Esport - LoL - Esport - League of Legends - Striker (Karmine Corp) : « Nous sommes là pour conserver notre titre »

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À la veille du quart de finale des European Masters - le deuxième échelon continental sur League of Legends - de la Karmine Corp, tenante du titre, Yanis « Striker » Kella, le coach du club français, évoque la forme de son équipe et ses ambitions de doublé.

« Vous avez terminé en tête de votre groupe, vous êtes l'une des équipes favorites de ces European Masters : comment appréhendez-vous les choses ?
Yanis « Striker » Kella : L'équipe va bien, nous restons sur de bonnes prestations même si nous avons pris notre temps pour entrer dans la compétition. Maintenant on sait ce qu'on veut jouer, l'identité que nous voulons présenter en phase finale. Sur le plan humain tout va bien. Les joueurs sont sur place, xMatty (Matthew Charles Coombs, l'adc de la Karmine Corp) y compris et ça nous aide beaucoup.

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Ça vous change la vie ? Ce n'est pas arrivé souvent depuis le début de l'année de pouvoir compter sur l'ensemble de l'effectif physiquement au même endroit...
À titre personnel, c'est plus simple : on peut s'assurer que tout le monde est bien focus, la communication est facilitée et ça génère une ambiance difficilement reproductible en ligne. Tout le monde est content d'être là, on rigole ensemble mais on fait aussi l'effort quand il est demandé... Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de désaccords, de discussions animées, mais c'est plus évident de les avoir dans ces conditions. On s'en rend compte par rapport à ce qu'on a vécu au printemps. C'est différent et plus simple de bosser. La vie en groupe est particulière mais ces joueurs ont de l'expérience.

Sur le plan du jeu, où vous situez-vous aujourd'hui ?
La première partie des European Masters était une phase de calibration pour nous. Nous n'étions pas certains de ce que nous voulions jouer. On a montré plusieurs visages, fait des tests à l'entraînement... Nous avons trois lanes fortes qui peuvent carry à partir du mid-game alors nous essayons de jouer là-dessus, d'être polyvalents. Nous aurions pu être plus performants, notamment en début de compétition, avec des compositions plus simples à jouer mais varier nous a permis de définir une direction claire à l'approche des play-offs.

C'est-à-dire ?
Sans parler précisément des champions, des stratégies, nous avons décidé de jouer des compositions très différentes. Nous maîtrisons certaines choses mieux que d'autres... Maintenant il y a des choses que nous avons mal faites mais que nous pouvons améliorer, qui peuvent être jouées.

Parce que vous êtes tenants du titre, vous avez une réputation, vous êtes l'équipe à battre pour beaucoup. C'est une pression supplémentaire ?
Déjà, nous en sommes conscients. Dès que nous avons repris l'entraînement au début du segment d'été, nos adversaires en scrims (matches d'entraînement) jouaient différemment. Nous étions également plus sollicités. Forcément quand tu gagnes les European Masters, tu deviens une cible. Mais c'est normal, ça ne nous affecte pas. Si nous jouons à notre meilleur niveau personne ne nous fait peur. Peu importe qui nous affrontons. Et puis il faut aussi se souvenir que nous n'avons pas gagné la LFL, la compétition la plus récente. Quand on commence les EUM, on ne peut pas se dire que nous sommes ultras favoris. Parce qu'il s'est passé ce qu'il s'est passé contre Misfits Premier et ça redistribue les cartes.

Cette défaite en finale de LFL, ce match difficile contre Vitality (victoire 3-2 en demi-finale de coupe de France), ça instille une forme de doute ?
Cette rencontre face à Vitality a été plus rassurante qu'autre chose pour nous. Elle nous permet d'aborder les best-of-5 avec moins d'appréhension. Nous étions menés 2-0, nous avons renversé la partie : ça nous prouve que c'est faisable, que même si une situation est mal embarquée nous pouvons la retourner en nous adaptant et en restant concentré. On en a tiré du positif. En revanche, on a procédé à des ajustements après la finale de LFL, oui. Dans la préparation, notre attitude en général... Nous n'étions pas au top et ça s'est vu face à un Misfits qui l'était. Nous en avons tiré des enseignements sur nos drafts, sur notre façon d'agir, sur notre identité de jeu.

Ça fait de Misfits Premier « votre » équipe à battre aujourd'hui ?
Non, je n'irais pas jusque-là. Bien sûr qu'il serait satisfaisant de prendre une revanche en finale, mais nous ne les considérons pas comme le favori ou l'équipe à battre. Ils méritent leur victoire contre nous en LFL, cependant nous avons encore des choses à montrer. Surtout, pour Misfits comme pour nous il y a du chemin avant la finale des European Masters. Et ils ne sont pas si dominants que cela. Leur deuxième journée a été assez révélatrice : ils ont montré des failles. Mais comme tout le monde. Nous devons nous concentrer sur notre jeu avant tout.

Sur votre route il y a UCAM en quart de finale, samedi. Une équipe solide, contre laquelle vous aviez eu des difficultés dans le dernier carré de cette compétition au printemps...
Il y a un monde où ils nous battent. Ils ont bien joué en phase de groupes, il y a de bons joueurs dans cette équipe. Ils savent évoluer autour de la toplane notamment. Je l'ai annoncé au moment du tirage : ce n'est pas une formalité, il faut faire attention. Au printemps, nous n'avons pas abordé le match en faisant preuve d'excès de confiance ou d'arrogance et nous étions à un teamfight de sortir contre eux. Puis Saken (Lucas Fayard, le midlaner de la KCorp) a fait de la magie. Nous avons des joueurs qui savent être décisifs, c'est une grande force. Maintenant, aucune équipe n'est gratuite. Ni en trois, ni en cinq manches.

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Il y a ce jeu autour de la rivalité France - Espagne. Cela vous influence d'une façon ou d'une autre ?
(Sourire) On a tiré UCAM, pas l'Espagne. On a regardé leurs matches, leur style de jeu, mais à aucun moment nous n'avons évoqué le fait qu'il s'agisse d'un club espagnol. Ceci dit, on se prête au jeu, on a conscience du folklore, mais c'est secondaire. Ça ne change pas l'importance ou la préparation du match. Du moins à titre personnel.

Vous partez confiants ?
Nous sommes là pour conserver notre titre. Nous n'avons jamais eu une autre ambition que celle de gagner la compétition que l'on dispute. On ne peut pas viser moins avec cet effectif. Nous sommes confiants sur ce qu'il se passera si nous jouons notre jeu, celui qui nous correspond le mieux. Nous avons eu des moments de moins bien ces derniers mois mais nous avons toujours su répondre présent à la fin. Je ne vois pas pourquoi ça changerait cette fois. »

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