Esport - LoL - Esport - League of Legends - Prime : « On n'a plus le droit à l'erreur »

L'Equipe.fr
·9 min de lecture

Le support de GameWard, Olivier « Prime » Payet, s'apprête à affronter Vitality. Bee au premier tour des play-offs du segment de printemps de la Ligue Française de « League of Legends ». Avant l'échéance, il est revenu sur ses forces, son adaptation chez GameWard et le début de sa carrière. Passé par aAa, ASUS ROG et surtout MAD Lions, Olivier « Prime » Payet évolue désormais chez GameWard, un club pensionnaire de la Ligue Française de League of Legends. Au premier tour des play-offs du segment de printemps, ses coéquipiers et lui affrontent Vitality. Bee ce mercredi 17 mars à 18 heures.
Pour l'occasion, Prime est revenu sur son premier split passé au plus haut niveau compétitif français, son adaptation au sein de GameWard, ainsi que sur l'ampleur que prend la LFL en Europe. « Vous êtes qualifiés pour les play-offs de la LFL. L'objectif est-il accompli ?
Non, pour moi, l'objectif ce n'est pas vraiment la qualification pour les play-offs. Je veux qu'on gagne la LFL et qu'on décroche notre ticket pour les EU Masters. Vous aurez d'abord sur votre route, Vitality. Bee. Comment vous êtes-vous préparés face à cet adversaire ?
Après la défaite contre la Karmine Corp la semaine dernière, je pense qu'on a pu identifier nos faiblesses et nos forces. On sait sur quoi travailler. On n'a plus le droit à l'erreur mais si on arrive à fixer nos problèmes, ça le fera. Ce format (contrairement à la saison régulière, chaque affiche des play-offs se joue en « meilleur des cinq manches ») est favorable pour notre équipe, parce qu'on est assez constants en termes de niveau de jeu.

Un niveau de jeu qui pourrait se résumer à « ça passe ou ça casse ». Les bo1 sont plus aléatoires alors que là, il y a moins de place pour le hasard et les meilleures équipes sont celles qui vont le plus loin.

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La suite de l'arbre est relevée, avec BDS, Misfits puis Karmine Corp. Est-ce qu'une de ces trois équipes paraît plus difficile à battre que les autres ?
Le « world boss », c'est Karmine Corp. Sur la saison régulière, on ne les a jamais battus. C'est d'ailleurs la seule équipe à qui on n'a pas pris de partie. On a déjà battu BDS et Misfits une fois donc il n'y a pas problème à le refaire. Dans tous les cas, on connait notre niveau. Adrien « GotoOne » Picard, notre coach, nous donne beaucoup de confiance en nous, il ne nous met pas de pression, on joue nos parties au jour le jour sans de réelles attentes et ça marche plutôt bien. lire aussi Esport - League of Legends : la Karmine Corp jouera la finale de la LFL Depuis votre arrivée chez GameWard, vous évoluez avec un nouvel adc, Volkan « Ellam » Dinçer. L'adaptation a-t-elle été difficile ?
Pas du tout. Dès les premières parties, j'ai senti qu'on avait un style de jeu similaire. Je pense que c'est l'adc avec qui je m'entends le mieux en termes d'instinct. Riot Games (l'éditeur du jeu) a enlevé les duos queues à partir du Master (deux amis ne peuvent plus lancer une partie dans le même groupe), donc on ne peut pas jouer autant que l'on veut ensemble mais cela nous a aidés je pense.
On a une très bonne synergie, comprend très bien le jeu et on sait quand il faut agresser, sans même avoir besoin de communiquer. C'est très plaisant de jouer avec lui. Il est le meilleur adc avec qui j'ai joué de toute ma carrière.

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Sur dix parties jouées du côté bleu, vous en avez gagné sept. Sur huit du côté rouge, seulement quatre ? Comment expliquez-vous cette différence ?
On préfère le blue side. De notre point de vue, et j'imagine que c'est pareil pour la plupart des autres équipes, il y a beaucoup de choix prioritaires dans cette méta et le blue side rend le côté plus intéressant puisque tu peux choisir le premier champion de la draft. Des champions comme Udyr, Séraphine, Thresh ou Rell qui donnent beaucoup de priorités sur la carte. Ce qui est fort en ce moment, c'est la vitesse de déplacement dans la faille, la vitesse à laquelle on vide sa jungle, et Udyr colle parfaitement à cette description. Olivier « Prime » Payet, support de GameWard « Toute la hype ramenée par la Karmine Corp, OTP et leurs casteurs est impressionnante » Ce n'est pas handicapant de ne pas pouvoir sélectionner le dernier champion de la draft ?
Seulement quand une équipe adverse a des gros solo laners qui peuvent bien abuser de leur counter picks. Comme Fnatic, en LEC, avec Gabriël « Bwipo » Rau qui peut sortir un Rengar de nulle part. Mais en LFL, ça ne nous dérange pas trop. Loïc « Toucouille » Dubois peut jouer beaucoup de champions différents, et quand c'est nous qui sommes red side, c'est souvent lui qui a le counter pick. On sait qu'il va gérer. J'ai l'impression qu'on a trouvé notre identité des deux côtés, ce qui va bien nous aider étant donné que normalement, on alterne entre les deux dans un bo5. Sur ce split, on vous a vu beaucoup jouer Leona et Thresh avec brio et souvent, quand ces deux champions n'étaient pas choisis, ils étaient bannis. Ce sont des choix trop forts dans la méta ou est-ce qu'ils correspondent totalement à votre façon de jouer ?
C'est plutôt une préférence personnelle. Je suis très à l'aise sur les champions avec beaucoup de points de vie, qui se mettent à l'avant d'un combat et qui ont beaucoup d'outils pour engager. Je connais bien mes limites sur les dégâts que je peux encaisser avec n'importe quel champion. Je pense avoir un bon sens de jeu. Leona, Alistar, Thresh... c'est sur ce genre de champions créateurs de jeu que je suis le plus fort.

Comment votre arrivée dans la LFL s'est-elle passée ?
Ce qui a été fait est assez monumental. Toute la hype ramenée par la Karmine Corp, par OTP (le diffuseur des matches de LFL) et de la part de leurs casteurs surtout. Le travail de Jean-Philippe « Karnage » Coto - le producteur de One Trick Production, influent sur Twitter - a été monstrueux aussi.

Ça fait énormément plaisir de jouer ici et d'être parmi les meilleurs parce que je considère que c'est la meilleure ligue nationale d'Europe. Être en play-offs, c'est encourageant pour la suite. Maintenant il faut arriver à performer por briller parmi toutes ces stars de la LFL. Malgré mon passage en Espagne, je pense quand même que la LFL est au-dessus. Il y a plus de bons joueurs français que de bons joueurs espagnols, et forcément, si les bons joueurs français restent en France, ça attire les meilleurs joueurs étrangers qui veulent monter en LEC -le Championnat d'Europe, la ligue majeure du view. Ça ramène aussi beaucoup d'argent, de viewers et tout ça participe à l'épanouissement de la ligue. Olivier « Prime » Payet, support de GameWard « Le LEC est une étape sur la route du succès que j'espère atteindre un jour » C'est votre père qui vous a fait baigner dans les jeux vidéo et l'esport...
Il a toujours joué aux jeux vidéo depuis que je suis petit. Que ce soit à World of Warcraft, ou à d'autres jeux. J'ai baigné dedans et c'est lui qui m'a initié à League of Legends. Je me souviens, j'étais au collège et il m'avait dit : « Il y a un nouveau jeu qui va sortir, il faut qu'on l'essaye ensemble ». On a commencé à deux, on jouait en duo. Ce sont des souvenirs super sympas. Quand je dis à des amis que je faisais des duos avec mon père sur le jeu sur lequel je suis désormais pro, ils sont assez choqués. Vous avez également dû allier carrière professionnelle et études, comment ça s'est passé ?
J'ai passé mon BAC en même temps que j'étais en Espagne. J'ai fait six mois de cours, puis après j'ai eu une opportunité avec ASUS ROG. Mes parents m'ont fait confiance, mais c'était une décision compliquée à prendre. C'était une grosse occasion et ce n'était pas sûr qu'elle se reproduise, donc j'ai foncé. J'ai raté la moitié de l'année. J'ai dû faire dix allers-retours entre l'Espagne et la France pour passer les épreuves. Mon organisation type dans une journée ressemblait à ça. Lever vers 8 ou 9 heures du matin, je travaillais pour mes cours jusqu'à midi. Ensuite, je mangeais et je faisais quelques solos queues juste avant les entraînements. Ils duraient toute l'après-midi et le soir je devais refaire de nouveau des solo queues avant de me coucher vers minuit.

C'était difficile à tenir mentalement parce qu'il n'y avait personne derrière moi pour me motiver. Quelque temps après, j'ai rencontré Peter Dun, l'ancien entraîneur principal de MAD Lions. Il a beaucoup échangé avec moi, m'a pris sous son aile, m'a fait confiance et m'a recruté. Il m'a tout appris. lire aussi Esport : Andrew Albicy, nouvel ambassadeur de GameWardEst-ce que le LEC est un de vos objectifs ?
Ce n'est pas quelque chose à laquelle je pense souvent, ce n'est pas mon objectif ultime non plus. Je dirais plus que c'est une étape sur la route du succès que j'espère atteindre un jour. Si j'y pensais souvent, ça me détournerait de mes buts actuels qui sont de tout donner avec GameWard pour remporter la LFL et les EU Masters. Je ne veux pas avoir de regrets plus tard. Si je dois faire partie du LEC un jour, ça se fera tout seul et c'est pour y rester. » Lexique Scrims : entraînements face à d'autres équipes professionnelles dans des conditions se rapprochant des matches officiels.
Solo/duo queue : partie classée standard de LoL.
Draft : phase de sélection des champions. Elle a lieu en préambule de la partie.
Adc : rôle utilisé sur des jeux MOBA pour désigner un champion qui fait des dégâts à distance.
Counter pick : l'action de choisir un champion censé contrer un autre champion grâce à ses compétences.
Blue side : côté bas de la carte. L'équipe qui est de côté choisit le premier champion de la draft. Contrairement au red side, situé en haut et qui permet de verrouiller le dernier champion de la sélection.
Udyr, Séraphine, Thresh, Rell, Leona :
des champions de League of Legends