Esport - Lol - Esport : Gambit dit adieu à League of Legends

L'Equipe.fr
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Jeudi dernier, la section League of Legends de Gambit Esports a définitivement fermé ses portes. Si elle n'y jouait plus les premiers rôles depuis un moment, la structure russe a considérablement marqué la scène européenne. « C'est avec le coeur lourd que nous vous annonçons la fermeture de notre division League of Legends. » D'un communiqué aux allures de lettre d'adieu, diffusé sur les réseaux sociaux jeudi dernier, Gambit Esports s'est rappelé au bon souvenir de milliers de fans, emplissant leur fin de semaine de nostalgie. L'écurie moscovite, pionnière de la scène Lol, vient d'elle-même de mettre un terme à une histoire longue de huit ans, qui l'a vu tutoyer les sommets avant de s'étioler à mesure que l'esport s'est professionnalisé. Des innovateurs de génie À un point précis dans le temps, début 2012, Gambit a pu se targuer d'avoir été la meilleure équipe du monde, une rareté pour des Européens. Le quintet russe s'appelle alors Moscow Five, M5 pour les intimes, et débute comme un boulet de canon les compétitions internationales, en s'imposant dès ses premières semaines d'existence aux IEM Kiew puis aux IEM World. Loin du jeu structuré que l'on connait aujourd'hui, le League of Legends compétitif est alors à l'âge de pierre. Innovateurs géniaux, les M5 popularisent alors des préceptes tels que le counter jungle ou le roaming, qui sont encore appliqués aujourd'hui dans le monde entier.

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Leur compréhension avancée du jeu fait d'eux les favoris pour la deuxième édition des championnats du monde, à Los Angeles. Outre-Atlantique, ils subissent une cruelle désillusion, éliminés en demi-finales par les modestes Taipei Assasins (2-1). Quelques semaines plus tôt, le patron de M5, Dmitry « dd1ms » Smilyanets, avait été arrêté par le FBI pour une sombre affaire d'arnaque aux cartes de crédits. Le fait divers entraîne la création d'une toute nouvelle structure, Gambit Gaming, que rejoignent début 2013 Danil « Diamondprox » Reshetnikov et ses coéquipiers. Des personnalités lunaires Qu'importe le changement de nom, la structure russe reste l'une des plus soutenues au monde, de par son style de jeu agressif et la personnalité à part de ses joueurs, à commencer par les électrons libres Evgeny « Darien » Mazaev et Evgeny « Genja » Andryushin. Entre 2013 et 2014, elle continue à glaner quelques titres (trois IEM, l'un à Katowice, les deux autres à Cologne) et à truster les places d'honneur (un quart de finale aux Worlds). Mais elle commence aussi à perdre aussi de sa superbe, à mesure que la compétition se structure.

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Début 2013, Riot Games crée en effet les LCS EU, le championnat européen de League of Legends, qui oblige les équipes à venir chaque semaine à Berlin pour disputer une saison régulière. C'est le début des tracas pour Gambit, sans cesse gêné par des problèmes de visa et épuisé par les allers-retours entre la Russie et l'Allemagne. L'équipe ne sera d'ailleurs jamais sacrée championne d'Europe, dépassée dans le jeu et en termes de popularité par le nouvel ogre continental, Fnatic. Connu pour sa cohésion contre vents et marées, Gambit, qui évoluait toujours avec le même cinq de base qu'à son lancement en 2012, se déchire alors, suite au départ de son capitaine et leader Alexey « Alex Ich » Ichetovkin en mai 2014. Redevenus rois en leur pays Les tentatives de reconstruction successives qui suivent, avec notamment l'arrivée des Français Lucas « Cabochard » Simon-Meslet et Kévin « Shaunz » Ghanbarzadeh, aux postes de toplaner et de coach, ne parviennent pas à donner un nouvel élan à la structure. En décembre 2015, sa place en LCS est vendue à Vitality. Cap sur la toute nouvelle ligue russe (LCL), plus proche des quartiers généraux mais au standing bien inférieur à son équivalent européen. En son pays, Gambit redevient roi (trois titres de champion entre 2017 et 2019), mais dit adieu à toutes chances de briller hors de ses frontières. lire aussi Esport - League of Legends : MAD Lions, nouveau roi du LEC Le glas de Gambit, qui venait d'achever le segment de printemps de LCL en deuxième place, intervient tout de même à un timing surprenant. Mais, dans le plus grand pays du monde, à la différence du reste de l'Europe, le jeu de Riot Games n'a jamais été le plus populaire du marché, concurrencé par DOTA ou Counter-Strike. En délaissant League of Legends, les actionnaires préfèrent investir dans leur équipe Valorant, le dernier jeu en vogue. Ils abandonnent les fans, anciens et nouveaux, à leurs souvenirs et leurs regrets. Comme aimaient le dire Alex Ich et les siens après leurs victoires : « Domoï » (« Rentrez chez vous »). La fête est finie.