Esport - LoL - Esport - League of Legends - Selfmade : « Je n'imagine pas ce Vitality échouer »

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Considérée comme favorite du LEC - l'élite européenne sur League of Legends - la « super-équipe » de Vitality avait manqué son départ en ouverture de saison. Mais le club français s'est repris lors de la deuxième semaine de compétition, grâce notamment à son jungler polonais Oskar « Selfmade » Boderek. Avant un nouveau week-end de Championnat, ce dernier confie ses ambitions.

« Vous avez été impressionnant individuellement lors de la deuxième semaine du LEC. Contre G2, votre choix d'être agressif dès les premières minutes a eu un gros impact sur la partie. Comment en êtes-vous venu à réaliser cette action ?
Oskar « Selfmade » Boderek : J'avais avec moi des champions capables de carry à chaque poste et je jouais Xin Zhao (voir lexique), qui demande d'être proactif, qui ne peut pas se contenter de rester dans sa jungle pendant toute la partie. G2 a choisi Zyra sur la botlane, un personnage avec peu de points de vie, et Caitlyn, très fort en phase de lanes. Je me suis simplement dit que, s'ils n'avaient pas la vision sur moi, j'irai gank directement. C'est ce qui s'est passé, on a pris la première élimination et ça nous a mis dans une position idéale.

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Avoir gagné vos deux matches après une première semaine difficile (trois défaites en autant de rencontres) a été un soulagement ? Surtout contre G2, un adversaire direct dans la course au titre ?
Cette première semaine... (il hésite) La saison est longue, il y a dix-huit journées de Championnat à jouer mais quand vous êtes considérés comme une « super-équipe », que les gens attendent beaucoup de vous et que vous commencez par trois défaites, cela peut vous affecter. Mentalement, avec les commentaires... Dans notre cas, si cela nous a forcément un peu touchés nous étions confiants avant la deuxième semaine. Parce que nous savions ce sur quoi nous devions travailler et nous avons effectué de gros progrès au fil des entraînements. Ça s'est vu en matches officiels.

Qu'est-ce qui a fait la différence, concrètement ?
L'enseignement le plus important de la première semaine était qu'il fallait jouer meta (voir lexique), ce que les autres jouaient. Comme nous avons de meilleurs joueurs, avec des drafts à peu près équivalentes nous devons nous imposer quasiment automatiquement. C'est ce qui s'est passé. Lors des trois premières journées nous avons essayé de mettre un peu trop de mouvement dans nos rencontres. J'ai joué Qiyana par exemple et... bon, nous aurions dû gagner (sourire). Ça m'a d'ailleurs offert beaucoup de confiance, vous pouvez vous attendre à me revoir avec cette saison. Xin Zhao était un champion important lors de la deuxième semaine, c'est très fort en ce moment. Il crée beaucoup d'espace pour vos carry's et ça n'a pas d'équivalent dans le jeu.

Vous êtes une équipe avec cinq excellents joueurs, qui génère beaucoup d'attente : il n'y a pas eu une forme d'excès de confiance en début de saison ?
Non, pas du tout ! Nous n'étions pas suffisamment bien préparés et notre lecture de la meta n'était sans doute pas excellente, mais c'est tout.

Pouvoir préparer la deuxième semaine avec tout le monde (Barney « Alphari » Morris était à l'isolement, Luka « Perkz » Perkovic malade lors des premières journées) a eu un impact positif ?
Avoir enfin Alphari avec nous est très important oui. Parce qu'avec lui, nous formons réellement ce groupe pour la première fois. Forcément, ça remonte le moral de l'équipe et ça a un impact sur nos performances.

Il y a de la pression liée à la nature et au potentiel de cette équipe, aux commentaires qui vous entourent ?
Je suis certain que si quelqu'un affirme qu'il ne ressent aucune forme de pression dans une compétition, il ment. Il y en a toujours, surtout quand vous êtes un prétendant à la victoire, que vous êtes favori des rencontres que vous jouez. Mais cela ne nous affecte pas trop. Enfin, c'est du 50-50 : il y a de la pression, mais elle ne nous touche pas autant qu'elle a pu toucher d'autres joueurs avec qui j'ai évolué par le passé.

Que pensez-vous de votre équipe ?
C'est d'assez loin la meilleure équipe avec laquelle j'ai pu évoluer. Au-dessus du Fnatic de 2020 avec Bwipo (Gabriël Rau), Rekkles (Martin Larsson), Nemesis (Tim Lipovsek) et Hylissang (Zdravets Iliev Galabov) je dirais. Même si je ne veux pas trop m'enflammer parce que nous n'avons joué que cinq matches. Mais l'expérience jusqu'ici est excellente. Au niveau du jeu et des relations humaines. Nous sommes ambitieux et je n'imagine pas ce Vitality échouer. Si ça arrive, ça ne sera pas à cause d'une mauvaise ambiance entre nous.

Quand vous avez intégré le club l'an dernier, vous aviez endossé sans vraiment le vouloir le costume de capitaine, du fait de votre expérience. C'est différent aujourd'hui avec quelqu'un comme Perkz ? Et ça vous permet de vous concentrer sur votre jeu, d'être meilleur ?
Je n'ai pas une personnalité de leader, alors je n'étais pas vraiment à l'aise dans la précédente version de Vitality. Enfin, ça allait parce que j'évoluais avec des joueurs que j'apprécie et des bons coéquipiers mais comme j'étais le plus expérimenté j'étais vu comme un modèle par les autres. Je ne suis pas ce genre de personne (rires). Je me sens beaucoup mieux avec des gens comme Perkz, Alphari ou même Carzzy (Matyas Orsag). On pourrait penser que ce n'est qu'un gamin qui a gagné deux fois le LEC l'an dernier. Mais ce qu'il apporte à l'équipe est extrêmement important dans le jeu et en dehors. Il parle beaucoup, il a une super attitude, il est très drôle... C'est un peu notre mascotte (rires). Si quelqu'un n'a pas le moral pour une raison ou pour une autre, il va toujours l'aider. C'est quelqu'un d'extrêmement gentil.

Les choses se passent bien avec le staff également ?
Ismael (Pedraza, responsable de la performance chez Vitality) amène beaucoup de choses à l'équipe sur le plan de la performance en général. Il a l'expérience, les connaissances, il fait en sorte que tout le monde soit dans les meilleures conditions. Il nous compose des plans personnalisés, ne nous impose rien... Mais tout le monde l'écoute parce qu'on se fait confiance. Mephisto (Louis-Victor Legendre, le coach), je pense que les choses sont plus simples pour lui aujourd'hui. L'an dernier, les joueurs attendaient beaucoup de sa personne, parce que c'était moi et des rookies ou presque. Avec ce nouvel effectif, c'est plus évident pour lui de nous offrir l'aide stratégique qu'il veut nous apporter.

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Vous êtes lancés et sur de bons rails, après ces deux premières victoires contre BDS et G2 ?
J'en suis sûr. Nous avons gagné de manière convaincante contre G2, ça nous apporte un truc en termes de confiance. Et puis comme nous n'étions pas tous ensemble la première semaine, nous avons blagué sur le fait que la deuxième était notre véritable début de saison. Nous avons oublié les défaites, dans nos têtes nous sommes à deux victoires et invaincus aujourd'hui (rires). Il faut continuer comme cela et nous verrons bien ce que les prochaines semaines nous amènerons. »

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