esport - LoL - Esport - League of Legends : Hans Sama : « Rogue est prétendant au titre en Europe »

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L'un des meilleurs joueurs français de League of Legends, Steven « Hans Sama » Liv, a quitté Misfits après trois ans passés chez les lapins pour rejoindre Rogue, une autre équipe du championnat européen. Son changement d'air, son bilan avec Misfits et sa vision de l'esport, l'ad carry parisien se livre.Longtemps considéré comme l'un des plus grands prodiges de League of Legends, Steven «Hans Sama» Liv rencontrait de plus en plus de difficultés avec Misfits ces derniers mois. Une situation qui ne convenait plus au Français de 20 ans qui a donc décidé de changer d'horizon et de rejoindre la jeune et prometteuse équipe de Rogue pour rebondir. Sa nouvelle aventure, sa relation avec son nouveau support Oskar « Vander » Bogdan, son bilan avec Misfits mais aussi sa vision de l'esport et son envie de rencontrer Rudy Gobert, Hans Sama se livre.« Comment avez-vous accueilli votre arrivée chez Rogue ?Je suis super content de changer d'équipe, ça ne m'est pas beaucoup arrivé dans ma carrière pour l'instant. J'étais resté loyal envers Misfits pendant trois ans. Avec Rogue, c'est une nouvelle aventure qui commence. Notre roster a beaucoup de potentiel, c'est une des raisons de ma venue. Il y a trois rookies de l'année 2019 (Finn « Finn » Wiestal, Kacper « Inspired » Sloma et Emil « Larssen » Larsson) et un vétéran (Vander). On a le potentiel pour finir dans le top 4 minimum. Je peux apporter beaucoup de bonnes choses, je veux me qualifier pour les Worlds et faire partie de l'une des formations prétendantes au titre européen !Parmi tous les supports avec qui vous avez joué en compétition, Vander est sûrement l'un des plus agressifs. Est-ce quelqu'un que correspond bien à votre style de jeu ?Effectivement, il est très agressif. Avant de jouer un peu avec lui, je ne savais pas que c'était quelque chose d'aussi prononcé. Ça se passe bien, on s'apprécie beaucoup et on a une bonne synergie. Avec lui comme support, je peux reprendre ma place de meilleur ad carry d'Europe que j'avais en 2017 et début 2018. Nous n'avons pas encore beaucoup d'automatismes mais c'est normal, on n'a joué que quelques heures ensemble. Les changements de la saison 10 vont nous être favorables.Pourquoi ?Je trouve qu'ils forcent les joueurs à être de plus en plus agressifs avec toutes ces évolutions sur les objectifs neutres (héraut de la faille, dragons élémentaires). Le héraut est vraiment trop fort, ça force tout le monde à s'y intéresser. Les dragons sont utiles aussi, quand tu en collectionnes quatre. Ça ne sert pas à grand-chose de n'en avoir qu'un ou deux. J'adore avoir régulièrement des mises à jour, que le jeu se renouvelle en permanence.De 10e au Spring Split à 4e du Summer Split, Rogue a beaucoup progressé l'année dernière. D'un oeil extérieur, comment avez-vous vécu leur remontée fantastique ?Au premier split, ils avaient un roster qui n'était pas très fort. C'était l'équipe la plus facile à battre à ce moment-là. Leur changement a été radical pour le segment d'été, c'était beaucoup plus dur de les affronter. En playoffs, leurs rookies se sont améliorés très rapidement. À force de les observer, je me suis dit qu'ils faisaient des mouvements remarquables et que j'aimerais bien jouer avec eux.En quoi votre arrivée est une bonne nouvelle pour Rogue ?J'ai confiance en mes capacités. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont à la fois très jeunes (NDLR : Il n'a que 20 ans) et qui ont beaucoup d'expérience. J'évolue au plus haut niveau européen depuis 3 ans et demi. Je peux leur apporter beaucoup de connaissances de jeu et aussi devenir le carry de l'équipe. En 2020, je veux vraiment avoir ce rôle et ne pas être un support comme je l'étais un peu chez Misfits. Là-bas, j'annonçais beaucoup de choses mais c'était contre mon gré, c'est un rôle de League que je n'aime pas. Là, je veux me concentrer sur mes mécaniques et devenir la principale menace pour l'équipe adverse.Après trois années à jouer chez Misfits, quel bilan tirez-vous ?J'ai beaucoup appris avec eux, parfois de bonnes choses, parfois des mauvaises. Misfits m'a rendu plus mature, j'ai appris à être un meilleur coéquipier mais aussi à savoir prendre la meilleure décision possible. Même si c'est une équipe qui a été au sommet, en témoigne notre quart de finale des Worlds en 2017 contre SKT (NDLR : Ils s'étaient inclinés 3-2 dans une rencontre mythique), tout peut tomber à l'eau d'un jour à l'autre. De 2017 à 2018, il y a eu beaucoup de changements dans l'équipe et on ne m'a pas consulté. En tant que leader, j'aurais dû être présent pour réfléchir à tout ça avec le staff.Il y a eu aussi quelques bas, notamment en 2019...L'année dernière, c'était compliqué. On n'arrivait pas à jouer ensemble, je ne sais pas si c'était un problème d'ego ou autre chose, mais ça ne fonctionnait pas. L'expérience de Paul «sOAZ» Boyer, de Fabian « Febiven » Diepstraten et de Kang « GorillA » Beom-hyun m'a tout de même servi, c'est toujours intéressant d'avoir avec soi des personnes qui ont fait des performances aux Worlds, qui ont gagné des trophées.Seulement, nos problèmes de synergie ont un peu minimisé l'impact de cette expérience. Ensuite, notre formation a été remplacée par celle de l'académie qui jouait en LFL (Ligue Française de League of Legends). Nous pouvions aller jouer en championnat français si on le souhaitait. Mais hormis moi, personne n'a dit oui. J'ai même joué avec notre manager qui était Diamant (NDLR : un rang de partie classée assez faible pour les joueurs professionnels). Au début ça ne m'a pas plu, mais en fin de compte j'ai apprécié. Pour eux, l'entraînement était synonyme de la file classée en solo/duo, ça m'a inspiré, et quand je suis revenu en LEC (le championnat européen) à la fin de l'été, j'ai montré que j'étais toujours très fort mécaniquement.Entre les nouvelles formations de Vitality et d'Origen, celle de G2 qui reste identique et Fnatic qui ne fait qu'un changement, comment voyez-vous les autres équipes en 2020 ?Je suis hypé à fond (sic) ! J'ai vraiment hâte de jouer contre ces nouvelles équipes. Je suis beaucoup plus motivé que les autres années, parce que je change d'environnement. C'est comme un nouveau départ. Peu importe quel adc il y aura en face, je sais que l'on pourra battre n'importe qui, même FunPlus Phoenix (rires) !Simon « Fredy122 » Payne et le staff de Rogue vont rester le même. Avez-vous eu le temps de vous projeter sur la saison prochaine ?Notre premier contact a été très positif. Sur la scène compétitive, il y a deux types de coachs : celui qui veut te dicter sa façon de jouer et celui qui te donne beaucoup de liberté. Chez Misfits, on était vachement encadré et j'étais un peu perdu avec toutes ces consignes. Que ce soit dans le choix de mes champions ou de mes mouvements sur la carte, Rogue me laisse plus d'opportunités. J'ai la réputation d'être quelqu'un qui ne peut jouer que des tireurs mais je joue d'autres champions aussi bien que Draven, comme Syndra. Beaucoup seront surpris.Carlos «ocelote» Rodriguez, fondateur du club G2 Esports : « L'esport ? Un phénomène générationnel »Rudy Gobert est maintenant un investisseur de ReKTGlobal, la société derrière Rogue. Avez-vous eu l'occasion de lui parler ?Non, pas encore, mais j'adorerais discuter avec lui. C'est super d'avoir des sportifs qui nous poussent, ça donne une bonne image de l'esport. La discipline prend des proportions assez folles chez les adolescents mais beaucoup d'adultes s'y intéressent aussi. Je vois de plus en plus de fans de sports traditionnels regarder aussi nos compétitions. Quand je pense à mon après-carrière, ça me rassure un peu de savoir que l'esport prend de l'importance. »

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