Seong-woong « Bengi » Bae. Désormais... son coach. « Bengi est un peu notre porte-bonheur », affirmait d'ailleurs Faker. « J'espère que nous remporterons ce quatrième trophée ensemble », lui répondait son ex-partenaire.

En 2017, lors de la dernière finale de Worlds disputée par Faker, la seule perdue par T1, celui-ci avait fini en larmes au beau milieu du Nid d'Oiseau de Pékin. Une image marquante, celle d'un joueur pourtant déjà trois fois titré qui n'avait jamais envisagé la défaite à ce stade du tournoi. Cinq ans plus tard, un autre vétéran veut arracher des larmes à celui que certains surnomment « Dieu » : Hyuk-kyu « Deft » Kim.


Deft, l'heure de la revanche ?

Si Faker représente le côté pile de cette finale, Deft en est le côté face. Comme Faker, Deft est né en 1996. Ils sont allés au même lycée, « Mapo », à l'ouest de Séoul. Ils ont tous les deux commencé leurs carrières professionnelles en 2013. Mais si Deft est considéré comme l'un des rivaux les plus sérieux de Faker et compte un joli palmarès, construit à la fois en Chine et à domicile, l'adc sud-coréen disputera la nuit prochaine sa première finale de Worlds.

« Nous avons un parcours assez similaire avec Faker, mais il a rapidement pris son envol, convenait-il jeudi. Je pense avoir un peu comblé l'écart qui nous séparait. Voilà une belle opportunité de prendre ma revanche. » Joueur très apprécié, Deft avait atteint les demi-finales en 2014 avant de chuter cinq fois en quarts. Peut-être quand on l'attendait le moins - comme EDG, son ancien club, sacré en 2021 - il a enfin fait sauter le verrou et s'est offert une opportunité de conquérir le titre mondial. Avant, peut-être, d'arrêter là son aventure avec League of Legends.

Celui qui avait fondu en larmes après avoir renversé EDG en quarts de finale il y a deux semaines ne sera pas favori à San Francisco, comme depuis le début de la compétition. Mais à chaque sortie, DRX et lui haussent leur niveau de jeu et poussent leur aventure un peu plus loin. Leur parcours est presque un hommage surréaliste à la carrière de Deft, forcé de défaire plusieurs ex-coéquipiers pour se retrouver là.


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En finale, il en croisera un autre : Min-seok « Keria » Ryu, support avec qui il formait un duo très costaud sur la botlane de DRX en 2020 et duquel il est resté proche. « J'ai battu beaucoup d'anciens partenaires cette année. Sans eux, je ne serais pas là. J'aimerais les remercier, mais je vais continuer sur cette lancée et gagner les Worlds », prophétisait Deft en conférence de presse.

Faker, Deft : gagner à San Francisco semble être le destin des deux protagonistes de la finale. Leurs histoires respectives ne peuvent qu'aboutir à cette conclusion. Mais il faut un perdant.

T1 - DRX, finale des Mondiaux de League of Legends, à partir de 1h du matin, heure française. À suivre commenté en français sur la chaîne Twitch d'OTP.