esport - Rainbow Six : Siege proche de son zénith au pays du Soleil-levant

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Le FPS d'Ubisoft a su séduire les joueurs japonais, pourtant peu enclins d'ordinaire au genre. Décryptage d'une « anomalie ». Terre de jeux vidéo par excellence, le Japon n'est pas pour autant un eldorado pour tous les éditeurs. Plus exigeants et mieux éduqués à la chose vidéoludique, les joueurs nippons ont des préférences bien établies. Et au contraire des RPG, jeux de combats et autres plateformers, les FPS ne figurent historiquement pas parmi les divertissements les plus prisés. Certains jeux de tir à la première personne parviennent tout de même à trouver une éclaircie au pays du Soleil Levant. C'est le cas, entre autres, de Tom Clancy's Rainbow Six : Siege. En organisant la finale de la dixième saison de la Pro League à Tokoname, aux abords de Nagoya - la quatrième ville du Japon -, Ubisoft entendait dernièrement saluer le dévouement des joueurs de l'Archipel (malgré l'absence de formations locales dans le tableau final de la compétition).

Deux millions d'entre eux y sont investis plus ou moins activement, selon les données fournies par l'éditeur tricolore, contribuant de fait à la pérennité d'un titre désormais bien installé dans le paysage de l'esport. Une aventure que souhaitent prolonger les développeurs puisque, contrairement à Blizzard avec Overwatch 2 par exemple, « aucune suite n'est actuellement dans les tuyaux », assure Wei Yue, en charge de la thématique esport du jeu. Attendu l'an prochain sur consoles et PC, Rainbow Six Quarantine explorera en effet d'autres horizons de l'univers Tom Clancy et axera son expérience sur la coopération. Au moment de la commercialisation du titre, fin 2015, rien ne laissait pourtant augurer d'un tel intérêt. « C'est vraisemblablement l'introduction des deux opérateurs japonais [l'année suivante], Hibana et Echo, qui a lancé la machine », avance François-Xavier Deniele, en charge du département esport chez Ubisoft. Toutefois, pour prospérer et perdurer, la flatterie ne suffit pas. « R6 contient des éléments qui parlent aux gens ici. L'aspect très tactique, plus stratégique que l'offre généralement proposée par la catégorie FPS le rend unique. Tout comme la variété des forces spéciales à incarner, lesquelles ne représentent pas uniquement les États-Unis ! » Une formule qui profite au caractère compétitif du jeu... à moins que ce ne soit l'inverse : « l'esport de Rainbow Six conforte les développeurs dans leurs ajouts réguliers, c'est ce qui contribue à perfectionner le jeu et l'établir sur la durée », estime ainsi Steve Miller, manager général d'Ubisoft Asie. Un autre élément de la réussite du shooter réside selon lui dans le fait qu'il soit « présent sur consoles. Les Japonais ne sont pas attirés par les jeux vidéo sur PC, c'est ce qui explique le peu d'impact ici de mastodontes tels que Counter-Strike ou League of Legends ». Na'Vi remporte la Pro League au Japon
Contrairement à ses voisins asiatiques, le Japon n'a pas encore totalement entamé sa mue esportive. La faute en grande partie à une législation longtemps très stricte concernant la discipline, assimilée aux jeux d'argent. La finale de la Pro League, qui s'est tenue dans la préfecture d'Aichi le week-end dernier, témoigne néanmoins d'une certaine évolution en la matière. En attendant de savoir si Ubisoft renouvellera l'expérience, l'éditeur français donne rendez-vous à sa communauté au mois de février prochain, à Montréal, où les seize meilleures équipes mondiales seront réunies dans le cadre du Six Invitational. Il s'agira de la quatrième édition de l'événement annuel le plus important de la scène Rainbow Six : Siege. Certainement pas le dernier donc...

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