Esport - Lol - Esport - League of Legends - Hantera : « L'arrivée de Rekkles, ça m'a un peu déboussolé »

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L'équipe sensation de l'année passée sur League of Legends en France, la Karmine Corp, a officiellement révélé son effectif pour la saison à venir. Nouvelle recrue, Jules « Hantera » Bourgeois revient sur son mercato mouvementé et la découverte de ses nouveaux coéquipiers.

Un titre de champion de France, un doublé historique aux European Masters, une mobilisation de fans sans précédent : la Karmine Corp a connu une année pleine en 2021 sur League of Legends. Pour la saison prochaine, l'équipe française a réussi à conserver deux de ses joueurs, Lucas « Cabochard » Simon-Meslet et Lucas « Saken » Fayard, et a vu très grand dans son recrutement, avec l'arrivée surprise de la superstar suédoise Martin « Rekkles » Larsson et de deux jeunes prometteurs : le Turc Dogukan « 113 » Balci et Jules « Hantera » Bourgeois. Ce dernier se confie sur son arrivée et cette folle intersaison.

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« La nouvelle de ton recrutement par la Karmine Corp avait fuité depuis un moment. Elle a enfin été officialisée la semaine dernière. Ça doit faire du bien de pouvoir en parler librement...
Clairement. Beaucoup de gens m'avaient envoyé des messages pour me souhaiter la bienvenue chez la KCorp et c'était un peu frustrant de ne pas pouvoir leur répondre et de les laisser en "Vu". Et même pour moi, même si je savais que j'allais signer, c'est toujours une bonne nouvelle d'être officialisé et de pouvoir dire que c'est fait.

L'accord s'est-il conclu tôt ? Vous avez été un des premiers noms de l'effectif à fuiter.
Honnêtement, le jour où mon arrivée chez KCorp a été révélée par un journaliste espagnol, je venais de conclure l'accord la veille... Mon premier but, c'était quand même d'aller en LEC (la Ligue Européenne, échelon supérieur à la LFL) et j'ai fait des essais dans une grosse équipe. Je n'ai pas été retenu pour le poste de support, donc je me suis reporté sur le cran d'en dessous et la KCorp est l'équipe qui a le mieux performé en ligue régionale l'année dernière. Le choix était assez logique. Avant ça, j'ai eu plusieurs offres en LFL (la Ligue Française de League of Legends, l'échelon auquel évolue la KCorp), cinq au total... Globalement, c'étaient plutôt des bonnes offres, donc j'étais satisfait.

Initialement, vous deviez jouer avec Jakob « Jackspectra » Kepple au poste d'AD carry... qui a finalement été remplacé par Rekkles, à la surprise générale. Comment avez-vous vécu ces deux jours de mercato qui ont tout changé ?
Je savais que Rekkles n'avait pas d'équipe, donc pour moi c'était acté que j'allais jouer avec Jackspectra et j'en étais assez satisfait parce qu'il avait été beaucoup demandé pendant le mercato. Et puis, j'ai appris la signature de Rekkles la veille de son officialisation, par un message du coach pendant la nuit. J'étais un peu déboussolé sur le moment. Mais pas autant que si je n'avais pas fait d'essais en LEC, parce que ça m'a prouvé que je pouvais évoluer à ce niveau-là.

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Qu'est-ce que vous ressentez à l'idée de jouer une saison avec Rekkles, qui a déjà tout gagné en Europe ?
L'image que j'en avais, c'est que c'est quelqu'un qui bosse dur et qui ne montre pas beaucoup ses émotions, donc c'est dur de savoir ce qu'il pense. Au début, j'appréhendais qu'il ne montre pas grand-chose et qu'il attende de ses coéquipiers un standing que je n'aurais pas forcément. Mais on a fait une première réunion avec l'équipe et dès la fin de la réunion, il m'a demandé si j'étais partant pour qu'on parle un peu tous les deux. Et au final, c'est quelqu'un de complètement normal. On a cette image d'une méga star mais quand on est dans le travail, il est normal. J'ai hâte de commencer à jouer avec lui.

Au cours du peu d'entraînements que vous avez fait, avez-vous eu le sentiment qu'il était à la hauteur de sa réputation ?
En jeu, c'est dur d'être impressionné, parce que j'ai déjà joué avec lui en ligne, je l'ai déjà vu jouer compétitivement, faire une finale des Mondiaux... Mais dans les analyses, comme il a beaucoup d'expérience, il y a plein de situations où il sait directement ce qui cloche. Il aborde ça de manière très professionnelle, il booste tout le monde, il pose les problématiques sous forme de questions... C'est pédagogique et intéressant.

Est-ce que vous avez parlé ensemble de son choix de venir en LFL, qui a étonné beaucoup ?
Je pense que mentalement, ç'aurait été très dur pour un joueur comme ça de faire une année blanche. Mais on n'a pas vraiment parlé de ça ensemble. On a surtout abordé ses attentes vis-à-vis de moi et des miennes vis-à-vis de lui. On est sur la même longueur d'onde, donc c'est cool. Il a besoin de sentir que tout le monde autour de lui se donne à 100 %. C'est quelque chose d'assez logique, mais visiblement ça n'a pas toujours été le cas par le passé, donc c'est important pour lui.

Vous dites que c'est dur pour un joueur d'être privé de compétition... Et pourtant, au printemps dernier, vous aviez été contraint à une demi-saison sabbatique, car vous n'aviez pas trouvé d'équipe. À ce moment-là, avez-vous eu peur que ce soit la fin de votre carrière ?
Ce serait mentir de dire le contraire. Mais j'avais confiance en mes aptitudes individuelles, il n'y avait pas de raison que je ne retombe pas sur mes pieds. Je suis devenu le meilleur joueur d'Europe en solo queue (le classement individuel en ligne) sur cette période aussi, donc ça a été un boost de confiance, je me suis dit : "je peux être le meilleur". Ensuite, l'opportunité UCAM (une équipe espagnole, avec laquelle il a joué pendant quatre mois) est tombée à pic pour relancer ma saison. Si je n'avais rien eu cet été, j'aurais potentiellement tout arrêté.

Après vos performances avec UCAM, vous attendiez-vous à avoir une opportunité aussi énorme que la KCorp à la fin de ta saison ?
Je n'avais jamais fait d'équipe anglophone avant UCAM, puisque je sortais de deux ans avec Solary. Au tout début, quand je les ai rejoints, il a fallu que je m'habitue à la communication : j'ai un bon anglais, mais réfléchir rapidement et m'exprimer, c'est complètement autre chose que de juste comprendre. Je pense avoir énormément progressé pendant toute la saison, notamment pendant les play-offs, et j'ai eu un bon pic pendant les EU Masters, particulièrement contre KCorp. C'est pour ça que j'ai attiré leur attention, je pense. Mais comme mon dernier mercato était catastrophique, ça m'a quand même mis le doute... Au final, ça s'est bien passé et j'en suis très heureux.

Est-ce que vous avez changé quelque chose dans votre approche du mercato pour ne pas revivre la déconvenue de l'an passé ?
Je n'ai laissé aucune offre de côté, même si ce n'était pas toujours des équipes incroyables. Il y a eu des moments où j'ai eu des frayeurs quand même. Je n'ai pas d'agent, contrairement à la plupart des joueurs des meilleures ligues régionales. Mine de rien, ça t'amène pas mal d'opportunités, donc je pense avoir eu moins d'offres que certains. Mais je m'en suis quand même sorti.

Signer pour la KCorp, c'est recevoir un accueil à part de la part des fans. Comment vivez-vous cet engouement autour de l'équipe pour l'instant ?
C'est dingue. Même si je suis passé par Solary, qui est une des équipes avec la plus grosse fanbase en LFL, c'est encore autre chose. Avant, je faisais des petits lives sur Twitch à droite à gauche, avec 100 à 150 spectateurs. Là, sur n'importe quel live, j'ai 1000 à 1500 personnes qui me suivent... Le jour de mon officialisation, j'ai reçu une centaine de messages privés sur Twitter. L'engouement est lunaire.

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Est-ce que ça vous rajoute une pression ?
Oui et non. Il y a une certaine attente vis-à-vis des fans, surtout que je passe après un bon joueur au poste du support (Raphaël « Targamas » Crabbé, qui vient de s'engager avec G2) et que l'équipe a beaucoup gagné l'année dernière, a recruté Rekkles... Pour autant, je suis très confiant sur la saison qui arrive et comment ça va se dérouler.

Vous allez commencer très tôt la saison, dans un showmatch face à l'équipe espagnole d'Ibai Llanos et de Gérard Piqué... Comment allez-vous aborder cette rencontre ?
C'est la première fois que les gens vont me voir sous ce maillot donc j'ai envie de laisser une bonne impression. Mais on ne reprend pas les entraînements tout de suite, contrairement à d'autres équipes qui se réunissent dès décembre. Nous, on n'a fait que deux blocs d'entraînement et on en aura encore deux autres d'ici le showmatch. On aura juste joué vingt matches ensemble avant, ce n'est vraiment pas énorme. Il y a d'autres équipes qui seront plus préparées que nous à cette période. Je ne sais pas si ce sera le cas de l'équipe d'Ibai ou non...

Quel est le sentiment qui prédomine, à l'idée de faire ses débuts devant le Blue Wall ?
Je suis super excité. À l'idée de montrer ce que je vaux, mais aussi de gagner des trophées. Je n'en ai jamais remportés au cours de ma carrière pour l'instant, donc j'ai envie de vivre ça. Soulever une coupe avec son équipe après avoir travaillé pendant plusieurs mois ensemble, ça doit être un sentiment incroyable. Je suis impatient. »

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