Esport - LoL - Esport - League of Legends - Elyoya : « Je n'arrive pas à réaliser que je viens de gagner le LEC »

L'Equipe.fr
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Champion d'Europe de League of Legends avec MAD Lions ce dimanche soir, Javier « Elyoya » Prades Batalla est revenu sur la finale folle remportée par son équipe. Le jungler espagnol a également évoqué le MSI, compétition internationale à laquelle il participera pour la première fois.

Désigné rookie du segment de printemps du Championnat d'Europe de League of Legends dimanche, juste avant la finale, grâce à ses performances dominantes dans la jungle cette saison avec MAD Lions, Javier « Elyoya » Prades Batalla a fêté ce titre honorifique par un premier sacre.

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Une victoire historique (G2 et Fnatic s'étaient partagés 15 des 16 trophées ces huit dernières années) obtenue au terme d'une partie folle - victoire 3-2 contre Rogue, qui menait 2-0 - au cours de laquelle l'Espagnol a encore impressionné. Quelques minutes après avoir soulevé le massif trophée du LEC, Elyoya est revenu sur cette finale au scénario dantesque.

« Vous venez de remporter le LEC après un match fou et vous avez l'air très détendu...
Je me sens juste... normal (rire). J'ai l'impression qu'il ne s'est rien passé, je n'arrive pas à réaliser que je viens de gagner le LEC lors de ma toute première saison. C'est très étrange, je ne comprends pas.

Comment expliquez-vous ce scénario ? Après la perte de cette deuxième manche, que vous maîtrisiez pourtant, on avait du mal à croire à un retournement de situation...
Moralement, on était tous un peu au fond avant la troisième partie. On aurait dû remporter la précédente, c'était assez dur à gérer. Pendant le petit break, on a vraiment pris le temps de se poser, de parler tous ensemble. On avait fait tellement d'efforts pour arriver là que prendre 3-0 aurait été désastreux. Il fallait changer quelque chose, remonter sur scène, tout donner, et si ça marchait tant mieux sinon c'était retour à la maison le plus vite possible.

Et après être revenus à 2-1 ?
On se sentait beaucoup mieux, on avait réussi à faire en sorte qu'il y ait une finale. C'était déjà ça de gagné. Mais on n'était pas non plus au top parce que ce n'était pas une partie maîtrisée. La quatrième manche, qu'on a écrasée, nous a apporté beaucoup plus de confiance pour la dernière. Pourtant, bizarrement, on a mal démarré.

Vous vous êtes vus perdre dans cette cinquième partie ? Vous aviez énormément de retard...
On n'a jamais perdu notre concentration, mais c'était dur. Leur composition fonctionnait vraiment bien, prenait de l'avance, alors que la nôtre n'était pas si bonne que ça contre celle-ci. En teamfights, notamment. On a réussi à s'accrocher, à gratter quelque chose à chacune de leurs erreurs. Ils en ont commis plusieurs, ça nous a permis de revenir. Premier teamfight, on saisit une opportunité au mid parce qu'ils se montrent à plusieurs endroits sur la carte. À cet instant, Marek « Humanoid » Brazda (midlaner de MAD Lions) sur Viktor est bien dans sa partie. Deuxième teamfight, je peux agresser Senna, que je vois mal positionnée. On gratte encore. Troisième teamfight, Marek crie qu'ils sont en train de troller, qu'il faut qu'on fonce sur eux. C'était vrai, ils étaient mal positionnés. Une fois ce combat remporté, on a réalisé qu'on pouvait terminer. Alors on a couru tout droit (sourire).

Il n'y a aucun moment où vous avez commencé à lâcher ?
Non, ça allait. Avant ces teamfights on savait que Viktor était fort et que ça pouvait suffire pour gagner en gérant bien un seul affrontement. Mais on cherchait tout de même une issue, on essayait de créer des actions pour revenir parce qu'on voyait qu'on était en train de perdre. Il fallait faire quelque chose.

Qu'est-ce qui a fait la différence dans cette rencontre ?
C'est dur à dire. Je pense qu'on a réussi à avoir des drafts plus confortables à partir de la troisième manche. Elles n'étaient pas mauvaises dans les deux premières, celle de la deuxième partie était même vraiment bonne, mais on a commis trop d'erreurs. On s'est posés, on a réfléchi à comment améliorer notre composition sans changer grand-chose et corriger ces problèmes. Mais nous savions que nous pouvions gagner.

Vous vous êtes montré globalement dominant face à votre adversaire direct, Kacper « Inspired » Sloma. Que pensez-vous de votre performance ?
Je pense avoir bien joué, globalement. Mais je ne dois pas trop me réjouir, j'ai encore beaucoup de progrès à faire. Une telle performance à l'international, ça ne suffira pas pour s'imposer. Je dois encore travailler.

Justement, vous allez défendre les chances de l'Europe au Mid-Season Invitational en mai.
Je suis persuadé que ce MSI sera une expérience bénéfique pour nous. On va pouvoir jouer des scrims de grande qualité et sur scène, si on se qualifie, face aux meilleures équipes du monde. On va beaucoup apprendre, ça nous aidera pour la suite.

Il y a des junglers que vous voulez particulièrement affronter ?
Canyon (Geon-bu « Canyon » Kim, le jungler des champions du monde sud-coréens, DAMWON). C'est celui qui m'inspire le plus en ce moment, le meilleur du monde pour moi. J'ai très envie de l'affronter.

Vous allez enchaîner directement ou faire une pause ?
On va prendre un break et j'en ai vraiment besoin. Tout le monde a tout donné ces dernières semaines... Je vais pouvoir déconnecter quelques jours de League of Legends avant de revenir plus fort au MSI. »