Esport - LoL - Esport - League of Legends - Adam : « Gagner ces European Masters, avec la manière si possible »

L'Equipe.fr
·10 min de lecture

Depuis un an, Adam « Adam » Maanane prend de plus en plus de place sur la scène compétitive de League of Legends. Passé de la Division 2 au titre en LFL en quelques mois avec la Karmine Corp, le toplaner français entame mercredi les European Masters avec ambition. « Vous attaquez les European Masters mercredi dans un groupe relevé sur le papier (BT Excel, Cream Real Betis, Schalke 04 Evolution). Vous partez confiants ?
En prenant en compte les scrims (voir lexique), ce qu'on a pu proposer, oui. Si on évolue à notre niveau, on sortira de ce groupe en première position. L'objectif, c'est de gagner ces European Masters, avec la manière si possible. C'est important pour la Karmine Corp, pour nous : j'ai pour ambition de rejoindre le LEC (l'élite européenne, une ligue fermée), remporter cette compétition en montrant un visage dominant serait un vrai plus. lire aussi Esport - League of Legends : la Karmine Corp championne de France En tant que vainqueurs de la LFL, vous faites forcément partie des favoris. Quels seront vos principaux adversaires ?
BIG et mousesports a priori, les deux équipes allemandes les plus dangereuses. On parle aussi des Polonais (présents en nombre), de G2, BT Excel... Personnellement, ça ne me fait pas peur. Vous allez retrouver Ilias « Nuclearint » Bizriken (Schalke 04) en poule, votre coéquipier l'an dernier en deuxième division française. Vous attendez ce match plus que les autres ?
Forcément, on est potes tous les deux. On a gardé contact, tous ceux de la première équipe KCorp, on continue de parler ensemble, de prendre des nouvelles... Je suis content de le retrouver là, qu'on puisse s'affronter. Ça sera cool, mais j'aborde ce match comme n'importe quel autre. 6 Comme le nombre de joueurs français qui disputeront les European Masters à partir de mercredi. Parmi eux, Adam et Lucas « Saken » Fayard défendront les couleurs de la Karmine Corp. On vous a découvert en 2020, vous êtes le « rescapé » de ce premier effectif : comment s'est déroulée la découverte du haut niveau en LFL ?
Déjà en D2, les premiers matches avec la KCorp étaient un peu stressants. On bénéficiait d'une grosse visibilité et je devais faire mes preuves, me montrer, parce que je visais déjà plus haut. L'avantage, c'est que l'environnement de ce club pousse à se surpasser. Pour les ultras, pour soi-même. La transition entre la D2 et la LFL n'a pas été un si gros choc que ça. Le niveau requis pour être performant est une galaxie au-dessus mais je pense avoir toujours été quelqu'un de professionnel. Je savais un peu à quoi m'attendre donc je n'ai pas été tant surpris que ça. J'ai réussi à garder la tête froide. Et puis je suis avec des joueurs d'expérience qui m'accompagnent, m'aident. À chaque match, je m'améliore un peu.

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Vous n'avez pas vraiment eu besoin d'un temps d'adaptation ?
Si, quand on regarde les premiers matches, on voit qu'on se découvrait avec l'équipe, on cherchait une synergie. On ne jouait pas complètement libérés mais c'est normal, surtout pour moi au début. Il fallait que je gagne en confiance, que je prenne conscience de ce que j'étais capable de faire dans cette ligue, individuellement et collectivement. Une fois que je me suis rendu compte que ça allait individuellement, j'ai commencé à travailler pour un peu plus aider l'équipe en jouant des tanks comme Gnar, Sion. Je dois apprendre à jouer weak side pour atteindre le LEC et je veux que mes coéquipiers puissent compter sur moi. Je progresse et j'espère que je pourrai montrer encore autre chose aux European Masters. Pouvoir jouer Darius, votre champion signature, dès le tout premier match de LFL, ça vous a aidé à vous mettre en confiance ?
C'était un petit soulagement oui, je pouvais jouer ce que je savais jouer d'entrée. Ça m'a aidé, mais je ne m'attendais pas à le voir ban à chaque fois quasiment par la suite, qu'on accorde autant d'importance à un champion pas si meta (voir lexique). Ça nous a forcément aidés lors des drafts.

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Ça motive, booste un peu l'ego, de voir qu'on est autant respecté ?
C'est sûr. Je ne pensais pas qu'on me verrait comme une si grande menace. Il y a eu Darius, mais aussi Olaf, parfois pendant la première rotation de bans. Ça motive de savoir qu'on peut faire peur, on se dit qu'on a le niveau pour être là. Au fil des matches, ça soulage. Surtout quand j'entendais dire que j'étais surcoté, qu'il y avait un engouement trop important autour de moi... Ça vous a dérangé ?
Je ne sais pas trop pourquoi certaines personnes pensaient cela. Je peux comprendre qu'on dise que j'étais ''sur-hypé'' sans trop de raisons, mais estimer que j'étais surcoté... Je pense avoir plutôt bien joué en D2. Ce sont des commentaires auxquels je n'accorde pas vraiment d'importance. Mais comme j'ai un peu d'orgueil, quand j'entends ça, j'ai envie de me dépasser. Vous avez tout de même le sentiment d'avoir rencontré quelques difficultés, individuellement ?
(sans hésiter) Il y a eu ce match contre BDS (lors de la 7e journée). On était déjà en tête de la LFL et j'ai vraiment fait n'importe quoi. Je suis parti surconfiant, c'était une erreur. Après ça, je me suis dit : ''je ne veux plus jamais revivre ça. '' Mais quelque part j'avais peut-être aussi besoin de ce genre de rencontre pour m'adapter à cet environnement compétitif où rien ne doit être laissé au hasard. Adam « Adam » Maanane « Je vise le LEC mais le haut du tableau, parce que je veux surtout aller aux Worlds un jour, me mesurer aux meilleurs toplaners asiatiques » Vous avez évoqué vos coéquipiers : ils ont tous plusieurs années au très haut niveau derrière eux, ça aide d'être entouré de ce genre de joueurs, d'un staff comme celui de la KCorp également ?
Sans Raphaël « Targamas » Crabbé, Jakub « Cinkrof » Rokicki, Rayane « Shanky » Kheroua ou Yanis « Striker » Kella, ce staff, ces coéquipiers, je n'en serais pas là. Ils m'ont beaucoup aidé à m'améliorer au fil des semaines. Par exemple, Shanky m'a permis de mieux gérer mon stress : au début, avant certaines parties j'avais du mal à respirer, envie de vomir même parfois. Cinkrof a les mots qu'il faut pour me relaxer pendant les matches... Il y a une très bonne ambiance dans ce groupe, on s'entend bien. Ce stress, il a disparu aujourd'hui ?
Pas complètement. Mais j'essaye de le transformer en stress positif qui me pousse à me concentrer, à m'améliorer. lire aussi Esport - League of Legends - Striker : « On veut tout rafler »

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De l'extérieur, vous donnez l'impression d'être quelqu'un d'assez sûr de lui.
Dans ma vie, je n'ai jamais été pessimiste. Je vais toujours commencer un match en me disant que je suis meilleur que les joueurs en face et avec l'envie de le montrer. Le danger c'est d'être trop confiant. Ça m'est arrivé, la dernière fois contre BDS comme je le disais. Je ne veux plus que ça arrive. C'est bien de partir confiant, mais il faut rester dans le contrôle. En interview récemment, Targamas disait justement que votre principal ennemi, c'est l'excès de confiance.
Je suis complètement d'accord. On l'a vu contre BDS, contre IZI Dream lors de la dernière semaine de saison régulière : c'est notre plus grande faiblesse, c'est ce qui nous fait perdre des matches, c'est ce qui peut nous faire sortir des European Masters. Et personne ne veut que ça arrive. lire aussi Esport - League of Legends - Targamas : « Viser le titre, c'était non négociable » Quels sont vos objectifs personnels ? Le LEC, vous l'avez dit, mais dès 2022 ?
Quand j'ai rejoint la D2, mon objectif était déjà d'être en LFL en 2021 puis en LEC en 2022, en progressant étape par étape. Je voulais me donner le temps d'apprendre. Je vise le LEC mais le haut du tableau, parce que je veux surtout aller aux Worlds un jour, me mesurer aux meilleurs toplaners asiatiques et devenir une référence comme peuvent l'être Paul « sOAZ » Boyer ou Martin « Wunder » Nordahl Hansen. Un toplaner vous a inspiré dans votre progression ?
Alderiate (Adrien Wils, un streamer français, toplaner, qui a toujours évolué dans les hautes sphères du classement en ligne sans pour autant jouer au plus haut niveau compétitif). Quand j'ai commencé League of Legends, je le copiais. Je regardais ses parties, je jouais les mêmes champions que lui comme Jax, Olaf, dès les plus petites divisions. Il a un style de jeu agressif qui a forgé le mien, orienté autour des mécaniques individuelles et la domination de lane. Sinon, il n'y a pas vraiment de pros qui m'ont inspiré. Je ne me suis jamais trop intéressé à la scène compétitive. Cette année je regarde plus de matches de LEC, de LFL, mais je me suis toujours plus concentré sur moi.

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C'est particulier de jouer pour un club comme la Karmine Corp, avec ce management, ces fans, qui vous offrent beaucoup ? C'est de la motivation, de la pression en plus ?
Quand tu regardes le projet, c'est le rêve de Kameto. Quand on a fait notre remontada en D2 déjà, à chaque victoire il était trop fier de nous, de sa communauté. Je n'imagine pas à quel point il l'est aujourd'hui, maintenant que la Karmine Corp est championne de France. Quand tu vois sa joie, tu as envie de lui rendre parce que c'est magique. Il nous pousse à nous surpasser, les ultras aussi. J'ai une relation particulière avec eux parce que je streame depuis un an, je suis proche de cette communauté, j'essaye de répondre à un maximum de fans. J'aime beaucoup cet environnement. La question avait déjà été posée à Targamas : au point d'en oublier un peu le LEC ?
Cette force est incroyable, mais ça ne nous empêche pas de penser au plus haut niveau. Je veux quand même aller le plus haut possible, le plus vite possible. Je vais me dépasser, parce que je ne veux pas décevoir ceux qui croient en moi. »

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Le programme des équipes de LFL en ouverture des European Masters ce mercredi (sur la chaîne Twitch OTP) : Karmine Corp - Cream Real Betis (Espagne), à 17h30
Misfits Premier - G2 Arctic (Espagne), à 21h30 Lexique Scrims : les parties d'entraînement, contre d'autres équipes.
Gnar, Sion, Darius, Jax, Olaf : des champions de League of Legends.
Weak side : partie de la carte, élément qui joue avec des ressources limitées dans une partie.
Meta : la façon de jouer au jeu la plus efficace du moment. League of Legends évolue régulièrement (même si le principe reste le même), la meta avec lui.
Carry : celui qui « porte » l'équipe vers la victoire dans un match.
Phase de lanes
: le début de match, chacun sur sa voie. Généralement assez passif.
Draft/Picks & bans
: la phase de choix des champions, qui précède une partie.