Esport - LoL - Esport - League of Legends - Nisqy : « Je veux me mesurer à un Caps en forme »

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Premier ex aequo du segment d'été du championnat d'Europe de League of Legends après un printemps difficile, Fnatic va mieux. Le club sept fois couronné à l'échelon continental le doit en partie à l'excellente saison de son midlaner belge Yasin « Nisqy » Dinçer.

Début avril, après une saison régulière inconstante et des performances inquiétantes, Fnatic était éliminé au deuxième tour des play-offs du segment de printemps du LEC. Une déconvenue pour le club sept fois vainqueur du championnat d'Europe de League of Legends, qui n'avait pas connu un si mauvais résultat depuis 2016. Ce revers a bousculé un effectif qui ne fonctionnait pas. Le jungler Oskar « Selfmade » Boderek est parti chez Vitality, le jeune toplaner français Adam « Adam » Maanane est, lui, arrivé en poussant ainsi Gabriël « Bwipo » Rau du haut de la carte vers la jungle.

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Ces changements osés ont eu des effets radicaux : depuis le début du summer split, Fnatic ressemble de nouveau à une équipe et occupe aujourd'hui la tête - ex aequo avec Rogue - du classement. Mieux, sa formation propose un League of Legends de qualité qui lui permet d'envisager une qualification pour les Mondiaux qui paraissait très incertaine il y a encore quelques mois. Acteur majeur de cette transformation, le midlaner belge Yasin « Nisqy » Dinçer tente d'en analyser les raisons avant d'affronter Astralis mais surtout G2, samedi, lors du choc du week-end.

« Au-delà des joueurs, qu'est-ce qui a changé chez Fnatic entre les deux segments pour que les choses se passent si bien ?
Yasin « Nisqy » Dinçer : On joue ensemble, on est tous sur la même longueur d'onde. Quand nous décidons de mener une action nous donnons tous notre opinion et nous la conduisons collectivement, sans multiplier les initiatives ailleurs sur la carte. Au printemps, nous analysions le jeu d'une façon différente et nous n'avions pas tous la même vision. Là, c'est le cas. La relation jungle-support (voir lexique) est meilleure aussi et nous avons tous haussé notre niveau de jeu.

À quel point Bwipo est-il un jungler différent de Selfmade ?
Ce que j'aime beaucoup chez lui c'est qu'il joue bien autour des lanes. On dirait que je me suis transformé, mais ça influe beaucoup sur mon niveau. C'est beaucoup plus simple pour nous de jouer dans ce style. Il écoute, il assiste et il joue bien. Mais il peut aussi évoluer sur des junglers qui vont carry.

Vous vous connaissez mieux, aussi ?
On a beaucoup parlé de comment on voulait communiquer, comment on voulait progresser et se faire des retours, comment organiser nos journées... Plein de choses, avant le début du split. C'était important parce que oui, aujourd'hui on se connaît mieux et cette cohésion en dehors du jeu nous aide à être performants. Au printemps, quand nous faisions des erreurs nous les cumulions et nous étions facilement punis. Aujourd'hui nous avons l'impression d'être en contrôle.

Mais vous aimez toujours la bagarre.
Le style reste le même : on aime se battre mais nous le faisons désormais d'une façon où on ne perd pas le match si quelque chose ne se passe pas comme prévu. On joue de façon plus intelligente, on contrôle les objectifs, on arrête de trop poursuivre un adversaire... Au printemps, nous ne maîtrisions pas tout cela.

Vous semblez vous-même au meilleur de votre forme. Les statistiques le montrent, mais ça se voit également en match...
J'ai un bon rythme sur la meta. J'ai bien travaillé ma laning phase ces derniers mois, je joue mieux sur la carte... Ce que je faisais mal au printemps, je l'ai bossé. Résultat je me sens en confiance et ça m'aide à être meilleur.

Vous vous êtes remis en question, individuellement, après le printemps ?
Suite à la défaite contre Schalke 04 en play-offs, j'ai pris le temps de revoir mes erreurs et je me suis dit que ce n'était pas normal de jouer comme ça, d'avoir un niveau aussi bas. Ça m'a poussé à être plus propre, à jouer un peu plus avec l'équipe. J'ai travaillé ma communication aussi.

Vous avez pris une place plus importante chez Fnatic ?
Upset (Elias Lipp, l'adc) et moi, oui. Nous échangeons beaucoup sur la manière de jouer que nous estimons être la meilleure. Il aide beaucoup dans l'ombre : quels sont les meilleurs champions, comment draft... De mon côté, si nous pouvons gagner le match grâce à moi alors nous jouons autour de la midlane. Avec un bon match-up j'essaye de diriger les choses.

On vous a un peu collé une étiquette de « midlaner - support », qui ne vous plaît pas trop. Vous prouvez en ce moment que vous êtes capable de tout jouer ?
Quand j'entends ça, je me demande vraiment ce que les gens racontent parce que les champions que j'aime le plus ce sont les Sylas, LeBlanc... Parfaits pour la bagarre (sourire). Je pense que je peux jouer beaucoup de choses et pour être l'un des meilleurs tu dois être polyvalent. Ensuite tout dépend des metas et de ta façon de communiquer. Je parle beaucoup en ce moment, je dis ce que je pense, ce que je peux faire. Parce que je pense bien comprendre le jeu.

Certains parlent de vous comme le meilleur midlaner de LEC en ce moment.
Je pense qu'à mon niveau actuel je fais partie des meilleurs. Maintenant le plus important pour prouver ta valeur ce sont les play-offs. Là j'essaye de rester focalisé sur moi-même, mes objectifs. Je n'ai pas envie de baisser de pied, de me tromper de meta, dans les choix de champions... Ça peut aller vite. Quand tu es bon, les gens observent un peu plus ce que tu fais pour te punir, il faut rester attentif et continuer de travailler.

Vous avez le sentiment de retrouver un peu ce que vous aviez au printemps 2020 chez Cloud9 (une saison largement dominée en Amérique du Nord, conclue par un titre) ? Vous étiez vous-même très fort, votre équipe également...
Je vois la comparaison, mais pour moi c'est différent. Le style de jeu n'est pas le même en Amérique du Nord et en Europe. Maintenant c'est vrai, on joue bien ensemble en ce moment. Il faut que ça dure jusqu'à la fin de l'année.

L'arrivée d'Adam, un rookie au milieu de joueurs expérimentés, a-t-elle changé la dynamique également ?
Je ne pense pas que son impact soit aussi important que cela. Il est encore en période d'apprentissage, il ne dégage pas de mauvaises ondes et il est bon, c'est déjà très bien.

Vous avez endossé un costume de grand frère avec lui ? Vous vous connaissiez déjà, il y a quelques similitudes dans vos parcours...
Dès que j'ai su qu'on l'aurait avec nous dans l'équipe, j'estimais important pour moi de l'accompagner. C'était quelque chose de logique : on se connaissait, on parle français... J'ai aussi beaucoup pensé à l'époque où j'étais un rookie, aux erreurs que j'ai pu commettre. J'essaye de l'aider à comprendre toutes les petites choses importantes. Bien dormir par exemple ou, pendant les séances vidéo, de ne jamais se sentir attaqué parce que les discussions sont là pour nous aider. Il prend très bien les retours. C'est un rôle que je voulais jouer parce que quand tu es un rookie et que tu débarques, tu peux être stressé, avoir peur. C'est important qu'il soit dans une certaine zone de confort, parce que si c'est le cas on gagnera plus.

Fnatic a toujours été un club apprécié par les francophones, depuis sOAZ - Yellowstar (entre 2012 et 2016). Vous êtes la relève, quelque part, avec Adam ? On sent que le club communique beaucoup autour de vous...
Un peu ! C'était l'équipe de l'époque... Ça me plaît, j'ai toujours été proche de la France. Faire des trucs avec Rhobalas, OTP, c'est malin.

Vous allez affronter G2 ce week-end, c'est toujours le choc du LEC. Ce Caps (Rasmus Winther, midlaner de G2) désormais chauve et visiblement relancé après des débuts difficiles vous inquiète ?
(Rires) Non, il ne me fait pas peur. Mais c'est drôle... S'il montre du beau jeu, tant mieux. Je veux me mesurer à un Caps en forme. C'est important pour moi, pour que je progresse. J'ai envie de l'affronter, de tester mes limites. J'espère qu'il est bien de retour, on verra. Et puis si nous gagnons, cela prouvera encore plus que nous sommes une équipe à prendre au sérieux. Mais la défaite ne nous inquiète pas, on a toutes les armes en main.

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Vous pensez déjà aux Worlds ?
Pas vraiment. On essaye de se concentrer sur le présent. Avec Cloud9 on avait fait l'erreur d'y penser trop tôt et quand on a raté la qualification c'était dur à vivre. On se voit bons, meilleurs que par le passé. Adam est un rookie mais même, si tu joues bien ça ne change rien. J'ai un bon sentiment, j'espère que ça va se poursuivre. »

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